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Le discours du président Bush sur la guerre contre le terrorisme dans le mondeLa guerre contre le terrorisme est une lutte en faveur de la liberté.
La guerre contre le terrorisme est une lutte en faveur de la liberté, a déclaré le président Bush lors du discours qu'il a prononcé à la Maison-Blanche le 6 septembre, devant un auditoire composé notamment de hauts fonctionnaires de son gouvernement, de parlementaires et de proches de victimes des attentats du 11 septembre 2001. M. Bush a pris cette occasion pour annoncer qu'il allait demander au Congrès d'adopter des textes de loi qui autoriseraient des commissions militaires américaines à juger des personnes soupçonnées de terrorisme et qui clarifieraient les règles gouvernant les méthodes d'interrogation des suspects. On trouvera ci-après le texte de son discours. La Maison-Blanche Le discours du président sur la guerre contre le terrorisme dans le monde Je vous remercie de votre accueil chaleureux et vous souhaite la bienvenue à la Maison-Blanche. Monsieur le vice-président, Madame la secrétaire d'État, Monsieur le ministre de la justice, M. Negroponte, général Hayden, membres du Congrès des États-Unis, familles qui ont perdu un être cher lors des attentats terroristes contre notre pays, mes concitoyens, je vous remercie tous d'être venus. Dans la matinée du 11 septembre 2001, notre pays a fait l'objet d'une attaque cauchemardesque. Dix-neuf hommes, armés de couteaux polyvalents, ont pris le contrôle d'avions qu'ils ont transformés en missiles. Ils s'en sont servis pour tuer près de trois mille personnes. Nous avons vu les tours jumelles (de New York) s'effondrer devant nos yeux, et il est devenu immédiatement clair que nous entrions dans un nouveau monde et dans une nouvelle guerre dangereuse. Les attentats du 11 septembre ont horrifié notre pays. De nouvelles craintes et des questions urgentes ont surgi de la douleur : qui étaient-ils, ceux qui nous avaient attaqués ? Que voulaient-ils et que préparaient-ils encore ? Les Américains ont constaté la destruction que les terroristes avaient causée à New York, à Washington et en Pennsylvanie et ils se sont demandés s'il existait d'autres cellules de terroristes parmi nous qui étaient prêtes à nous attaquer. Alors que les décombres des tours jumelles et d'une partie du Pentagone fumaient encore, que notre pays était à bout de nerfs et qu'une multitude de renseignements sur la possibilité de nouvelles attaques arrivaient, mon gouvernement a dû faire face immédiatement à des tâches difficiles. Nous avons dû répondre à l'attaque lancée contre notre pays. Nous avons dû déclencher une guerre sans précédent contre un ennemi qui ne ressemblait aucunement à ceux que nous avions déjà combattus. Nous avons dû trouver les terroristes qui se cachaient dans notre pays et dans le reste du monde avant qu'ils puissent s'attaquer de nouveau à notre pays. Dans les jours et les semaines qui ont suivi le 11 septembre, j'ai donc donné l'ordre aux hauts responsables chargés de la sécurité nationale au sein de notre gouvernement de faire tout ce qui était en leur pouvoir, conformément au droit de notre pays, pour prévenir une nouvelle attaque. Près de cinq années se sont écoulées depuis ces premiers jours et semaines empreints d'horreur et de tristesse, et nous nous estimons heureux que les terroristes n'aient pas réussi à lancer une autre attaque sur notre territoire. Ce n'est pas par manque de désir ou de détermination de la part de l'ennemi. Comme le montre l'échec du récent complot à Londres, les terroristes sont encore actifs et ils tentent toujours de s'attaquer à notre pays et de tuer nos concitoyens. Une des raisons pour lesquelles les terroristes n'ont pas réussi est due au dur labeur des milliers de fonctionnaires dévoués qui travaillent jour et nuit, de concert avec nos alliés, pour empêcher l'ennemi d'exécuter ses plans. Nous sommes reconnaissants à ces concitoyens infatigables. Une autre raison pour laquelle les terroristes n'ont pas réussi a trait au fait que notre gouvernement a modifié sa politique et donné aux membres des forces armées, des services de renseignement et des services de police les moyens dont ils ont besoin pour lutter contre cet ennemi, pour protéger notre population et pour sauvegarder nos libertés publiques. Les terroristes qui ont déclaré la guerre aux États-Unis ne