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Les membres de la génération qui a grandi depuis la prise du pouvoir par Saddam Hussein n'ont peut-être pas de souvenirs personnels de cette période mais ils ont tous entendu les récits de leurs familles. Ils partagent eux aussi les souvenirs d'une génération antérieure qui n'a pas oublié le temps où leur pays n'avait pas encore été ruiné par Saddam Hussein et où l'histoire d'un peuple ne se réduisait pas à la biographie d'un tyran. Une grande partie des Irakiens libres qui vivent à l'étranger - que ce soit aux États-Unis, en Europe, au Moyen-Orient ou ailleurs - font plus que de se souvenir. Bien avant la campagne militaire actuelle pour la libération de l'Irak, ils se sont activement employés à transformer l'espoir en réalité en déployant des efforts sans précédent pour préparer l'avenir du pays après le départ de Saddam Hussein. Durant l'année passée, un grand nombre de ces Irakiens se sont réunis dans le cadre de dix-sept groupes de travail organisés par le département d'État américain, pour partager leurs idées et leurs plans pour la construction d'un nouvel Irak. Le projet Irak de demain, qui est le nom donné à cette initiative, n'était ni un processus politique ni une tentative de formation de gouvernement en exil. Il s'agissait plutôt d'une initiative volontaire visant à conjuguer les talents, l'expérience et l'expertise de la vaste communauté hétérogène formée par les Irakiens qui vivent hors de la portée de Saddam Hussein, et dont beaucoup préparent en ce moment leur retour. Dans ces groupes de travail, dont le thème va de la démocratisation et du pétrole à la santé, à l'éducation et aux ressources en eau, des Irakiens libres se consacrent à l'élaboration des plans qui permettront à leur pays de se remettre de la cruauté et de la corruption du régime de Saddam Hussein et de mettre en place les institutions politiques et économiques et les libertés individuelles grâce auxquelles l'Irak pourra prendre de nouveau la place qui lui revient dans la communauté internationale. Tous les Irakiens qui font partie de ces groupes de travail - qu'ils aient été précédemment actifs ou non au sein d' organisations politiques dirigées par des Irakiens - ont pris des risques pour participer au projet Irak de demain. Ils ont néanmoins offert leur expertise dans les domaines du génie civil, des soins médicaux, de la production pétrolière, de l'agriculture et de l'État de droit. Ils ont également apporté une diversité de points de vue à leurs travaux. Pratiquement tous ont été d'accord pour dire que la possibilité d'échanger des points de vue différents - même lorsque leurs discussions ne menaient pas à un accord complet - constituait l'un des aspects les plus précieux de leur expérience. Le projet Irak de demain n'était pas un exercice théorique, dénué de portée pratique. Comme l'a déclaré, le 11 février 2003, M. Marc Grossman, sous-secrétaire d'État aux affaires politiques, lors d'une déposition devant le Sénat américain, « dans le domaine juridique, par exemple, les juristes irakiens qui font partie du groupe de travail sur la justice de transition ont rédigé en arabe 600 pages de propositions de réforme du Code pénal, du Code d'instruction criminelle, du Code civil, de la loi sur la nationalité et du Code de procédure militaire, entre autres. »
Le groupe de travail sur l'eau, l'agriculture et l'environnement a accordé la priorité à la nécessité de fournir de l'eau salubre aux Irakiens. En outre, ses membres ont approuvé le projet Nouvel Éden, qui envisage la restauration des marécages et marais détruits par Saddam Hussein lors des attaques sans relâche qu'il a menées pendant des décennies contre les sols et les populations du sud de l'Irak. Les membres du groupe de travail sur l'économie et l'infrastructure reflètent la diversité de l'Irak, faisant appel à des spécialistes des États-Unis, du Canada, d'Europe et notamment de Grande-Bretagne, du Moyen-Orient et du Kurdistan irakien. Ils appartiennent à de nombreux groupes ethniques et confessionnels différents : Sunnites, Chiites, Assyriens, Kurdes et bien d'autres. Dans leurs rapports, ils exposent un processus en trois étapes qui se concentrerait sur le maintien de la sécurité et des services essentiels pour répondre aux besoins fondamentaux de l'ensemble de la population irakienne et rebâtir l'infrastructure et l'économie du pays. Un groupe de travail de création récente sur la société civile a déclaré, en février 2003, à la fin de sa première session : « Il est normal que l'Irak, berceau historique de la civilisation, ait une société civile qui respecte, protège et affranchit les Irakiens pour qu'ils prospèrent sous un gouvernement démocratique. » Le groupe de travail sur le pétrole et l'énergie a dressé des plans précis pour la reconstruction de l'infrastructure de l'industrie pétrolière, parallèlement à la diversification de l'économie irakienne. « Tous ont convenu que le pétrole et le secteur énergétique donneront l'impulsion qui permettra aux Irakiens de prospérer une fois que le régime despotique de Saddam Hussein aura été délogé », ont affirmé ses membres dans une déclaration publiée le 1er mars 2003.
