Service d'information du département d'État
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SOMMAIRE
Introduction
Entretien avec :
Muhannad Eshaiker
Principes démocratiques
Rubar Sandi
Croissance économique
Mohammed Al Faour
Politique de défense
Aiham Alsammarae
Principes démocratiques
Ilham Al-Sarraf
Aide humanitaire
Azzam Alwash
Environnement
Hatem Mukhlis
Principes démocratiques
Tanya Gilly
Corruption
John Kanno
Infrastructure
Hamid Ali Alkifaey
Liberté de la presse
Mahmoud Thamer
Santé publique
Conclusion
Laith Kubba
 
LE DEVOIR ENVERS L'AVENIR :
des Irakiens libres préparent l'Irak de demain

Hamid Ali Alkifaey
écrivain et journaliste basé à Londres
 
Des Irakiens dans un salon de thé à Bagdad (janvier 2003)
Des Irakiens dans un salon de thé à Bagdad (janvier 2003). (David Guttenfelder, AP/WWP)
« Parmi les Irakiens, on constate un sentiment de réconciliation. Nous sommes dégoûtés par les meurtres, la destruction et la dictature. La population veut vraiment se débarrasser de la dictature et instaurer la démocratie. »

Je suis irakien, écrivain et journaliste, et je suis exilé à Londres depuis 22 ans. J'écris pour toutes sortes de journaux (The Independent, Open Democracy, Al-Hayat, Al-Zaman, Al-Nour) ainsi que pour des magazines et des sites Internet.

Je suis très heureux d'avoir été invité à participer au Groupe de travail sur les médias libres. C'est un thème de discussion important, qui m'intéresse tout particulièrement. J'ai été heureux de participer aux discussions, et j'espère que ma contribution a été à la hauteur de cette invitation.

Nous avons discuté de la façon dont les organes médiatiques devraient fonctionner à l'avenir, après la chute de Saddam Hussein. Nous avons discuté de ce qu'il faudrait faire des institutions irakiennes actuelles.

Personnellement, je ne pense pas que nous devons nous débarrasser de tout le monde, car la population a été contrainte d'agir de cette façon. Mais, à l'évidence, il faut remplacer les hommes du régime qui occupent des postes influents. Et tous les organes médiatiques fondés par Saddam et par son fils Oudaï doivent être immédiatement fermés. Dans l'hypothèse où ces organes devraient être réouverts, il faudrait leur attribuer de nouveaux noms et engager une nouvelle direction.

Nombreux sont ceux qui pensent que le ministère de l'information doit être supprimé. À mon avis, ce n'est pas là le vrai problème, mais il faudrait plutôt se demander quel rôle attribuer au ministère de l'information. Après tout, un certain nombre de pays démocratiques ont des ministères de l'information. Par exemple, ici, en Grande-Bretagne, nous avons un ministère des médias, de la culture et des sports, mais cela ne signifie pas pour autant qu'il s'ingère quotidiennement dans la gestion des médias.

Donc, je pense qu'il faut maintenir le ministère en place, mais changer les règles du jeu, pour que les médias irakiens deviennent libres. Dans 5 ans environ, peut-être, nous pourrons nous en débarrasser. Cela me ferait très plaisir.

Parmi les Irakiens, on constate un sentiment de réconciliation. Nous sommes dégoûtés par les meurtres, la destruction et la dictature. La population veut vraiment se débarrasser de la dictature et instaurer la démocratie.

Je pense qu'à court terme, tout dépendra des événements. Va-t-il y avoir un régime militaire ou l'opposition formera-t-elle un nouveau gouvernement ? Dans l'hypothèse d'un régime militaire, alors, la population de la région dira : « Qu'avez-vous réussi à faire, vous, les Irakiens ? Au lieu d'instaurer un gouvernement national, vous avez une occupation ! » À l'évidence, ils ne savent pas que la plupart des Irakiens préfèrent l'occupation à Saddam Hussein.

Je pense qu'à long terme, l'ensemble de la région bénéficiera de ce changement. La démocratie sera bénéfique pour tout le monde. Le respect des droits de l'homme sera bénéfique pour tous les pays de la région. Peut-être certains régimes seront-ils menacés, mais je pense (s'ils sont intelligents) qu'ils bénéficieront de l'atmosphère de changement et qu'ils introduiront de vraies réformes démocratiques et sauveront leur régime.

Je crois que le changement en Irak sera positif. Les Irakiens, pour commencer, en bénéficieront immédiatement. Mais le reste de la région, c'est certain, en profitera aussi, parce que le changement démocratique s'étendra à toute la région, ce qui ne peut être que positif pour la population.

Je ne saurais assez mettre l'accent sur le fait qu'un plus grand nombre d'Irakiens doit expliquer aux musulmans de la région que le changement n'est pas dirigé contre l'Islam. Ce changement n'est pas dirigé contre les Arabes ou contre les Irakiens, et il n'est pas motivé par le pétrole mais par le respect des droits de l'homme et de la démocratie. Ils ne comprennent pas que les États-Unis ont actuellement intérêt à promouvoir le changement démocratique parce que ce sont les dictatures et les régimes despotiques qui leur ont causé tous ces problèmes.

Nous nous sommes répartis en quatre commissions, dont une sur l'éducation et la formation des journalistes. C'est celle à laquelle j'ai participé. Une autre était axée sur la reconstruction des organes médiatiques, et j'y ai également participé. Une autre commission était chargée de rédiger le code de déontologie des journalistes, et puis un quatrième groupe s'est consacré à la protection des journalistes en Irak.

Mahmoud Thamer, médecin et expert en santé publique,
a enseigné la médecine en Irak et aux États-Unis. »



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