représentent aucun pays, ne défendent aucun territoire et ne portent aucun uniforme. Ils ne rassemblent pas des armées près des frontières ou des flottilles de navires de guerre en haute mer. Ils œuvrent dans l'ombre de la société. Ils envoient des petites équipes d'agents pour que ceux-ci s'infiltrent dans les pays libres. Ils vivent discrètement au milieu de leurs futures victimes. Ils conspirent, puis attaquent sans préavis. Dans cette nouvelle guerre, les terroristes eux-mêmes constituent la source d'information la plus importante sur les lieux où ils se cachent et sur ce qu'ils préparent. Les terroristes capturés savent très bien comment les réseaux de terroristes fonctionnent. Ils sont au courant des endroits où les agents se trouvent et des plans qui sont sur le point d'être exécutés. Ces renseignements ne peuvent être trouvés nulle part ailleurs, et notre sécurité dépend de l'obtention de tels renseignements. Pour gagner la guerre contre le terrorisme, nous devons pouvoir détenir, interroger et, au besoin, traduire en justice les terroristes capturés dans notre pays et sur les champs de bataille dans le reste du monde. Après les attentats du 11 septembre, notre coalition a lancé des opérations à travers le monde pour supprimer les lieux d'asile des terroristes et pour capturer ou tuer les agents et les chefs terroristes. Agissant de concert avec nos alliés, nous avons capturé et détenu des milliers de terroristes et de combattants ennemis en Afghanistan, en Irak et dans d'autres pays de la ligne de front de cette guerre contre le terrorisme. Ces ennemis sont des combattants ennemis, qui ont déclaré la guerre à notre pays. Nous avons le droit en vertu du droit de la guerre, et nous avons l'obligation envers nos concitoyens, de détenir ces ennemis et de les empêcher de se joindre à la bataille. La plupart des combattants ennemis que nous capturons sont détenus en Afghanistan ou en Irak, où ils sont interrogés par nos militaires. Un grand nombre d'entre eux sont relâchés après avoir été interrogés ou remis aux autorités locales si nous jugeons qu'ils ne continuent pas de faire peser une menace et qu'ils n'ont plus de renseignements intéressants à nous fournir. D'autres demeurent sous la garde des États-Unis près du champ de bataille afin de garantir qu'ils n'y reprendront pas la lutte. Dans certains cas, nous déterminons que des individus que nous avons capturés font peser une menace importante ou qu'ils sont susceptibles d'avoir des renseignements dont nous et nos alliés avons besoin pour prévenir de nouvelles attaques. Un grand nombre d'entre eux sont des agents du réseau Al-Qaïda ou des combattants du mouvement des talibans qui tentent de cacher leur identité et qui refusent de donner des informations susceptibles de sauver la vie d'Américains. Dans ces cas-là, il s'est révélé nécessaire de transporter ces individus dans des lieux où on peut les détenir secrètement, les faire interroger par des spécialistes et, s'il y a lieu, les poursuivre en justice pour avoir commis des actes de terrorisme. Certains de ces individus sont envoyés dans la base navale des États-Unis à Guantanamo (Cuba). Il importe que les Américains et d'autres personnes à travers le monde comprennent bien le genre de personnes qui sont détenues à Guantanamo. Ce ne sont pas des criminels ordinaires ni des personnes capturées accidentellement sur le champ de bataille : nous appliquons des méthodes rigoureuses pour nous assurer que ceux qui sont détenus à Guantanamo y ont bien leur place. Parmi ceux qui sont détenus à Guantanamo figurent des hommes soupçonnés d'avoir fabriqué des bombes, d'avoir entraîné des terroristes, d'en avoir recrutés et de projeter de devenir une bombe humaine. Nous les gardons en détention pour les empêcher de massacrer nos concitoyens. L'un des prisonniers détenus à Guantanamo a tenu les propos suivants : « Je n'oublierai jamais ton visage, a-t-il dit à la personne qui l'interrogeait. Je vous tuerai, toi, tes frères, ta mère et tes sœurs. » Outre les terroristes détenus à Guantanamo, un petit nombre d'individus soupçonnés d'être des chefs de file ou des agents terroristes et qui ont été capturés pendant la guerre ont été détenus et interrogés hors du territoire des États-Unis dans le cadre d'un programme distinct administré par la CIA. Ce groupe se compose d'individus que l'on croit être les principaux architectes des attentats du 11 