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Tous les pays proscrivent l'esclavage, et bien des gens pensent que sa pratique appartient au passé. Malheureusement, ce crime qu'est la traite des personnes, forme moderne de l'esclavage, existe toujours en 2005 et il touche particulièrement les enfants à travers le monde. Quand on parle de la traite des personnes, on parle de tous ceux qui sont contraints, par la force ou par la duperie, à un travail forcé ou à l'exploitation sexuelle. Le gouvernement des États-Unis estime que, chaque année, de 600.000 à 800.000 hommes, femmes et enfants sont victimes de ce trafic de part et d'autre des frontières. Près de la moitié de toutes les victimes sont malheureusement des enfants, qui sont utilisés comme soldats, jockeys de chameaux et travailleurs forcés ou qui sont livrés à la prostitution. Le travail forcé prend de nombreuses formes, qu'il s'agisse des tâches épuisantes dans les carrières, du travail domestique, du travail en usine ou dans les champs. Pour lutter contre ce crime, le Congrès des États-Unis a adopté la loi de 2000 sur la protection des victimes de la traite des personnes. Cette loi prescrit la publication annuelle par le département d'État d'un rapport portant sur les mesures prises par les États étrangers afin de prévenir la traite des personnes, de protéger ses victimes, y compris les enfants, et de poursuivre les trafiquants en justice. Il doit faire état des efforts déployés par le gouvernement des États-Unis dans ce domaine. En 2004, les États-Unis ont accordé plus de 96 millions de dollars au titre de leur participation à des programmes contre la traite des personnes à l'étranger. Ils œuvrent activement pour sensibiliser l'opinion publique au sort des enfants astreints à une existence d'esclave.
Les mesures de coopération Grâce à notre travail et à celui de diverses organisations, des progrès sont réalisés sur tous les fronts dans la lutte contre ce problème. Depuis 2003, près de 3.000 trafiquants ont été condamnés, et 40 pays ont adopté des lois de vaste portée contre la traite des personnes. Pour prévenir l'esclavage, un certain nombre d'initiatives visent à mettre en garde les personnes vulnérables contre les stratagèmes utilisés par les trafiquants. Et des partenariats entre organismes publics et organisations non gouvernementales ont abouti à des initiatives fructueuses qui améliorent l'existence des enfants en les soustrayant au travail forcé et à d'autres formes d'asservissement. Par exemple, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) utilise des fonds américains pour réinsérer dans la société des enfants qui ont été enlevés et livrés aux bases de l'Armée de résistance du Seigneur (LRA) dans le sud du Soudan et dans le nord de l'Ouganda. Bon nombre de ces enfants se sont vus forcés à tuer des amis et des membres de leur famille à la suite de leur enrôlement. Le CICR aide aussi les enfants qui fuient chaque nuit les villages ougandais pour la ville par crainte d'être enlevés par les rebelles de la LRA. Pour combattre l'asservissement des enfants utilisés comme jockeys de chameaux, le gouvernement des Emirats arabes unis a ouvert, en décembre 2004, un centre d'hébergement où sont soignées les victimes de la traite et qui est administré par l'Ansar Burney Welfare Trust. Ce centre accueille de nombreux garçons qui ont été piétinés par les chameaux qu'ils étaient contraints à monter. En date de mars 2005, il avait sauvé et soigné une cinquantaine d'enfants, dont au moins 16 ont pu être rapatriés. L'Organisation internationale pour les migrations s'emploie, de concert avec le département d'État, les ministères ghanéens intéressés, le Fonds des Nations unies pour l'enfance (UNICEF) et des organisations non gouvernementales locales, à trouver les enfants qui ont été enlevés dans la région du lac Volta, au Ghana, pour travailler dans le secteur de la pêche et à leur procurer des papiers d'identité. En vue de stopper cette pratique dans la région, elle fournit des conseils aux victimes, s'emploie à réunifier les familles et à réinsérer les enfants dans la vie quotidienne. Dans son rapport de 2004 sur la traite des personnes, le département d'État rend hommage à Togbega Hadjor, chef suprême de la zone traditionnelle des Bakpa, au Ghana, pour sa participation à ce programme et pour ses efforts de sensibilisation de la population locale. Nous collaborons également avec le groupe Free the Slaves pour mettre fin aux activités des villages de pêcheurs de la baie du Bengale, au Bangladesh, qui utilisent des enfants comme esclaves. Depuis octobre 2004, la police et les gardes-Côtes du Bangladesh ont sauvé 129 enfants.
Dans le cadre de l'initiative du président Bush visant à combattre toutes les formes de traite des personnes, l'association Catholic Relief Services collabore avec la police brésilienne afin de découvrir les circuits utilisés par les trafiquants pour exploiter leurs victimes. Elle s'emploie également à améliorer la coordination entre la police et les inspecteurs du travail en vue de dépister ces activités, d'enquêter sur elles et de soustraire ainsi un plus grand nombre d'enfants à cette traite. « Personne ne mérite d'être esclave » En dépit de tous les efforts en cours, nous savons que des centaines de milliers d'enfants, si ce n'est des millions, continuent à être réduits en esclavage, et c'est là un problème auquel il nous faut nous attaquer à fond et sans délai. Nous devons combattre la corruption des agents publics qui permet à la traite de prendre de l'ampleur et qui déstabilise l'économie des pays touchés. Nous devons intensifier la répression afin de sauver les enfants esclaves et de décourager les trafiquants. Enfin, nous devons améliorer nos mesures de prévention pour que les enfants ne soient pas victimes de ce crime odieux. Le mouvement en faveur de l'abolition de la traite des enfants et de leur asservissement se poursuit, et je suis fier du rôle dirigeant que les États-Unis jouent pour créer un monde dans lequel, comme le président Bush l'a déclaré dans son discours d'investiture de 2005, « personne n'est digne d'être maître et personne ne mérite d'être esclave ».
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