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Une énergie propre pour demain

Paula Dobriansky

Énergie propre : les diverses solutions

Sommaire
Introduction
Une énergie propre pour demain
La révolution automobile au diapason des normes de rendement
La renaissance de l'énergie nucléaire
Énergie renouvelable : à la recherche d'une énergie inépuisable
À mesures modestes, grosses économies d'énergie
Des solutions propres au service de la production d'énergie
La création de débouchés pour l'énergie propre
Une feuille de route pour investir dans l'énergie durable
La sécurité d'approvisionnement énergétique dans le cadre d'un partenariat mondial
Bibliographie
Sites Internet
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Encadré

Pennsylvanie : changer la façon dont les Américains pensent au sujet de l'énergie

 

Le président Bush prononce un discours sur l'énergie au laboratoire du California Fuel Cell Partnership.
Le président Bush prononce un discours sur l'énergie au laboratoire du California Fuel Cell Partnership.
© AP/Wide World Photo

Le monde a besoin d'une énergie propre et d'un prix abordable pour alimenter la croissance économique, le développement et la démocratie sans nuire au développement. Les États-Unis s'emploient à relever ce défi au moyen des technologies de transformation, de l'inventivité des créateurs d'entreprise et de l'appui aux initiatives locales dans les pays en développement.

Mme Paula Dobriansky est sous-secrétaire d'État à la démocratie et aux affaires mondiales.

Indubitablement, l'un des plus imposants défis qu'ait à relever le monde moderne consiste à garantir l'accès à des sources d'énergie qui soient abondantes, bon marché, propres et renouvelables. Aux États-Unis, conformément à une longue tradition, les pouvoirs publics, le secteur privé et des organisations non gouvernementales s'y emploient en privilégiant la recherche sur l'énergie non polluante de façon à mettre au point des technologies de transformation qui pourront réduire notre dépendance pétrolière et procurer des avantages d'une portée considérable au monde entier.

En se mobilisant face à ce défi, les États-Unis œuvrent en même temps de manière à promouvoir la sécurité d'approvisionnement énergétique, à faire reculer la pauvreté, à diminuer la pollution de l'atmosphère et à lutter contre les changements climatiques. Souvent, ces démarches ont pour effet de renforcer les collectivités autonomes en construisant une culture de la démocratie à l'échelon local.

La question énergétique sur la sellette

Il se passe rarement un jour sans que le thème de l'énergie ne fasse la une de l'actualité pour une raison ou une autre. Que des chefs d'État ou de gouvernement se rencontrent, et ce dossier fait immanquablement l'objet de discussions dont l'importance n'a d'égale que l'urgence. Du Sommet mondial sur le développement durable tenu en 2002 au cycle des travaux de la Commission du développement durable de l'ONU sur l'énergie en 2005-2007 en passant par la réunion au sommet du groupe des Huit à Gleneagles en 2005, l'énergie a occupé le premier plan.

Et pour cause. Les perturbations de l'approvisionnement énergétique et la hausse des prix affectent dans une grande mesure les décisions prises au jour le jour sur la façon dont nous ravitaillons nos véhicules en carburant, dont nous chauffons nos maisons et dont nous alimentons nos entreprises en électricité. Qui plus est, environ 2 milliards d'habitants de la planète, soit près du tiers de la population mondiale, sont privés d'accès aux services énergétiques modernes dont l'importance n'est plus à démontrer quand il s'agit d'intégrer les technologies du XXIe siècle à la vie des écoles, de faire progresser l'industrie, d'assurer l'approvisionnement en eau et d'accroître la production agricole ou encore de répondre aux besoins des établissements médicaux en matière d'éclairage, de chauffage et de climatisation.

Par ailleurs, le double objectif de la sécurité d'approvisionnement énergétique et de la lutte contre la pauvreté est inextricablement lié à la nécessité de réduire la pollution de l'air et de faire pièce aux changements climatiques. Selon l'Organisation mondiale de la santé, la pollution intérieure des locaux coûte chaque jour la vie à 4.400 personnes, les modes de cuisson et de chauffage figurant les premiers au banc des accusés.