septembre et de l'attaque contre l'USS Cole, d'un individu qui a trempé dans les attentats contre notre ambassade au Kenya et en Tanzanie ainsi que d'individus qui ont pris part à d'autres attaques au cours desquelles des civils innocents ont trouvé la mort dans le monde entier. Il s'agit d'hommes dangereux qui possèdent des connaissances sans pareilles sur les réseaux terroristes et leurs plans d'attaques. La sécurité de notre pays et la vie de nos concitoyens dépendent de notre capacité à découvrir ce que savent ces terroristes. De nombreux détails de ce programme, dont le lieu et les conditions de détention de ces individus, ne peuvent être divulgués. Les révéler reviendrait à fournir à nos ennemis des informations qu'ils pourraient exploiter pour prendre des mesures de représailles à l'encontre de nos alliés et nuire à notre pays. Je puis dire que les interrogatoires effectués dans le cadre de ce programme nous ont fourni des renseignements qui nous ont permis de sauver la vie d'innocents en déjouant des attentats prévus tant aux États-Unis qu'à l'étranger. Aujourd'hui, je vais vous donner quelques exemples qui me viennent des milieux du renseignement et qui montrent comment ce programme a sauvé des vies, pourquoi il demeure essentiel à la sécurité des États-Unis et à celle de nos amis et alliés, et pourquoi il mérite le soutien du Congrès et du peuple des États-Unis. Dans les mois qui ont suivi les attentats du 11 septembre, nous avons saisi un dénommé Abu Zubaydah. Nous avions la conviction qu'il était un chef de file du terrorisme et un proche d'Oussama ben Laden. Nos services du renseignement sont convaincus qu'il était responsable d'un camp d'entraînement en Afghanistan et qu'il a aidé des dirigeants d'Al-Qaïda à s'enfuir après l'arrivée des forces de la coalition venues libérer le pays. Abu Zubaydah a été grièvement blessé pendant les hostilités au cours desquelles nous l'avons fait prisonnier, et c'est aux soins médicaux dispensés par l'intermédiaire de la CIA qu'il doit d'avoir eu la vie sauve. Une fois rétabli, il a adopté une attitude de défi et s'est exprimé en termes évasifs. Il a déclaré sa haine de l'Amérique. Pendant les interrogatoires, il a d'abord donné des informations qu'il jugeait insignifiantes, puis a cessé toute coopération. En fait, les informations « insignifiantes » qu'il nous a données se sont avérées très importantes. Par exemple, Abu Zubaydah a révélé que Khalid Cheikh Mohammed était le cerveau à l'origine des attentats du 11 septembre et qu'il se faisait aussi appeler Moqtar. Cette information a été une pièce essentielle du puzzle qui a aidé nos services du renseignement à traquer cet individu. En outre, Abu Zubaydah a donné des informations qui nous ont aidés à déjouer un attentat en cours de préparation contre les États-Unis et dont nous n'étions pas au courant. Il nous a dit que des agents d'Al-Qaïda se préparaient à frapper le territoire même des États-Unis et il nous a donné leur signalement ainsi que des renseignements sur leur localisation. Sur la base de ces informations, nous avons pu mettre la main sur ces agents, dont un qui se rendait aux États-Unis. Nous savions qu'Abu Zubaydah savait encore plus de choses qui pourraient sauver la vie de personnes innocentes, mais il a cessé de parler. Peu à peu, il est devenu manifeste qu'il avait été formé à des techniques de résistance aux interrogatoires. La CIA a alors eu recours à une autre procédure. Cette procédure a été conçue de manière à être sans danger, conformément à nos lois, à notre constitution et aux obligations découlant des traités dont nous sommes signataires. Le ministère de la justice a passé au peigne fin les méthodes autorisées et il a déterminé qu'elles étaient licites. Je ne peux pas décrire les méthodes précises qui sont utilisées, et vous comprenez bien pourquoi. Si je le faisais, les terroristes apprendraient à y résister et nous ne pourrions plus obtenir les informations dont nous avons besoin pour prévenir de nouvelles attaques contre notre pays. Tout ce que je puis dire, c'est que ces techniques étaient dures et qu'elles étaient sans danger, licites et nécessaires. Abu Zubaydah a été soumis à ces techniques d'interrogatoire et il a rapidement commencé à fournir des informations sur les principaux agents d'Al-Qaïda, dont certaines nous ont d'ailleurs permis de localiser et de capturer d'autres individus responsables des