La sécurité d'approvisionnement énergétique dans le cadre d'un partenariat mondialPaul Simons
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L'objectif fondamental de la politique énergétique des États-Unis est de garantir que l'approvisionnement de notre pays en énergie est suffisant, sûr et d'un prix abordable dans des conditions qui favorisent la croissance économique et la prospérité. Toutefois, en raison de la mondialisation du marché pétrolier et de l'intégration croissante du marché du gaz naturel, des événements qui ont une incidence négative ou même positive sur la sécurité énergétique d'un pays quelconque peuvent avoir aussi des effets sur la sécurité énergétique des États-Unis et vice-versa. Un attentat contre un oléoduc au Nigeria, les tensions au sujet du programme nucléaire de l'Iran, l'essor de la croissance économique de la Chine et de l'Inde et des catastrophes naturelles comme le cyclone Katrina ont tous eu des effets directs sur la sécurité énergétique mondiale. Il s'ensuit que le meilleur moyen de renforcer la sécurité énergétique des États-Unis est de prendre des mesures pour renforcer celle du monde. Comment peut-on y parvenir ? Le processus actif d'information et de diplomatie en matière d'énergie que les États-Unis poursuivent depuis plus de trente ans est un élément important à cet égard. En tant que principal producteur et consommateur d'énergie du monde, les États-Unis doivent jouer un rôle dirigeant afin de s'attaquer aux problèmes énergétiques du monde et de garantir un approvisionnement sûr à l'avenir. Étant donné l'intégration croissante du marché mondial de l'énergie, des mesures bien coordonnées au niveau international sont nécessaires pour garantir la sécurité énergétique de notre pays. Il incombe aussi à la communauté internationale de veiller à ce que l'approvisionnement et les services dans ce domaine soient suffisants, sûrs et à ce qu'il soient fournis à un prix abordable. La réalisation de cet objectif exige que la politique énergétique des États-Unis sur le plan international ait quatre grands volets :
La diversification de l'approvisionnement Le gouvernement des États-Unis a pris un certain nombre de mesures au cours des ans pour encourager la diversification des sources d'approvisionnement et des voies de transit. Bien que les pays du Moyen-Orient dominent, et ce encore pour de nombreuses années, le marché mondial du pétrole, le développement de nouvelles sources d'approvisionnement dans un certain nombre de pays du monde est un objectif important. Les États-Unis importent de l'énergie de divers pays, dont le Canada, le Mexique, l'Arabie saoudite, le Venezuela, le Nigeria, l'Angola, la Russie et le Royaume-Uni. Nous œuvrons activement avec ces pays et avec de nombreux autres en vue d'encourager la diversité des sources d'approvisionnement et la diversité des modes et des voies de transport de manière à réduire les effets de perturbations éventuelles, qu'elles soient d'origine naturelle ou qu'elles soient causées par l'homme. L'Europe Nous œuvrons de concert avec l'Union européenne en ce qui concerne la coopération de grande ampleur en matière de sécurité énergétique annoncée lors du Sommet États-Unis-Union européenne de 2006, dont un élément important a trait à la diversification des sources d'énergie et d'approvisionnement. À cette fin, nous allons œuvrer de concert avec les principaux pays producteurs et consommateurs d'énergie afin d'encourager leurs efforts de diversification, de coordonner notre action pour fournir une assistance technique de manière à améliorer le cadre juridique et réglementaire en matière d'énergie dans des pays tiers, d'appuyer l'entretien et la modernisation des oléoducs nécessaires à l'acheminement du pétrole, de promouvoir les investissements en matière de diversification et d'analyser les faits géopolitiques dans les principaux pays producteurs et consommateurs d'énergie de manière en vue de coordonner les mesures à prendre. En outre, depuis 2002, les États-Unis apportent une assistance technique au titre de l'application du traité instituant la Communauté de l'énergie pour l'Europe du Sud-Est, qui vise à créer un marché de l'électricité et du gaz dans les pays de transit pétrolier et gazier (la Bulgarie, la Roumanie, la Serbie, la Macédoine, la Bosnie et l'Albanie) avec la participation de la Grèce, de l'Italie, de l'Autriche, de la Moldavie et de la Hongrie. Les pays bordant la mer Caspienne Un des éléments prioritaires de la politique étrangère des États-Unis depuis le milieu des années 1990 est la mise en place de nombreux oléoducs en vue de l'exportation du pétrole et du gaz naturel provenant des pays bordant la mer Caspienne. Cette partie du monde représente l'une des nouvelles sources les plus importantes de pétrole en dehors des pays membres de l'Organisation des États producteurs de pétrole (OPEP), et sa production