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Actualités de Washington
  

Les États-Unis exhortent le Soudan à accepter la nouvelle force de l'ONU

L'adoption par le Conseil de sécurité de l'ONU de la résolution 1706 relative au Darfour

M. John Bolton, représentant permanent des États-Unis à lONU
M. John Bolton, représentant des États-Unis auprès de l'ONU. (© AP Images)

Par Judy Aita
Correspondante du Washington File

New York (Nations unies) - Les États-Unis ont exhorté le Soudan à accepter la résolution que le Conseil de sécurité a adoptée le 31 août et par laquelle il autorise l'ONU à prendre la relève de l'Union africaine pour la mission de maintien de la paix au Darfour.

Dans sa résolution, le Conseil de sécurité prie le secrétaire général de l'ONU d'organiser rapidement le déploiement au Darfour de plus de 20.000 militaires et civils ainsi que de 16 unités de police provenant notamment de la Mission des Nations unies au Soudan (MINUS). Les membres de cet organe de l'ONU ont adopté la résolution par 12 voix et 3 abstentions (la Chine, le Qatar et la Russie).

Coparrainée par les États-Unis et le Royaume-Uni, la résolution invite le gouvernement soudanais à consentir à son application. Elle prévoit aussi l'apport d'un soutien aux forces de l'Union africaine qui sont actuellement dans le pays.

Le représentant des États-Unis auprès de l'ONU, M. John Bolton, a souligné qu'il fallait que le Conseil de sécurité applique la résolution dans son intégralité en vue de mettre un terme aux événements tragiques du Darfour. « Chaque jour qui passe ne fait qu'augmenter les souffrances de la population soudanaise et étendre le génocide. »

Après avoir exhorté le Soudan à coopérer avec l'ONU, il a fait remarquer que la résolution invitait le gouvernement soudanais à consentir au déploiement des forces de l'ONU, mais que rien dans son libellé n'exigeait le consentement de ce pays. « Nous comptons sur sa coopération et sur son soutien sans réserve à la nouvelle force de maintien de la paix de l'ONU. Si le gouvernement n'agit pas dans ce sens, il compromettra considérablement la mise en œuvre de l'accord de paix au Darfour et prolongera la crise humanitaire dans cette partie du Soudan. »

À l'issue de la réunion du Conseil de sécurité, M. Bolton a indiqué qu'il suffisait que le gouvernement soudanais donne son assentiment tacitement. « S'il n'y a aucune forme d'obstruction, l'opération de l'ONU pourra suivre son cours. Nous ne nous attendons pas à ce que les panneaux d'affichage situés le long de la route menant à Khartoum souhaitent la bienvenue à l'ONU. »

À la suite de l'adoption de la résolution, la secrétaire d'État adjointe aux affaires africaines, Mme Jendayi Frazer, et la secrétaire d'État adjointe chargée des relations avec les organisations internationales, Mme Kristen Silverberg, ont donné une conférence de presse au département d'État à Washington.

Mme Frazer, qui revenait du Soudan où elle s'était entretenue avec le président Omar el-Béchir, a qualifié l'adoption de la résolution de « mesure essentielle pour mettre fin à la crise du Darfour ». Les États-Unis, a-t-elle dit, continuent d'être en faveur du renforcement de la force de l'Union africaine pour qu'elle devienne l'élément essentiel de la mission de l'ONU au Darfour.

Pour sa part, Mme Silverberg a déclaré : « Nous sommes très heureux de la mesure que le Conseil de sécurité a prise en adoptant cette résolution. Nous pensons qu'il a posé les fondements d'une intervention multilatérale efficace au Soudan pour contribuer à y mettre fin à la violence. »

« Nous allons maintenant entamer la tâche difficile consistant à œuvrer de concert avec le département des Nations unies pour les opérations de maintien de la paix et avec tous nos partenaires au sein de l'ONU afin de mettre sur pied cette force composée de 17.000 militaires et de 3.000 membres de la police civile et comprenant un élément africain important. »

Le département des Nations unies pour les opérations de maintien de la paix a déjà effectué des travaux importants sur le plan logistique, et l'adoption de la résolution permet maintenant de mettre au point les détails et d'entamer le déploiement dès que possible, a-t-elle dit.

L'Union africaine a indiqué qu'elle ne pouvait plus poursuivre sa mission de maintien de la paix avec les 7.000 hommes qu'elle avait sur le terrain et elle a accepté que l'ONU prenne la relève. Toutefois, le Soudan s'est déclaré fortement opposé à que la force de maintien de la paix soit dirigée par l'ONU.

Les auteurs de la résolution ont indiqué qu'ils ne s'attendaient pas à ce que la MINUS ait des difficultés à se déployer au Darfour. La résolution autorise l'ONU à achever les travaux importants en matière de préparation et de logistique qui sont nécessaires pour envoyer une telle force de maintien de la paix et pour faciliter la relève de la force de l'Union africaine par celle de l'ONU. Elle signale aussi que le Conseil de sécurité est résolu à s'acquitter de ses obligations envers les habitants du Darfour, ont-ils dit.

La résolution autorise les soldats de l'ONU à « utiliser tous les moyens nécessaires » afin de protéger le personnel et les installations de l'ONU, d'assurer la libre circulation du personnel de l'ONU et des travailleurs humanitaires, ainsi que de prévenir les attaques contre la population civile ou les menaces dont elle fait l'objet. Les soldats de l'ONU seront basés dans des zones tampons et dans des zones démilitarisées et dans les camps de personnes déplacées.

La MINUS surveillera aussi les mouvements des forces gouvernementales soudanaises et des groupes de rebelles, saisira les armes de ceux qui violent les accords de cessez-le-feu et de paix et contribuera à la mise en œuvre de l'accord de paix au Darfour.

Le Conseil de sécurité a prévu, pour le 8 septembre, une réunion de hauts responsables qui étudieront la situation avec des représentants soudanais et des représentants d'organisations telles que l'Union africaine, la Ligue arabe et la Conférence islamique.


Date de rédaction: 01 septembre 2006 Mise à jour: 01 septembre 2006

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