attentats du 11 septembre. Par exemple, il a identifié l'un des complices de Khalid Cheikh Mohammed, un dénommé Ramzi bin al-Shibh. Les informations divulguées par Abu Zubaydah nous ont aidés à mettre la main sur bin al-Shibh. Ces deux terroristes ont donné des renseignements dont on s'est servi pour planifier et exécuter l'opération qui s'est soldée par la capture de Khalid Cheikh Mohammed. Une fois sous notre garde, Khalid Cheikh Mohammed a été questionné par la CIA qui a eu recours à ces mêmes techniques, et lui non plus n'a pas tardé à nous donner des informations grâce auxquelles nous avons pu enrayer une autre attaque prévue contre les États-Unis. Pendant son interrogatoire, Khalid Cheikh Mohammed nous a parlé d'un autre agent d'Al-Qaïda qui était détenu par la CIA, un terroriste dénommé Majeen Khan. Khalid Cheikh Mohammed a révélé que ce dernier avait reçu pour instructions de remettre 50.000 dollars à des individus à la solde d'un chef de file présumé du terrorisme, un certain Hambali, responsable de la filiale d'Al-Qaïda en Asie du Sud-Est connue sous le nom de « J-I ». Des agents de la CIA ont dit à Khan qu'ils étaient au courant de cette mission, lequel a alors confirmé que les fonds avaient bel et bien étaient versés à un dénommé Zubair. Khan a donné le signalement de cet individu ainsi que la façon de le contacter. Sur la base de ces informations, Zubair a été capturé en juin 2003, et il a rapidement fourni des renseignements qui nous ont permis d'arrêter Hambali. Après l'arrestation d'Hambali, Khalid Cheikh Mohammed a été soumis à un nouvel interrogatoire. Il a identifié le frère d'Hambali comme étant le chef d'une cellule du J-I et il révélé la façon dont Hambali communiquait avec Al-Qaïda. Rapidement fait prisonner au Pakistan, le frère d'Hambali nous a mis sur la piste d'une cellule de dix-sept agents du J-I en Asie du Sud-Est. Lorsqu'il a appris que nous avions démantelé sa cellule terroriste, Hambali a admis que ces agents étaient formés à la demande de Khalid Cheikh Mohammed en prévision d'attentats destinés à être perpétrés aux États-Unis, probablement à l'aide d'avions. Durant les interrrogatoires, Khalid Cheikh Mohammed a également donné force détails concernant des complots dont l'objectif était de tuer d'innocents Américains. Il a, par exemple, décrit des plans d'attaques ciblant des immeubles sur le territoire même des États-Unis et indiqué comment les hommes de main devaient les mettre à exécution. Il nous a dit que ces derniers avaient reçu ordre de faire en sorte que les explosifs soient déclenchés à un endroit suffisamment élevé pour empêcher que les gens bloqués dans les étages supérieurs ne puissent s'échapper par les fenêtres. Il a également fourni des informations essentielles concernant les efforts mis en œuvre par Al-Qaïda pour obtenir des armes biologiques. Durant les interrogatoires, Khalid Cheikh Mohammed a admis qu'il avait rencontré trois individus impliqués dans les efforts d'Al-Qaïda pour produire le bacille du charbon, un agent biologique mortel, et a identifié l'une de ces personnes comme étant un terroriste du nom de Yazid. Apparemment, il pensait que nous le savions déjà car Yazid avait été capturé et emprisonné à l'étranger avant lui. En fait, nous ignorions le rôle joué par Yazid dans les plans d'Al-Qaïda pour obtenir le bacille du charbon. Les informations fournies par Yazid ont ensuite conduit à la capture de ses deux principaux associés impliqués dans le projet d'obtention du bacille du charbon. Sans les informations données par Khalid Cheikh Mohammed et Yazid, nous n'aurions peut-être jamais mis à jour le programme d'armes biologiques d'Al-Qaïda ou empêché cette cellule d'Al-Qaïda de mettre au point le bacille du charbon et de perpétrer des attaques contre les États-Unis. Ce sont là quelques exemples des complots déjoués du fait des informations recueillies dans le cadre de ce programme capital. Les terroristes détenus par la CIA ont aussi fourni des informations qui ont aidé à empêcher une frappe qui ciblait les Marines américains à Camp Lemonier, à Djibouti. Ils prévoyaient de faire exploser un camion citerne rempli d'eau. Ces informations ont aussi aidé à déjouer une attaque ciblant le consulat des États-Unis à Karachi à l'aide de voitures et de motos piégées. Elles ont aussi permis de déjouer un complot portant sur le détournement d'avions civils pour les écraser sur l'aéroport