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LE DEVOIR ENVERS L'AVENIR : des Irakiens libres préparent l'Irak de demain John Kanno
ingénieur en électricité et membre actif de la communauté culturelle assyrienne aux États-Unis
J'aimerais écrire un livre sur le projet Irak de demain ou du moins relater mon expérience personnelle. Les gens qui ne sont pas informés, ceux qui descendent dans la rue et manifestent, ne disposent pas des informations privilégiées que nous échangeons lors de ces réunions sur l'Irak. Je ne veux pas dire par cela que nous avons des activités ultra-secrètes, ou quoi que ce soit de cette nature, mais ils ne s'intéressent pas à ce que les Irakiens ont à dire. Je voudrais que l'on comprenne bien que nous ne sommes pas favorables à la guerre. Tout ce que nous voulons, c'est une résolution pacifique de la situation, mais, soyons réalistes, nous savons que cela ne se produira pas parce que nous savons quel genre d'homme est Saddam. Une résolution pacifique de la situation repose sur Saddam et il n'est pas prêt à faire ses valises. Il a déjà affirmé qu'il emploierait des armes chimiques, des gaz et qu'il mettrait le feu aux puits de pétrole. Pourquoi fait-il ce genre de chose ? S'il aime tellement son pays, pourquoi ne part-il pas tout simplement ? Parce qu'il aime le pouvoir plus que son pays. Le Congrès national assyrien de Modesto (Californie) a soumis mon nom au projet Irak de demain en raison de mon travail avec notre station de télévision. Je suis arrivé en Amérique en 1981 et je travaille avec le Congrès national assyrien depuis 17 ans. Mes parents ont émigré d'Irak en 1957. Même si je n'ai jamais vu la terre de mes ancêtres, je compte la voir bientôt. L'Angleterre m'a donné la possibilité de faire des études et les États-Unis m'ont offert une expérience. Donc, pourquoi ne pas utiliser cette aide pour à mon tour aider le peuple d'un pays auquel je suis lié ? Je retournerai là-bas. Ce dont les médias ne parlent pas, c'est qu'il existe un projet exhaustif (qui a été élaboré par les groupes de travail) destiné à l'Irak du « lendemain ». Une constitution est en préparation. Plus de 600 pages ont rédigées sur l'appareil judiciaire de l'Irak. D'autres projets ont également été élaborés sur le secteur de l'électricité, des communications et de l'économie. Nous avons abordé toute une série de problèmes, mais personne n'en parle. C'est malheureux, mais un million de personnes qui manifestent dans le monde entier est plus intéressant aux yeux des médias. Nous avions deux ingénieurs en électricité dans notre groupe sur l'économie et les infrastructures. Notre groupe était si diversifié. Avec des personnalités si différentes, c'était très intéressant. Quelqu'un s'enthousiasmait pour une idée, commençait à parler rapidement en anglais ou en arabe, et j'intervenais pour dire : « Parlez moins vite, s'il vous plaît. » Mais entendre tous ces points de vue était extrêmement stimulant, à mon avis. Je pense qu'avec le changement de régime, la majorité de l'information engendrée par nos groupes de travail prendra de l'importance. Nous avons obtenu beaucoup d'informations à partir des comptes rendus des Nations unies. Certains participants nous ont fait part des dernières informations, qu'ils avaient obtenues directement, et nous en avons tiré un certain nombre de conclusions logiques. Ce que nous avons élaboré, c'est un plan sur deux ans et un plan quinquennal. En résumé, le plan sur deux ans devrait ramener la production annuelle d'électricité ininterrompue de 4500 mégawatts à 10 000 mégawatts, comme avant la guerre du Golfe. Le second plan sur 5 ans devrait augmenter la production à 15 000 mégawatts. Maintenant, il faut bien comprendre que la Californie produit 43 000 mégawatts et occupe plus ou moins la même superficie que l'Irak. Par conséquent, l'état du réseau électrique est assez désastreux. Une grande partie des futurs travaux de reconstruction sera garantie par les recettes pétrolières. Nous avons parlé du régime fiscal, ce thème fait aussi partie du travail de notre groupe. À l'heure actuelle, le projet de réseau électrique est terminé et nous attendons, en fait, le « jour après ». Environ 50 000 Assyriens sont installés dans l'État de la Californie. À Chicago, la plus forte communauté assyrienne aux États-Unis, ils sont environs 100 000. Nous sommes chrétiens. Nous avons gardé notre langue et notre culture. Nous parlons notre langue à la maison. Il y a probablement 250 000 Assyriens en Amérique. En Irak, nous sommes entre 1 million et 1,5 million, et nous sommes très préoccupés par la sécurité de toutes les minorités ethniques vivant en Irak. Hamid Ali Alkifaey, écrivain et journaliste basé à Londres » |
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