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Actualités de Washington
  

Les États-Unis et la réforme de la gestion et des droits de l'homme à l'ONU

L'ouverture de l'Assemblée générale est précédée de conférences sur l'alphabétisation et les migrations.

Mme Kristen Silverberg
La secrétaire d'État adjointe aux organisations internationales, Mme Kristen Silverberg. (© AP Images)

Par Stephen Kaufman
Rédacteur du Washington File

Washington - Le gouvernement Bush a deux grandes priorités pour la prochaine session des Nations unies : la réforme de la gestion et les droits de l'homme, et il espère que l'Organisation pourra lui donner des assurances quant à l'utilisation des ressources de ses membres et qu'elle se penchera sur la situation critique des droits de l'homme dans le monde.

Dans une interview qu'elle a accordée au Washington File le 12 septembre, Mme Kristen Silverberg, secrétaire d'État adjointe aux organisations internationales, a déclaré que la réforme de la gestion des Nations unies restait une des grandes priorités et elle s'est fait l'écho de la secrétaire d'État Condoleezza Rice, pour qui la réforme sera un facteur déterminant dans le choix de la candidature que les États-Unis soutiendront lorsque le mandat de l'actuel secrétaire général Kofi Annan arrivera à échéance le 31 décembre.

« Les États-Unis affectent plus de 5 milliards de dollars par an au système des Nations unies, soit une part importante du budget que nous consacrons au développement et à l'aide humanitaire », a déclaré Mme Silverberg. « Nous essayons d'obtenir des assurances que cet investissement est bien-fondé pour les contribuables américains et qu'il donne des résultats sur le terrain dans les pays en développement, pour les individus qui souffrent de violations des droits de l'homme et ceux qui sont à risque de contracter des maladies transmissibles. »

Le prochain secrétaire général devra être une personne « engagée et ayant les compétences nécessaires pour faire avancer la réforme de l'organisation », a-t-elle ajouté.

Elle a continué en rappelant que le gouvernement Bush s'attend à ce que les Nations unies « se conduisent dans le respect des plus hautes normes éthiques » et « se concentrent sur la surveillance des ressources de leurs États membres ». L'Organisation doit également terminer l'examen des programmes en cours dans le contexte de l'évaluation de leur utilité et de leur efficacité.

En 2005, les États-Unis avaient demandé au secrétaire général Kofi Annan d'identifier et de répertorier tous les programmes en cours que le Secrétariat avait été chargé de mettre en œuvre par le Conseil de sécurité.

« Ils ont pu recenser quelque 9.000 mandats, dont beaucoup remontaient essentiellement à la création des Nations unies », a fait remarquer Mme Silverberg. L'Assemblée générale devrait se pencher sur les résultats de ces mandats et programmes pour déterminer « s'ils remplissent toujours une fonction importante, s'ils sont administrés de manière efficace et s'ils s'attaquent aux problèmes de manière appropriée ».

La secrétaire d'État adjointe a noté avec satisfaction la création d'un Bureau de l'éthique, les modifications aux règles de divulgation des informations financières et le renforcement des services de contrôle interne au cours de l'année mais elle a ajouté que le processus d'examen des mandats n'était toujours par terminé.

« L'Assemblée générale a encore le temps de prendre des mesures actives dans ce domaine mais elle va bientôt devoir faire état de progrès » a-t-elle prévenu.

Le nouveau Conseil des droits de l'homme : une déception

Mme Silverberg a également noté que les États-Unis considèrent qu'il est important que l'Assemblée générale et le nouveau Conseil des droits de l'homme se penchent attentivement sur la situation critique des droits de l'homme dans des pays tels que la Birmanie, la Corée du Nord et Cuba au lieu de se concentrer inutilement sur Israël, comme le fait le Conseil.

« À ce jour, nous sommes plutôt déçus par le travail du nouveau Conseil des droits de l'homme à Genève mais l'Assemblée générale offre une bonne occasion... d'attirer l'attention sur certaines des crises critiques des droits de l'homme dans le monde et cela va être une de nos grandes priorités [à l'Assemblée générale]. »

Elle a ajouté que lorsque les États membres agissent avec détermination, « l'Assemblée générale peut attirer l'attention sur les problèmes des droits de l'homme et peut faire passer un message très fort aux régimes oppresseurs, à savoir qu'un organe universel tel que l'Assemblée générale a condamné leurs actions ».

Mais, à son avis, le Conseil « a pris un très mauvais départ » et les États-Unis n'ont pas encore décidé s'ils allaient y adhérer vu leur déception qu'il n'ait « pas prêté attention à certains des problèmes vraiment pressants des droits de l'homme que nous notons dans le monde ».