de Heathrow, à Londres, ou sur le Quai Canary de cette ville. Nous obtenons des informations indispensables pour mener à bien notre tâche, qui est de protéger le peuple américain et nos alliés. Les informations obtenues dans le cadre de ce programme nous ont aidés à identifier des personnes en qui Al-Qaïda avait confiance pour mener à bien des opérations en Occident, des gens dont nous ignorions jusqu'ici l'existence. Parmi eux se trouvent des terroristes qui ont été chargés de se renseigner sur des cibles se trouvant sur le territoire américain, notamment des immeubles réservés à la finance dans des grandes villes de la côte est. Les informations recueillies auprès des terroristes entre les mains de la CIA ont été utiles pour la capture ou l'interrogation de pratiquement tous les membres de haut rang et les associés d'Al-Qaïda détenus par les États-Unis et leurs alliés depuis le début de ce programme. Étant à l'origine d'une grande quantité d'informations, allant des premières pistes aux identifications de photographies et jusqu'à l'endroit exact où les terroristes se cachaient, ce programme nous a aidés à appréhender de dangereux assassins en puissance avant qu'ils n'aient la possibilité de tuer. Ce programme a également joué un rôle critique pour nous aider à comprendre l'ennemi auquel nous avons à faire face dans cette guerre. Les terroristes arrêtés dans le cadre de ce programme ont brossé le tableau de la structure d'Al-Qaïda, de son financement, de ses communications, de sa logistique. Ils ont identifié les routes empruntées par Al-Qaïda et leurs asiles sûrs ; ils ont expliqué comment les chefs de haut rang d'Al-Qaïda communiquaient avec des agents dans des endroits tels que l'Irak. Ils ont donné des informations qui nous ont permis de comprendre les documents et les dossiers informatisés que nous avions saisis lors de raids contre des terroristes. Ils ont identifié des voix dans les enregistrements d'appels téléphoniques interceptés et nous ont aidés à comprendre la signification de communications terroristes pouvant avoir une importance critique. Les informations que nous obtenons de ces détenus sont confirmées par les informations relevant des services secrets que nous avons reçues et celles provenant d'autres sources. Et toutes conjuguées, elles nous ont permis d'y voir clair et d'empêcher des attaques. Les informations recueillies auprès des terroristes dans le cadre de ce programme nous ont aidés à démêler les complots de cellules terroristes en Europe et dans d'autres régions. Elles ont aidé nos alliés à protéger leur population contre des ennemis mortels. Ce programme a été et demeure l'un des outils les plus capitaux de la guerre que nous menons contre le terrorisme. Il a une valeur inestimable pour les États-Unis et leurs alliés. Sans ce programme, les services du renseignement pensent qu'Al-Qaïda et ses alliés auraient réussi à lancer une nouvelle attaque contre le territoire américain. En nous donnant des informations concernant les plans des terroristes que nous ne pouvions obtenir nulle part ailleurs, ce programme a sauvé la vie d'innocents. Ce programme a fait l'objet de nombreuses évaluations juridiques de la part du ministère de la justice et des avocats de la CIA. Ils ont déterminé qu'il respectait nos lois. Il a subi une vérification rigoureuse de la part de l'inspecteur général de la CIA. Un petit nombre de chefs de file clés des deux partis au Congrès en ont été informés. Tous ceux qui sont impliqués dans les interrogatoires de terroristes sont choisis avec soin et ils sont triés sur le volet parmi un groupe d'agents expérimentés de la CIA. Le personnel sélectionné pour conduire les interrogatoires les plus sensibles doit suivre 250 heures de formation spécialisée supplémentaire avant qu'on lui permette de prendre contact avec l'un des terroristes capturés. Je tiens à le dire clairement à notre peuple et au reste du monde : les États-Unis ne torturent pas. Cela va à l'encontre de nos lois et à l'encontre de nos valeurs. Je n'ai pas autorisé la torture et je ne l'autoriserai pas. L'année dernière, mon gouvernement a collaboré avec le sénateur John McCain et j'ai promulgué la « Loi sur le traitement des détenus » qui établit des normes juridiques concernant le traitement des détenus quel que soit leur lieu de détention. Je suis en faveur de cette loi. Et, en l'appliquant, notre gouvernement continuera