devrait continuer d'augmenter au cours des prochaines années. Outre le renforcement de la sécurité énergétique, notre politique à l'égard de cette partie du monde vise à consolider la souveraineté et la viabilité économique des nouveaux États, d'accroître la coopération régionale et d'éviter les conflits et les goulets d'étranglement éventuels dus à l'exportation croissante du pétrole par les détroits de la Turquie. L'Amérique latine Les États-Unis bénéficient de leurs bonnes relations avec les autres pays du continent américain. En 2004, 3 des 4 grands pays exportateurs de pétrole dans notre pays étaient des pays américains : le Mexique (15,9 %), le Canada (15,8 %) et le Venezuela (12.9 %). Le Canada est notre principal fournisseur de gaz naturel, tandis Trinité-et-Tobago est notre principal fournisseur de gaz naturel liquéfié. Les États-Unis entretiennent un dialogue permanent avec le Mexique et le Canada en vue d'intégrer le marché nord-américain de l'énergie. Nous appuyons aussi l'Initiative méso-américaine de l'énergie du Mexique, qui est destiné à intégrer le marché de l'énergie de l'Amérique centrale et de la République dominicaine. Nous œuvrons dans tout le continent en faveur du recours à des sources nouvelles et renouvelables d'énergie, en se fondant notamment sur le rôle de chef de file mondial du Brésil dans la production de biocarburants. Les stocks stratégiques de pétrole
Un deuxième grand élément de notre politique énergétique au niveau international est la coopération multilatérale dans le cadre de l'Agence internationale de l'énergie (AEI). Créée à la suite de l'embargo pétrolier arabe de 1973, l'AEI coordonne l'utilisation des stocks d'urgence lors d'événements qui ébranlent le marché mondial de l'énergie. L'ensemble des États membres de l'AEI détient 1,4 milliard de baril de pétrole dans des réserves stratégiques, ce qui représente quelque 115 jours d'importations. La réserve stratégique de pétrole des États-Unis comprend près de 700 millions de barils, soit environ la moitié de la totalité des réserves stratégiques mondiales. En 2005, la mise rapide sur le marché par l'AIE de réserves de ces 26 membres à la suite des cyclones Katrina et Rita ont contribué à stabiliser les cours de pétrole et à empêcher que ces catastrophes ne causent encore plus de perturbations. L'ensemble des membres de l'AIE ont mis sur le marché 60 millions de barils de pétrole. C'est la seconde fois depuis la création de cette agence que des stocks ont été mis sur le marché, mais cette action a eu un effet calmant immédiat sur le marché mondial. Les États-Unis encouragent d'autres grands pays consommateurs de pétrole, tels que l'Inde, la Chine et les États membres de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est à se doter de réserves stratégiques de pétrole et soutiennent l'accroissement des efforts visant à inciter l'Inde et la Chine à coopérer plus étroitement avec l'AEI en ce qui concerne tant les mesures à court terme que les mesures de plus grande portée relatives à la sécurité énergétique et aux technologies. Le dialogue avec les États producteurs Un troisième élément de notre politique est d'entretenir un dialogue avec les grands pays producteurs de pétrole et de gaz naturel. Notre objectif est non seulement d'échanger des informations sur les marchés pétroliers, mais aussi d'encourager les producteurs à maintenir une politique responsable en matière de production, de faciliter l'essor de l'économie mondiale et de réduire les fortes fluctuations des cours des hydrocarbures. Nous entretenons un tel dialogue avec un certain nombre des grands États producteurs de pétrole, en particulier avec les pays du Moyen-Orient, depuis de nombreuses années et, dans certains cas, depuis les années 1980. Ces dialogues ont pris la forme d'échanges bilatéraux officiels avec certains pays et d'entretiens périodiques entre de hauts responsables et dans le cadre de nos ambassades situées dans ces pays. Un signe de la maturité des relations entre les pays producteurs et les pays consommateurs est le fait que les États membres de l'AEI et ceux de l'APEC (Coopération économique Asie-Pacifique) œuvrent de concert avec des membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole en vue d'améliorer l'efficacité et la transparence des marchés pétroliers, de manière à éviter les sortes de surprise qui ont abouti à quelques-unes des pénuries que nous observons à l'heure actuelle. Depuis les années 1990, les États-Unis participent activement au dialogue mondial entre producteurs et consommateurs qui a lieu chaque année dans le cadre du Forum mondial de l'énergie. Ce forum regroupe une cinquantaine de pays et d'organismes internationaux désireux d'encourager une meilleure compréhension de l'évolution du marché international du pétrole et du gaz naturel et de questions s'y rapportant. Situé à Riyad (Arabie saoudite), son