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SOMMAIRE
Introduction
Entretien avec :
Muhannad Eshaiker
Principes démocratiques
Rubar Sandi
Croissance économique
Mohammed Al Faour
Politique de défense
Aiham Alsammarae
Principes démocratiques
Ilham Al-Sarraf
Aide humanitaire
Azzam Alwash
Environnement
Hatem Mukhlis
Principes démocratiques
Tanya Gilly
Corruption
John Kanno
Infrastructure
Hamid Ali Alkifaey
Liberté de la presse
Mahmoud Thamer
Santé publique
Conclusion
Laith Kubba
 
LE DEVOIR ENVERS L'AVENIR :
des Irakiens libres préparent l'Irak de demain

Mahmoud Thamer
médecin et expert en santé publique,
a enseigné la médecine en Irak et aux États-Unis
 
campagne antipolio
campagne antipolioLe 23 février 2003, l'UNICEF et les services irakiens ont lancé une campagne de 5 jours contre la polio, l'objectif étant de vacciner 250 000 enfants. Les experts irakiens libres estiment que l'évaluation et la satisfaction des besoins de santé publique en Irak méritent une attention prioritaire. (AP/WWP)
« Je pense que l'éducation et la recherche en matière de santé publique (avec un accent sur la gestion des problèmes de santé endémiques en Irak tels que la bilharziose, la tuberculose et la santé maternelle et infantile, notamment les vaccinations) devraient probablement être renforcées. »

Je suis né en Irak, j'ai obtenu mon diplôme de médecine aux États-Unis et j'ai enseigné la médecine pendant neuf ans à l'université de Bagdad. Après les problèmes qui ont marqué la montée du parti Baas, j'ai dû quitter le pays, mais j'ai toujours des amis et de la famille à Bagdad.

Je me suis rendu périodiquement en Irak jusqu'aux environs de 1979. Il y avait à l'époque une relative ouverture à l'égard des personnes qui n'étaient pas membres du parti. J'étais donc invité à donner des conférences et j'ai participé à divers congrès professionnels. Depuis que Saddam est aux commandes de l'exécutif, j'ai été invité à plusieurs reprises mais j'ai préféré m'abstenir.

Je ne suis membre d'aucun parti politique. Je suis indépendant. Je pense que la plupart des personnes présentes dans notre groupe de travail sur la santé publique sont indépendantes. Je suis moi-même cardiologue.

Je suis très heureux que ces groupes aient été formés. Je pense qu'il s'agit là d'une démarche importante et j'espère que nous n'en resterons pas là. J'espère que nous pourrons à nouveau nous montrer optimistes. L'Irak a la chance de disposer d'abondantes ressources, et c'est le berceau de nombreuses civilisations. C'était très satisfaisant, au début des années 1970, de voir que le secteur de la santé progressait si rapidement. Nos diplômés en médecine étaient excellents et nous avions même dispensé des formations de troisième cycle.

Le régime actuel ayant tout politisé, la situation a complètement changé. Les étudiants en médecine n'étaient plus choisis en fonction de leurs compétences. La hiérarchie semblait être là pour faire des rapports sur les collègues. Des personnes ont commencé à disparaître - voilà l'héritage de ce régime.

Je pense que l'éducation et la recherche en matière de santé publique (avec l'accent mis sur la gestion des problèmes de santé endémique en Irak tels que la bilharziose, la tuberculose et la santé infantile, notamment les vaccinations) devraient probablement être renforcées.

Lorsque j'étais en Irak, nous avons réalisé une étude sur les admissions dans les hôpitaux, et nous avons été très surpris de constater qu'un peu plus de la moitié des admissions était due à des problèmes cardio-vasculaires, un grand nombre d'entre elles étant liées aux fièvres rhumatismales et au diabète.

Je ne doute absolument pas que le système de santé se soit détérioré au cours de ces dernières années. Voici ce qui s'est passé : des fonds de plus en plus importants ont été consacrés aux armements et aux guerres, et par conséquent, de moins en moins de fonds ont été versés dans le secteur de la santé. Ensuite, de très bons enseignants ont été renvoyés en raison de leurs « infidélités » politiques au régime. Et enfin, des décisions ont été fondées sur des raisons politiques et non médicales.

Les sanctions ont certainement eu des effets dévastateurs sur les populations et elles n'ont pas réussi à faire lâcher prise au régime.

Mais il faut avoir de l'espoir. Je pense qu'à l'instar de toutes les situations horribles et anormales, celle-ci ne va pas durer. Mais j'espère que nous tirerons les enseignements de cette situation afin qu'elle ne se reproduise plus.

Laith Kubba, responsable de haut niveau pour le Moyen-Orient
et l'Afrique du Nord au National Endowment for Democracy »



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