à employer toutes les méthodes légales à sa disposition pour obtenir les informations susceptibles de protéger les innocents et de déjouer une nouvelle attaque telle celle que nous avons subie le 11 septembre 2001. Dans le cadre de son programme, la CIA a toujours détenu un nombre limité de terroristes. Et dès que nous avons déterminé que des terroristes détenus par la CIA n'avaient que peu d'intérêt sur le plan du renseignement, nous les avons renvoyés dans leur pays d'origine aux fins de jugement ou de détention par leur propre gouvernement. D'autres ont été accusés de crimes terribles contre le peuple américain, et nous avons le devoir de traduire en justice ceux qui sont responsables de ces crimes. Nous avons donc l'intention de juger ces hommes, comme cela se doit, pour leurs crimes. Peu après le déclenchement de la guerre contre le terrorisme, nous avons autorisé la création d'un système de commissions militaires pour juger les terroristes étrangers accusés de crimes de guerre. Des commissions militaires ont été utilisées par divers présidents, de George Washington à Franklin Roosevelt, pour traduire en justice des criminels de guerre, parce que les règles juridiques concernant les combattants ennemis en temps de conflit doivent être différentes de celles qui s'appliquent aux criminels de droit commun ou à nos propres soldats. L'un des premiers individus soupçonnés de terrorisme et jugé par une commission militaire a été un des gardes du corps d'Oussama ben Laden, un homme nommé Hamdan. Ses avocats ont contesté la légalité du système de commissions militaires. Il a fallu plus de deux ans pour que cette question soit tranchée par les tribunaux. La Cour d'appel du District de Colombie a maintenu les commissions militaires que nous avions conçues, mais en juin dernier, la Cour suprême a inversé cette décision. Elle a conclu que si les commissions militaires étaient un moyen approprié pour juger des terroristes, elles devaient explicitement être autorisées par le Congrès des États-Unis. Aujourd'hui, donc, je soumets au Congrès un projet de loi autorisant spécifiquement la création de commissions militaires destinées à juger les terroristes pour crimes de guerre. Mon gouvernement a coopéré avec les membres des deux partis de la Chambre des représentants et du Sénat à ce sujet. Nous avons avancé un projet de loi qui assure que ces commissions sont établies de façon à protéger notre sécurité nationale et à garantir un procès complet et juste des accusés. Les procédures décrites dans le projet de loi que je soumets au Congrès reflètent le fait que nous sommes un pays en guerre et qu'il est essentiel que nous utilisions toutes les preuves disponibles pour traduire ces gens en justice. Nous approchons du cinquième anniversaire des attaques du 11 septembre 2001, et les familles de ceux qui ont été tués ce jour-là attendent patiemment la justice. Certaines de ces familles sont avec nous aujourd'hui. Elles ne devraient pas avoir à attendre plus longtemps. J'annonce donc aujourd'hui que Khaled Cheikh Mohammed, Abu Zubaydah, Ramzi bin al-Shibh et onze autres terroristes détenus par la CIA ont été transférés à la base navale de Guantanamo Bay. Ils sont tenus en garde à vue par le ministère de la défense. Dès que le Congrès autorisera les commissions militaires que j'ai proposées, les hommes soupçonnés par nos responsables du renseignement d'avoir orchestré la mort de près de 3.000 Américains le 11 septembre 2001 se retrouveront face à la justice. Nous chercherons également à traduire en justice ceux qui sont soupçonnés d'avoir attaqué l'USS Cole, ainsi qu'un agent que l'on soupçonne d'être impliqué dans les attentats perpétrés contre les ambassades des États-Unis au Kenya et en Tanzanie. Par ces jugements, nous enverrons un message clair à ceux qui tuent des Américains : nous y consacrerons le temps qu'il faudra, mais nous vous trouverons et nous vous traduirons en justice. Ces hommes seront détenus dans une installation de haute sécurité à Guantanamo. Le Comité international de la Croix-Rouge est avisé de leur détention et sera autorisé à leur rendre visite. Ceux qui sont accusés de crimes auront le droit de consulter des avocats qui les aideront à préparer leur défense, et ils bénéficieront de la présomption d'innocence. Durant leur séjour à Guantanamo, ils auront la même nourriture, les mêmes vêtements et les mêmes possibilités d'exercer