Le développement de technologies de production d'énergie propres et bon marché

Les États-Unis sont convaincus que la meilleure façon de promouvoir la sécurité énergétique et d'appuyer le développement tout en protégeant l'environnement et en améliorant la santé publique consiste à encourager le développement de technologies énergétiques propres et bon marché. À cette fin, il nous faut adopter une stratégie diversifiée qui regroupe des sources d'énergie classique, de pointe, renouvelable et à bon rendement.

Le gouvernement des États-Unis, souvent en partenariat avec le secteur privé, poursuit à l'échelon tant national qu'international tout un éventail de technologies qui devraient être appliquées progressivement d'ici à 2050 environ. Celles-ci regroupent les biocarburants non issus de cultures vivrières, la technologie du charbon épuré, la commercialisation de voitures hybrides dotées d'un dispositif de branchement sur secteur, les piles à hydrogène, les réacteurs nucléaires à meilleur rendement énergétique et résistants à la prolifération et la technologie de la fusion. Et encore cette liste ne récapitule-t-elle que les exemples les plus saillants.

Dans son discours sur l'état de l'Union en janvier 2006, le président George Bush a brossé les grandes lignes d'une stratégie visant à la réduire la dépendance pétrolière des États-Unis. Il a annoncé une « Initiative pour une énergie avancée », laquelle prévoit une augmentation de 22 % de l'enveloppe de la recherche du ministère de l'énergie consacrée à l'énergie propre. Les États-Unis s'engagent ainsi à investir davantage dans les technologies relatives à l'énergie solaire et éolienne, les centrales thermiques non polluantes alimentées au charbon, la technologie nucléaire propre et l'éthanol.

Il ne suffit pas de mettre au point des technologies de production d'énergie propre : encore faut-il qu'elles soient accessibles et plus abordables que les autres. À cette fin, le gouvernement des États-Unis a consacré plus de 11,7 milliards de dollars depuis 2001 à la recherche de sources d'énergie de remplacement. Ce financement a contribué à la réduction considérable du coût de l'énergie renouvelable. Face à la montée des prix de l'énergie classique, les investisseurs du secteur privé ont réagi. En 2005, le secteur de l'électricité a ainsi bénéficié d'un apport supplémentaire de 44 milliards de dollars au titre des dépenses d'équipement liées aux technologies de l'énergie renouvelable. Les sources d'énergie renouvelable absorbent maintenant entre 20 et 25 % environ des investissements mondiaux dans le secteur de l'énergie.

Tout en nous concentrant sur la production de nouvelles ressources énergétiques, nous nous employons aussi à réduire notre consommation. L'exemple le plus frappant est celui du programme Energy Star, qui bénéficie d'un soutien public, et qui aide les entreprises aussi bien que les ménages à protéger l'environnement par le biais de l'amélioration considérable du rendement énergétique. Ce programme a ainsi permis aux Américains d'économiser suffisamment d'énergie en 2005 pour éviter de rejeter dans l'atmosphère des émissions de gaz à effet de serre d'une quantité équivalente à celle que produisent 23 millions d'automobiles ; par la même occasion, ils ont réalisé des économies d'énergie d'un montant de 12 milliards de dollars, soit l'équivalent de 4 % de la demande annuelle totale d'électricité des États-Unis.

Des paysannes travaillent dans un champ non loin d'éoliennes, en Inde.
Des paysannes travaillent dans un champ non loin d'éoliennes, en Inde.
Joerg Boethling/Peter Arnold Inc.

