|
|||||||||||
|
|||||||||||
|
Les États-Unis exhortent le Soudan à accepter une force de l'ONULa séance de travail du Conseil de sécurité de l'ONU
Par Judy Aïta New York (Nations unies) - Les États-Unis ont demandé au Soudan, le 11 septembre, de collaborer avec le Conseil de sécurité de l'ONU en vue de venir en aide à la population du Darfour. Un haut responsable de la mission des États-Unis auprès de l'ONU, M. William Brencick, a déclaré que les États-Unis allaient soumettre un projet de déclaration présidentielle afin de « permettre au Conseil de sécurité de parler d'une seule voix forte et claire au nom de la communauté internationale et pour dire au gouvernement d'unité nationale qu'il lui fallait coopérer car la situation au Darfour ne pouvait pas durer ». Le Conseil de sécurité s'est réuni pour la seconde fois en dix jours à propos du Soudan afin de mettre fin à l'impasse relative au déploiement de 20.000 casques bleus chargés de prendre la relève de la mission de l'Union africaine au Darfour. Le gouvernement soudanais n'était représenté à cette réunion que par le chargé d'affaires de sa mission auprès de l'ONU. Le 31 août, le Conseil de sécurité a adopté la résolution 1706 et prié le secrétaire général de l'ONU, M. Kofi Annan, de préparer le déploiement rapide de la Mission des Nations unies au Soudan. Toutefois, le Soudan est opposé à toute participation de l'ONU au maintien de la paix au Darfour et a menacé d'expulser les soldats de l'Union africaine avant la fin de septembre. M. Brencick a mis en doute les déclarations du Soudan selon lesquelles ce pays était disposé à dialoguer avec l'ONU. Le chargé d'affaires soudanais, a-t-il dit, n'a pas déclaré que son pays consentait au déploiement des forces de l'ONU. « Combien de personnes faut-il pour décrire l'horreur de la situation au Darfour ou dans quelle mesure la situation doit-elle empirer pour que le gouvernement d'unité nationale comprenne ce qu'on lui demande ? L'adoption de la résolution 1706 constitue un premier pas. Le second pas, qui est plus important, consiste à l'appliquer. » Le représentant des États-Unis a souligné que la communauté internationale devait apporter un soutien à l'Union africaine et aux soldats qu'elle avait envoyés au Darfour pour y assurer le maintien de la paix. « Si le Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine décide de proroger le mandant de la MUAS (Mission de l'Union africaine au Soudan) jusqu'à la fin de l'année, tout le monde, y compris le gouvernement d'unité nationale, doit faire tout son possible pour lui apporter un soutien. Cela comprend l'application immédiate de la résolution 1706 qui prévoit l'apport d'une aide importante à la MUAS. » Pour sa part, le secrétaire général a déclaré que la situation au Darfour était à un point critique qui exigeait l'action urgente du Conseil de sécurité. Cela fait deux ans, a-t-il dit, que celui-ci cherche à mettre un terme aux hostilités et à améliorer la situation. « Et pourtant, une fois de plus, nous nous trouvons au bord d'une nouvelle calamité. Je vous demande instamment (...) de vous montrer à la hauteur. » M. Annan a également demandé aux gouvernements et aux dirigeants des pays africains et d'autres pays de faire pression sur le Soudan pour qu'il consente au déploiement de la force de l'ONU. Il a fait état d'informations sur la reprise des hostilités entre les diverses factions dans le nord du Darfour, qui non seulement étaient contraires à l'accord de paix, mais aussi causaient des souffrances encore plus grandes à une population qui avait déjà tant souffert. À cause de ces hostilités, les travailleurs humanitaires ont des difficultés à apporter une aide et ils sont eux-mêmes la cible d'actes de violence. Douze d'entre eux sont morts pendant ces deux derniers mois, soit plus que pendant les deux dernières années. « Tant que la sécurité ne sera pas meilleure, nous risquons de devoir réduire considérablement la distribution de l'aide humanitaire dont la population a tant besoin, a fait remarquer M. Annan. Pouvons-nous honnêtement condamner les habitants du Darfour à un tel sort ? La communauté internationale, qui n'a pas fait grand chose pour les Rwandais alors qu'ils en avaient besoin, peut-elle se contenter d'observer l'aggravation de cette tragédie? » Après avoir rappelé que l'Assemblée générale de l'ONU avait accepté le principe de la responsabilité de la communauté internationale en ce qui concerne la protection de la population civile contre les actes de violence et les violations des droits de l'homme, le secrétaire général a dit : « On tire les leçons ou on n'en tient pas compte ; on respecte les principes ou on les dédaigne. Ce n'est plus le moment de prendre des demi-mesures ou de continuer à discuter. » Date de rédaction:
12 septembre 2006 Mise à jour:
12 septembre 2006
|
||||||
|
Options: |
|
||||||||||||||||||