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Des célébrités américaines plaident la cause du DarfourL'acteur George Clooney et le prix Nobel de la paix Elie Wiesel s'adressent au Conseil de sécurité de l'ONU.
Par Judy Aita Nations unies - Le 14 septembre, le lauréat du prix Nobel de la paix Elie Wiesel et le célèbre acteur George Clooney ont plaidé la cause du Darfour devant le Conseil de sécurité de l'ONU. MM. Wiesel et Clooney étaient les invités des États-Unis lors d'une réunion spéciale du Conseil présidée par le représentant de ce pays, M. John Bolton. Ce dernier a déclaré qu'il espérait que la présence de ces deux célèbres défenseurs des droits de l'homme attirerait l'attention sur la crise croissante au Darfour et aiderait à souligner la nécessité de déclencher une action décisive aux Nations unies. « Chaque jour qui passe, un peu plus d'hommes, de femmes et d'enfants innocents souffrent là-bas. Chaque jour, des femmes et des jeunes filles sont violées lorsqu'elles s'aventurent en dehors des camps de réfugiés pour chercher du bois de chauffage. On ne peut invoquer la complexité pour refuser de se pencher sur ce problème. » George Clooney, qui a visité un camp de réfugiés au Darfour en avril dernier, a déclaré qu'il était venu témoigner devant le Conseil afin « d'être la voix de ceux qui ne peuvent pas parler pour eux-mêmes ». « Ma tâche consiste à venir ici aujourd'hui afin de vous supplier, au nom des millions de gens qui vont mourir - et ne vous y trompez pas, ils vont mourir - de prendre des mesures réelles et efficaces pour mettre fin à cette crise », a dit M. Clooney. Tout en admettant que la situation était complexe sur le plan politique, il a ajouté : « (...) Lorsque vous voyez des villages entiers dont les habitants ont été massacrés, dont les puits ont été empoisonnés et ensuite remplis des corps des victimes, il n'est plus question de complexité, mais de ce qui est juste et de ce qui est mal. » Les deux hommes ont ensuite évoqué le 30 septembre, date à laquelle les 7.000 hommes de l'Union africaine devront quitter le Darfour, à moins que le gouvernement du Soudan n'autorise les Nations unies à renforcer les effectifs de cette mission et à commencer à prendre la direction des opérations. Si les troupes de l'Union africaine partent, les organisations humanitaires, dont le personnel est de plus en plus souvent victime d'attaques, devront aussi abandonner leurs travaux. Leur départ pourrait laisser plus de 2,5 millions de personnes sans nourriture et sans soins élémentaires. Les Nations unies estiment que sans aide internationale, jusqu'à 100.000 personnes pourraient mourir chaque mois. S'il n'y a plus de soldats de la paix au Darfour après le 30 septembre, a dit M. Clooney, « il suffira d'envoyer des hommes avec des pelles, des draps blancs et des pierres tombales ». MM. Wiesel et Clooney ont ensuite souligné que le Conseil de sécurité avait « le devoir de protéger » ceux qui ne pouvaient pas se protéger eux-mêmes. Ils ont rappelé aux membres du Conseil qu'en 1994, au Rwanda, près de 800.000 personnes avaient été massacrées et que les Nations unies n'avaient rien fait. Lors du Sommet mondial de 2005, les pays membres de l'ONU ont décidé qu'il y avait une obligation internationale collective de protéger les populations du génocide, des crimes de guerre, de l'épuration ethnique et des crimes contre l'humanité. Les dirigeants du monde avaient alors chargé le Conseil d'entreprendre des actions décisives dans les cas où il n'y avait pas de solution pacifique à une crise et qu'un gouvernement refusait d'agir dans le bon sens. « Le Soudan ne peut pas faire revivre ses morts, mais il peut permettre aux Nations unies de redorer leur blason », a dit M. Wiesel. Poussés au désespoir Les deux hommes, qui représentent des milliers de militants dans le monde, sont venus au Conseil de sécurité « parce que plus que toute autre organisation, vous tenez leur destinée entre vos mains (...) Vous êtes le dernier recours politique pour les victimes du Darfour et ceux qui les soutiennent », a dit M. Wiesel. « Nous sommes venus devant vous parce que nous sommes désespérés. Nous avons tout essayé. Nous avons frappé à de nombreuses portes, lancé des appels à la conscience, imploré les riches et les puissants d'aider les faibles et les pauvres de ce monde. Que pouvions-nous faire de plus ? » Il a exhorté le Conseil à devenir le « protecteur moral » du Darfour et à mettre fin à la violence. « Vous pouvez stopper cela. Il y a tant de moyens, et vous les connaissez tous. Vous avez même adopté certaines résolutions à cet effet », a affirmé M. Wiesel, mentionnant des sanctions économiques, politiques et culturelles, et la menace de mesures de rétorsion contre ceux qui se livrent à la tuerie. ll a ensuite exhorté les Nations unies à aider l'Union africaine à continuer son travail. Envoyez plus de troupes « non pas pour faire la guerre, mais pour offrir un asile sûr à ceux qui en ont besoin ». Les Nations unies « ne devraient pas attendre l'invitation du Soudan » pour envoyer des casques bleus, a-t-il affirmé. « Allez-y de toute façon. Les tortionnaires et les assassins n'attendent pas. La Charte de l'ONU vous demande d'intervenir. Au nom de ce qu'il y a de plus sacré, soyez à la hauteur de ce que l'on attend de vous. » Le secrétaire d'État Kofi Annan a qualifié la situation au Darfour de désespérée. « Si les troupes de l'Union africaine sont forcées de partir et si nous sommes incapables de mettre sur pied une force onusienne pour les remplacer, nous fonçons tout droit vers le désastre et je ne pense pas que nous puissions permettre que cela ait lieu » a-t-il dit, le 13 septembre. M. Annan a demandé à tous les États membres de l'ONU de « faire pression » sur le Soudan pour qu'il accepte la venue des casques bleus. Date de rédaction:
15 septembre 2006 Mise à jour:
15 septembre 2006
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