leur religion que les autres détenus. Ils seront questionnés selon les règles du nouveau manuel de campagne de l'armée des États-Unis, que le ministère de la défense publie aujourd'hui. Et nous continuerons de les traiter avec l'humanité qu'ils ont refusée aux autres. Pendant ce temps, nous continuerons d'exhorter les pays du monde entier à reprendre leurs ressortissants qui ne seront pas jugés par nos commissions militaires. L'Amérique n'a aucune intention de devenir le geôlier du monde. Mais l'une des raisons pour lesquelles nous n'avons pas été en mesure de fermer Guantanamo est que de nombreux pays ont refusé de reprendre leurs ressortissants qui y sont détenus. D'autres pays n'ont pas fourni d'assurances suffisantes garantissant que ces individus seront bien traités, ou encore qu'ils ne retourneront pas sur le champ de bataille, ce qu'ont déjà fait plus d'une douzaine de personnes libérées de Guantanamo. Nous allons continuer d'œuvrer au transfert des individus détenus à Guantanamo et demandons à d'autres pays de coopérer avec nous durant ce processus. Et nous allons nous acheminer vers le jour où nous pourrons enfin fermer les installations de détention de Guantanamo Bay. Je sais que les Américains ont entendu des informations contradictoires sur Guantanamo. Permettez-moi de vous citer certains faits. Sur les milliers de terroristes capturés dans le monde, seulement près de 770 ont été envoyés à Guantanamo. Parmi ceux-là, près de 315 ont été renvoyés dans leur pays, et près de 455 sont toujours en détention. Ils reçoivent les mêmes soins médicaux que les soldats américains qui les gardent. Le personnel du Comité international de la Croix-Rouge a pu s'entretenir en privé avec chacun d'entre eux. Le site a été visité par des responsables de plus de 30 pays, et par plusieurs délégations d'organisations internationales. L'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, après une visite de sa délégation, a qualifié Guantanamo de prison modèle, où les détenus sont mieux traités que dans leur pays d'origine. Nos troupes peuvent être fières du travail qu'elles accomplissent à Guantanamo, et le peuple américain aussi. Alors que nous traduirons en justice les chefs et les agents soupçonnés de terrorisme qui ont maintenant été transférés à Guantanamo, nous continuerons de rechercher ceux qui se sont avancés pour les remplacer. Nous allons maintenir l'offensive afin de protéger notre peuple. Nous continuerons de poursuivre en justice les terroristes les plus dangereux du monde et de travailler à recueillir les renseignements vitaux dont nous avons besoin pour protéger notre pays. Les transferts actuels signifient qu'il n'y a à présent aucun terroriste au programme de la CIA. Mais à mesure que de nouveaux terroristes de haut rang seront capturés, le besoin d'obtenir d'eux des renseignements demeurera crucial, et le fait de disposer d'un programme de la CIA pour interroger les terroristes continuera d'être essentiel pour obtenir des informations vitales. D'aucuns pourraient se demander : pourquoi reconnaître ce programme maintenant ? Il y a deux raisons pour lesquelles je divulgue ces informations limitées aujourd'hui. La première est que nous avons à peu près terminé l'interrogatoire de ces hommes et que, pour entamer la procédure qui conduira à leur procès, nous devons les révéler au grand jour. La seconde est que la récente décision de la Cour suprême a affaibli notre capacité de traduire en justice les terroristes dans le cadre de commissions militaires et a remis en question l'avenir du programme de la CIA. Dans sa décision sur les commissions militaires, la Cour a jugé qu'une des dispositions des Conventions de Genève, connue sous le titre d'article 3 commun, s'applique à notre guerre contre Al-Qaïda. Cet article contient des dispositions qui interdisent les « atteintes à la dignité des personnes », notamment les « traitements humiliants et dégradants ». Le problème est que ces dispositions et d'autres de l'article 3 commun sont vagues et imprécises, chacune pouvant être interprétée de manière différente par des magistrats américains ou étrangers. Et certains pensent que nos agents militaires et de renseignement qui ont pris part à la capture et à l'interrogatoire des terroristes risqueraient maintenant d'être passibles de poursuites en vertu de la Loi sur les crimes de guerre, simplement pour avoir fait leur travail de manière