Le groupe de travail sur les principes et pratiques démocratiques a discuté de certains des problèmes les plus ardus et les plus contentieux qui se rapportent au pouvoir politique et à l'identité ethnique. Ses membres sont néanmoins parvenus à s'entendre sur les grands principes de gouvernance démocratique et sur un système fédéral de représentation dans un Irak unifié. Comme l'a déclaré l'un des participants : « Nous devons tous nous considérer d'abord comme des Irakiens, avant d'être des Kurdes, des Chiites ou des Sunnites, des Arabes ou des Turkmènes. Nous devons avoir le sentiment d'appartenir à l'Irak. » Bien que les participants au projet Irak de demain soient des Irakiens libres, ni ces derniers ni le département d'État américain n'ont jamais vu dans cette initiative un moyen de dicter les grandes lignes de l'avenir de l'Irak aux quelque 20 millions d'Irakiens qui subissent actuellement le régime tyrannique de Saddam Hussein. Bien au contraire, de nombreux groupes de travail ont cherché des moyens officieux de communiquer avec leurs compatriotes à l'intérieur de l'Irak pour leur soumettre leurs idées et leurs propositions - et cela bien avant le début des opérations militaires. De plus, les recommandations des groupes de travail, qu'elles portent sur la santé, le pétrole ou le processus politique, adoptent toutes une approche dans laquelle les Irakiens libres aideront la population d'un Irak libéré à continuer à mettre au point et à appliquer les plans du projet Irak de demain. Ils apporteront des qualifications et des ressources auxquelles les Irakiens victimes de l'oppression de Saddam Hussein n'ont absolument pas accès. Comme l'a dit M. Grossman dans sa déposition devant le Congrès, « les Irakiens de l'étranger ne contrôleront pas les décisions qui devront être prises, en dernière analyse, par tous les Irakiens. Les gens avec qui nous travaillons constituent une ressource importante, très importante, mais ils savent, nous savons tous, qu'en définitive, tous les Irakiens devront pouvoir s'exprimer librement et travailler de concert pour bâtir un Irak libre et démocratique. » Le soutien apporté par les États-Unis au projet Irak de demain est la preuve tangible de leur attachement de longue date à la liberté et au bien-être du peuple irakien. Ce projet constitue également l'assurance implicite que l'avenir de l'Irak appartient exclusivement au peuple irakien. Ainsi que l'a affirmé Douglas Feith, ministre adjoint de la défense pour les questions de sécurité internationale, « les États-Unis aborderont leur tâche d'après-guerre en prenant une double résolution : l'engagement de rester et celui de partir. » Les États-Unis et les membres de la coalition resteront en Irak pour atteindre leurs objectifs fondamentaux, c'est-à-dire chasser le régime de Saddam Hussein, découvrir et détruire toutes les armes de destruction massive et assurer l'intégrité territoriale de l'Irak. Mais ils sont tout autant décidés à quitter la région dès que possible, prouvant ainsi que l'avenir de l'Irak dépend exclusivement du peuple irakien.
Ensuite, en fonction de ce que les Irakiens eux-mêmes décideront, les États-Unis se joindront aux membres de la coalition, à leurs amis et aux organisations internationales pour soutenir les efforts à long terme du pays et instaurer un Irak pacifique, démocratique et prospère. Comme M. William Burns, secrétaire d'État adjoint pour le Moyen-Orient, l'avait déclaré à des journalistes arabes le 6 mars 2003 , avant le lancement des opérations militaires :
Le projet Irak de demain est un pas en avant sur la voie qui mène à une nouvelle nation. Dans une série d'interviews récentes, certains des participants au projet ont fait part de leurs idées sur cette expérience. Concrètes, diverses, leurs opinions sont loin de faire l'unanimité. Elles reflètent du scepticisme, de l'inquiétude et des contradictions - alors même qu'elles partagent des concepts fondamentaux sur la nécessité de la liberté et de la démocratie en Irak. Il s'agit, en bref, de la voix de la liberté, des opinions d'Irakiens qui se soucient de l'avenir et qui veulent avoir de nouveau la possibilité d'en être maîtres. |
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