S'agissant de la situation en Birmanie, Mme Silverberg a annoncé que les États-Unis avaient officiellement demandé au Conseil de sécurité d'inscrire la question à son ordre du jour du mois prochain, notant que les violations de longue date des droits de l'homme dans le pays ont maintenant des répercussions dans la région. Citant un rapport du président tchèque, M. Vaclav Havel, et du prix Nobel de la paix sud-africain, l'archevêque Desmond Tutu, elle a dit que les flux de réfugiés de Birmanie étaient cause de la montée de l'instabilité, du trafic des stupéfiants, de la traite des personnes et de la propagation des maladies transmissibles.

« Nous allons discuter activement de cela à New York lors de l'Assemblée générale et nous pensons que le Conseil devra prendre des mesures dans ce domaine à l'automne », a-t-elle encore précisé.

Les manifestations sur l'alphabétisation et les migrations

Mme Silverberg a annoncé que Mme Laura Bush a organisé une conférence sur l'alphabétisation en marge de l'Assemblée générale ; elle y a invité les épouses des autres dirigeants participant à l'Assemblée, des ministres de l'éducation et des experts. L'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO), qui gère de nombreux programmes internationaux d'alphabétisation, y participera aussi.

Mme Silverberg a souligné que cette manifestation devait mettra en lumière les efforts faits par les États-Unis pour promouvoir l'alphabétisation et contribuera à encourager les autres pays à œuvrer dans ce domaine. La promotion de l'alphabétisation au niveau mondial « sous-tend nombre de nos actions à l'international » a-t-elle dit, parce qu'une population alphabétisée est plus apte à réussir son développement et que l'alphabétisation est une des clés d'une démocratie florissante.

« La démocratie repose sur une population informée, capable de tenir ses dirigeants responsables, et cela n'est pas possible si la population ne sait pas lire » a-t-elle précisé.

Il est également indispensable de se concentrer sur l'alphabétisation des femmes, a-t-elle ajouté : « Le fait que la mère sait lire et écrire est le meilleur critère pour prédire si l'enfant apprendra aussi à lire et écrire. »

Les Nations unies organisent aussi un débat sur les migrations avant l'Assemblée générale et Mme Silverberg voit là une occasion de souligner que les États-Unis soutiennent l'immigration et la venue de visiteurs internationaux.

« Il y a beaucoup de malentendus sur la position américaine en matière de visas. Beaucoup ont l'impression que nous sommes contre les immigrants », a-t-elle précisé. « Nous devons faire passer le message que la plupart des Américains sont en faveur de l'immigration et veulent que les États-Unis soient un pays que les étrangers visitent et où les immigrants légaux peuvent vivre dans le long terme ».

L'abaissement des obstacles réglementaires aidera à atteindre les Objectifs du Millénaire

Le gouvernement Bush continue à soutenir les Objectifs du Millénaire pour le développement proposés par les Nations unies pour les pays en développement et, selon Mme Silverberg, des actions concertées permettront de les atteindre. Cependant, elle lie la question à la nécessité de réformer la gestion de l'Organisation, citant des exemples de « chevauchements et de doubles emplois » qui réduisent l'efficacité des actions menées. L'Organisation doit aussi, selon elle, développer des partenariats avec les pays en développement et se concentrer sur les politiques dans les pays.

« Il ne suffit pas que la communauté internationale et les bailleurs de fonds continuent à apporter leur aide sans se préoccuper de savoir si le climat politique dans le pays peut contribuer à rendre cette aide plus efficace. Ils doivent se demander s'il existe des actions qui attirent l'investissement étranger, qui attirent le commerce, s'il existe des mesures qui encouragent le croissance des petites entreprises » a-t-elle insisté.

Une des priorités des États-Unis lors de la prochaine Assemblée générale sera de faire en sorte que les Nations unies s'attaquent aux obstacles réglementaires qui freinent la création d'entreprises et le développement.

« Dans les pays en développement, de très nombreuses entreprises fonctionnent dans le cadre de l'économie parallèle, ce qui fait qu'elles sont en dehors du système d'imposition ou du système de crédit ou qu'elles ne sont pas enregistrées » a-t-elle remarqué. « Les Nations unies doivent œuvrer avec les pays à créer sur le terrain les conditions qui aideront les petites entreprises à se développer et à fleurir. »

Les Nations unies font « un bon travail » dans le domaine du développement mais, à son avis, « nous pouvons beaucoup faire pour rendre les programmes de développement plus efficaces et pour qu'ils contribuent plus à la réalisation des Objectifs du développement ».


Date de rédaction: 15 septembre 2006 Mise à jour: 15 septembre 2006

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