minutieuse et professionnelle. Ceci est inacceptable. Nos agents militaires et de renseignement ont à faire face chaque jour aux hommes les plus dangereux du monde. Ils ont risqué leur vie pour capturer certains des terroristes les plus brutaux de la terre. Et ils ont travaillé jour et nuit pour découvrir ce que savaient les terroristes, afin que nous puissions empêcher de nouvelles attaques. L'Amérique doit à ces hommes et à ces femmes courageux quelque chose en retour. Nous leur devons nos remerciements pour avoir sauvé des vies et maintenu notre pays en sécurité. Et nous leur devons des règles claires, afin qu'ils puissent continuer à faire leur travail et à protéger notre peuple. C'est pourquoi, aujourd'hui, je demande au Congrès d'adopter une loi qui clarifiera les règles pour notre personnel qui mène la guerre contre le terrorisme. Premièrement, je demande au Congrès de dresser la liste des actes précis, reconnaissables qui seraient considérés comme des crimes aux termes de la Loi sur les crimes de guerre - de façon que notre personnel puisse savoir clairement ce qui est interdit en ce qui concerne le traitement des ennemis terroristes. Deuxièmement, je demande au Congrès de préciser qu'en appliquant les normes de la Loi sur le traitement des détenus, notre personnel remplit les obligations des Etats-Unis au titre de l'article 3 commun des Conventions de Genève. Troisièmement, je demande au Congrès de souligner clairement que les terroristes capturés ne peuvent utiliser les Conventions de Genève comme base juridique pour poursuivre notre personnel en justice devant des tribunaux américains. Les hommes et les femmes qui nous protègent ne doivent pas avoir à craindre d'être poursuivis en justice par des terroristes parce qu'ils font leur devoir. Cette loi revêt un caractère d'urgence. Nous devons faire en sorte que ceux qui interrogent les terroristes puissent continuer de faire tout ce que la loi permet pour obtenir des informations susceptibles de sauver la vie d'Américains. Mon gouvernement continuera de travailler avec le Congrès à l'adoption de cette loi, mais le temps presse. Le Congrès achèvera sa session dans quelques semaines seulement, et l'adoption de cette loi devrait avoir la priorité absolue. Tout en oeuvrant de concert avec le Congrès à l'adoption d'un texte de loi judicieux, nous conférerons également avec les chefs de file parlementaires sur la question de savoir comment faire en sorte que le programme de la CIA se poursuive d'une manière qui respecte la loi, qui réponde aux besoins de sécurité nationale de notre pays et qui protège les courageux hommes et femmes à qui nous demandons d'obtenir des informations qui sauveront la vie d'innocents. Pour notre sécurité, il faut que le Congrès agisse et qu'il mette à jour nos lois pour que nous puissions faire face aux menaces de cette nouvelle époque. Je sais qu'il le fera. Nous sommes engagés dans une lutte mondiale, à l'issue de laquelle le monde civilisé tout entier porte un intérêt vital. L'Amérique est un Etat de droit. Et tandis que je collaborerai avec le Congrès au renforcement et à la clarification de nos lois ici chez nous, je continuerai d'œuvrer avec les membres de la communauté internationale qui ont été nos partenaires dans cette lutte. Je me suis entretenu avec les dirigeants de gouvernements étrangers et ai travaillé avec eux en vue de répondre à leurs préoccupations relatives à Guantanamo et à notre politique de détention. Je continuerai de me concerter avec la communauté internationale en vue de créer une base commune pour défendre nos peuples et protéger leurs libertés. Des Etats libres ont déjà eu à faire face à de nouveaux ennemis et à s'adapter à de nouvelles menaces, et ils ont prévalu. Tout comme les conflits du siècle dernier, la guerre actuelle contre le terrorisme est, par-dessus tout, une lutte pour la liberté. Les adversaires ont changé, mais les enjeux de cette guerre sont les mêmes : nous luttons pour notre civilisation et pour notre capacité de vivre libres. Nous luttons pour la cause de l'humanité, contre ceux qui cherchent à répandre les ténèbres de la tyrannie et de la terreur sur le monde entier. Et nous luttons en faveur d'un avenir de paix pour nos enfants et nos petits-enfants. Que Dieu vous bénisse tous. Date de rédaction:
06 septembre 2006 Mise à jour:
06 septembre 2006
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