La dissémination des technologies au moyen de partenariats entre le secteur public et le secteur privé

Les partenariats plurilatéraux conclus entre les pouvoirs publics, la société civile et le secteur privé tiennent une place fondamentale dans les efforts qui sont déployés en vue de tenir le pari énergétique. Les États-Unis participent à un large éventail de partenariats, les uns conclus avec des petites organisations non gouvernementales américaines qui construisent de simples cuiseurs solaires et qui en démontrent l'emploi dans des camps de réfugiés en Afrique, et d'autres avec des alliances régionales plus vastes, tel le récent partenariat Asie-Pacifique sur le développement propre et le climat. Conclu avec l'Australie, la Chine, le Japon, l'Inde et la Corée du Sud - pays qui sont responsables avec les États-Unis de plus de 50 % de la consommation mondiale d'énergie et des émissions de gaz à effet de serre -, ce partenariat est un accord volontaire qui a pour objectif non seulement d'accélérer l'utilisation des technologies plus propres et à meilleur rendement, mais aussi de faire en sorte que ses pays membres atteignent leurs objectifs nationaux respectifs en matière de réduction de la pollution, de sécurité énergétique et de lutte contre les changements climatiques. Le partenariat Asie-Pacifique se propose d'engager les parties prenantes issues de secteurs économiques essentiels pour qu'elles affrontent selon une approche intégrée les défis qui sont à relever.

Dans le souci d'encourager les alliances entre le secteur public et le secteur privé, l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) a créé l'Alliance pour le développement mondial en 2001. Au moyen de ce nouveau modèle de gestion, l'USAID a financé des programmes qui ont été menés avec près de 400 alliances : l'effet de levier aidant, les crédits publics, à hauteur de 1,4 milliard de dollars, ont entraîné la mobilisation de plus de 4,6 milliards de dollars de la part de l'ensemble des partenaires.

En dernier ressort, le succès des partenariats se mesure à l'aune des résultats concrets obtenus sur le terrain. À cet égard, il convient de citer l'exemple de certains des partenariats qui ont été établis il y a près de quatre ans lors du Sommet mondial sur le développement durable, tenu à Johannesburg. Il y a ainsi lieu de mentionner le Partenariat pour les carburants et les véhicules propres, l'un des 4 liés à des prescriptions de résultats et privilégiant le rôle du marché qui s'insèrent dans l'Initiative du président Bush sur l'énergie propre, stratégie à multiples volets destinée à s'attaquer aux questions de l'accès à l'énergie, de l'augmentation du rendement énergétique et de l'amélioration de la qualité de l'air. En 2002, l'essence vendue dans tous les pays d'Afrique subsaharienne, à une seule exception près, contenait du plomb. En 2005, grâce au concours du Partenariat pour les carburants et les véhicules propres, tous les 49 pays d'Afrique subsaharienne avaient cessé de raffiner et d'importer de l'essence au plomb. Ce changement aura un effet notable sur la santé des 733 millions d'habitants de ces pays.

Les États-Unis sont acquis au principe de la transparence dans la transmission des données concernant les partenariats auxquels ils participent. Dans ce souci, nous avons créé un site internet (www.SDP.gov) qui fournit des informations mises à jour en permanence sur les démarches des partenariats en faveur du développement durable.

L'élaboration d'un cadre stratégique et d'un cadre réglementaire efficaces

La centrale solaire expérimentale Eurelios de l'Union européenne en Sicile.
La centrale solaire expérimentale Eurelios de l'Union européenne en Sicile.
© AP/Wide World Photo

L'une des clés de la dissémination des technologies relatives à l'énergie propre consiste à assurer le développement de marchés capables de les assimiler. L'adoption d'un cadre stratégique et d'un cadre réglementaire efficaces, à l'échelon tant local que national, s'avère indispensable pour encourager les investissements du secteur privé au niveau qui sera nécessaire dans les dizaines d'années à venir.

Le gouvernement des États-Unis progresse à grands pas dans la voie du renforcement de la capacité dans l'ensemble des pays en développement. Qu'il s'agisse d'assurer des services énergétiques fiables dans les quartiers insalubres de l'Inde, d'établir les règles relatives au commerce des produits énergétiques en Afrique australe ou d'accroître la participation de la population aux prises de décisions dans le secteur mondial de l'énergie, nous œuvrons de concert avec les ministères, les services publics d'électricité et les utilisateurs finaux des pays en développement de façon à bâtir le type de structures institutionnelles et du marché qui soient capables d'encourager les investissements dans le secteur de l'énergie.

