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Actualités de Washington
  

Des ballons dérivants observent la formation de cyclones dans l'Atlantique

Des équipes de chercheurs américains et français lâchent des ballons stratosphériques au Niger.

Des chercheurs américains et français lâchent actuellement, au-dessus de vastes zones de l'Afrique et de l'océan Atlantique, de grands ballons stratosphériques transportant près de 300 instruments en vue de découvrir les causes de la formation des cyclones les plus dangereux.

La partie est de l'océan Atlantique située entre les tropiques est trop éloignée pour les avions américains spécialisés dans l'étude des cyclones, et les météorologues ne disposent pas à l'heure actuelle des connaissances nécessaires pour prévoir si certaines phénomènes météorologiques qui apparaissent dans cette partie du monde se transformeront en cyclones, ont indiqué des spécialistes.

Le premier lâcher de ballon stratosphérique a eu lieu à Zinder (Niger) le 28 août, indique le communiqué de presse que la Fondation nationale des sciences a diffusé le 31 août à ce propos.

Sept autres ballons stratosphériques dérivants devraient s'envoler de Zinder d'ici à la fin septembre, pendant la période où un grand nombre de cyclones prennent naissance dans la zone tropicale de l'Atlantique.

« Les données enregistrées par les instruments à bord des ballons devraient permettre de caractériser les conditions qui sont favorables ou défavorables à la formation de cyclones », a indiqué M. Cliff Jacobs, de la Fondation nationale des sciences, qui est pour ce projet à la tête des activités du Centre national de la recherche atmosphérique (NCAR) situé au Colorado.

Des chercheurs du NCAR et du Centre national d'études spatiales (CNES) de la France ont mis au point les ballons stratosphériques dérivants. La Fondation nationale des sciences et l'Administration nationale des études océaniques et atmosphériques des États-Unis financent ces travaux de recherche.

Chaque ballon dérivera de l'Afrique vers les Antilles à une altitude de 20.000 à 21.000 mètres, où l'on observe des vents d'est de faible force. Deux fois par jour, chaque ballon relâchera une radiosonde dotée d'un parachute qui enregistrera les conditions météorologiques pendant sa descente d'une durée de vingt minutes et qui les enverra au ballon, puis aux chercheurs via un satellite.

Les chercheurs suivront le déplacement des ballons depuis un centre de commande à Paris. Si des phénomènes météorologiques violents apparaissent, les chercheurs pourront faire en sorte que la sonde lâche un plus grand nombre de radiosondes, aussi souvent qu'une toutes les heures.

Les organisateurs de ce projet ont sélectionné le Niger pour étudier des phénomènes météorologiques de faible ampleur, appelés ondes d'est, qui servent de « semences » aux cyclones.

Des dizaines de ces ondes se déplacent au-dessus de l'Afrique en direction de l'Atlantique, dans une zone de 10 à 20 degrés nord. Un petit nombre d'entre elles se transforment en tempêtes tropicales, puis en cyclones, dont certains atteignent la côte Atlantique des États-Unis, les côtes du golfe du Mexique et de la mer des Caraïbes.

Selon le coordinateur du projet du côté des États-Unis, M. David Parsons, du NCAR, « les ballons dérivants fourniront des données sur les conditions qui favorisent la formation de cyclones dans l'Atlantique. Ils dérivent à une vitesse proche du déplacement des ondes d'est et peuvent donc rester au-dessus de ces ondes et les observer depuis leur tout début. »

La création des ballons dérivants a exigé que des chercheurs, des ingénieurs et des techniciens surmontent de nombreux obstacles. En effet, ces ballons doivent être suffisamment robustes pour supporter des jours de froid extrême dans la stratosphère (en moyenne moins de 62 degrés Celsius) et le rayonnement solaire intense dans la haute atmosphère.

Il a été aussi nécessaire de trouver des instruments de série qui soient bon marché et légers et qui puissent fonctionner d'une manière fiable en basse pression et dans des températures extrêmes tout en consommant très peu d'énergie.

Du fait de leur souplesse et de leur prix relativement faible, les ballons dérivants pourraient devenir, selon les spécialistes, un moyen courant pour observer et étudier la diversité des conditions météorologiques au-dessus des océans et de zones reculées.


Date de rédaction: 05 septembre 2006 Mise à jour: 05 septembre 2006

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