Par ailleurs, les États-Unis sont fiers de s'associer à leurs collègues du groupe des Huit (G8) et à un certain nombre d'autres partenaires dans le contexte de l'Initiative pour la transparence des industries extractives. Cette dernière contribue à renforcer la gouvernance dans les pays riches en ressources naturelles grâce à la publication intégrale et à la vérification des paiements versés au gouvernement au titre de l'exploitation pétrolière, gazière et minière.

L'encouragement des habitudes démocratiques à l'échelon local

En élargissant l'accès aux services énergétiques modernes, propres, salubres et à bon rendement, on peut aider les populations à sortir de l'ornière de la pauvreté et protéger l'environnement en même temps. Un autre aspect peut-être tout aussi important, c'est que le fait même de fournir ce genre de services offre aux collectivités de splendides occasions de se mobiliser pour apprendre, et mettre en pratique, l'art délicat de la prise de décisions dans un cadre démocratique.

Loin de limiter leurs fondements à l'acte de voter, les démocraties robustes reposent sur les bases de la cohésion sociale et des institutions participatives. Pour les villageois comme pour les habitants de bidonvilles en milieu urbain, l'accès à des services énergétiques est fonction du degré de responsabilité des institutions chargées de servir les collectivités. Beaucoup trop souvent, les décisions politiques sont prises sans qu'il soit pleinement tenu compte des besoins de la population, sans que l'on cherche à déterminer qui recevra quoi, quand, où et comment.

À l'échelle mondiale, un certain nombre d'initiatives novatrices en matière d'approvisionnement en électricité s'attaquent à ce problème en encourageant les structures communautaires de proximité à combler l'écart entre les ménages et les fournisseurs de services. Par exemple, l'USAID a apporté son concours à une alliance, à Ahmedabad (Inde), dans le cadre de laquelle des organisations non gouvernementales locales ont aidé les habitants des bidonvilles à se procurer les titres de propriété foncière et le financement nécessaires pour avoir le droit d'être raccordés légalement au réseau électrique. Les résultats sont impressionnants. Dans le cadre de ce projet pilote, 820 ménages dont l'accès à l'électricité était illégal et peu fiable ont pu régulariser leur situation. Ce programme a été étendu depuis à 115.000 foyers défavorisés en milieu urbain. Dans la ville brésilienne de Salvador, la société productrice d'électricité COELBA a recruté des « agents communautaires » qui ont pour tâche d'aider la population locale et les responsables à cerner et à résoudre les problèmes ainsi qu'à encourager la sobriété énergétique. À ce jour, la COELBA a raccordé plus de 200.000 foyers au réseau. Forts de ce succès, l'USAID et l'Association américaine de l'énergie appuient actuellement un échange Sud-Sud entre la COELBA et son homologue en Angola, l'EDEL.

En faisant participer aux campagnes d'électrification des intermédiaires issus des collectivités, ces programmes renforcent les comportements démocratiques au niveau local. Ils font naître la confiance, créent le capital social, donnent la parole à la population. Ce faisant, ils réussissent non seulement à raccorder des clients au réseau, mais aussi à mettre en valeur la participation à la vie d'une démocratie. Cette expérience et les nouvelles compétences acquises peuvent facilement s'appliquer à d'autres aspects de la vie sociale et politique, ce qui contribue, à terme, à l'établissement d'une culture démocratique plus solide et plus robuste.

Les moyens de relever les défis

Les États-Unis poursuivent l'ambition d'une énergie propre, capable de les aider à surmonter les défis qui les attendent. Notre stratégie consiste à nous appuyer sur la recherche scientifique de la plus haute qualité, à tirer parti des forces du marché, à encourager l'inventivité des créateurs d'entreprise et à œuvrer en synergie avec les pays en développement afin d'atteindre notre double objectif, à savoir celui d'une économie dynamique et d'un environnement propre.

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