secrétariat est à la tête des activités destinées à mettre en application l'Initiative commune sur les données pétrolières, qui vise à améliorer la transparence et l'échange d'informations sur le marché mondial du pétrole. Le rendement énergétique Le choc pétrolier des années 1970 a aussi encouragé des progrès dans le domaine des économies d'énergie et du rendement énergétique. Depuis 1970, l'intensité énergétique des États-Unis, c'est-à-dire le rapport entre la consommation d'énergie et la croissance économique, a diminué de près de 50 % grâce aux économies d'énergie. Nous finançons de programmes qui offrent des incitations en faveur de l'accroissement du rendement énergétique, des économies d'énergie et de la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Par exemple, les États-Unis ont créé les labels Energy Star qui indiquent le grand rendement énergétique des installations dans les immeubles de bureaux et celui des appareils électroménagers ; ces labels ont eu un tel succès que de nombreux pays les ont adoptés. Les sources d'énergie de remplacement Les États-Unis participent aussi à des démarches multilatérales en vue d'obtenir de nouvelles sources d'énergie. Plusieurs pays se sont déjà joints à nous dans le cadre d'un partenariat multilatéral connu sous le nom du Forum international Génération IV, qui effectue des travaux de recherche et de développement d'une nouvelle génération de réacteurs nucléaire plus sûrs, meilleur marché et moins susceptibles d'entraîner la prolifération de matières nucléaires. Nous collaborons avec plusieurs pays à la réalisation de FutureGen, projet visant à créer le premier prototype de centrale intégrée de séquestration du carbone et de production d'hydrogène. Ce projet, dont le budget atteint 1 milliard de dollars, est destiné à créer la première centrale à combustible fossile à émission nulle. Tout récemment, les États-Unis ont présenté une nouvelle conception audacieuse de l'avenir de l'énergie nucléaire intitulée le Partenariat mondial de l'énergie nucléaire. Dans le cadre de ce partenariat, ils coopéreront avec d'autres pays possédant des technologies nucléaires avancées en vue de créer des technologies de recyclage des matières nucléaires qui empêchent la prolifération nucléaire pour accroître la sécurité énergétique tant aux États-Unis que dans le reste du monde, de faciliter l'emploi accru d'une énergie nucléaire économique sans carbone, de minimiser les déchets nucléaires et de réduire les préoccupations au sujet de la prolifération. En outre, les partenaires élaboreront un programme destiné à fournir du combustible nucléaire à des pays en développement, ce qui leur permettra de jouir des avantages de sources abondantes d'une énergie nucléaire propre et sans risque d'une manière rentable en échange de leur engagement à renoncer aux activités d'enrichissement et de retraitement.
Les États-Unis ont contribué à la création ou ont joué le rôle de membre fondateur de plusieurs partenariats internationaux de technologies destinés à faciliter l'échange entre pays de données et d'informations sur les meilleures méthodes tout en réduisant le temps et les dépenses nécessaires pour réaliser de grands progrès techniques. Par exemple, le Partenariat international pour une économie hydrogène a été créé afin de rendre possible la transition mondiale à l'économie hydrogène et de mettre sur le marché des véhicules dotés de piles à combustible en 2020. Le partenariat sur le méthane (Methane-to-Markets Partnership) repose sur une collaboration étroite avec le secteur privé visant à mettre au point des méthodes de captage du méthane qui s'échappe des décharges publiques, des installations de pétrole et de gaz naturel qui sont mal entretenues et des mines souterraines de charbon. Afin d'améliorer la sécurité énergétique, de réduire la pollution et de s'attaquer aux problèmes durables causés par les changements climatiques, les États-Unis ont récemment lancé avec la Chine, l'Inde, le Japon, l'Australie et la Corée du Sud l'Asia-Pacific Partnership for Clean Development and Climate. Ce partenariat portera sur des mesures pratiques que les 6 pays prendront à titre facultatif afin de créer des possibilités d'investissement, de renforcer les capacités locales et de supprimer les obstacles à l'introduction de technologies propres et plus efficaces. En février 2006, le président Bush a annoncé une nouvelle grande initiative, l'Initiative en faveur de l'énergie avancée, destinée à investir dans les nouvelles technologies susceptibles de changer la façon dont nous utilisons l'énergie dans nos logements, nos entreprises et nos automobiles. En développant des technologies telles que les biocarburants, l'hydrogène et l'énergie solaire, nous devrions supprimer les pressions sur les marchés, renforcer le caractère durable de ressources naturelles précieuses et garder les prix de l'énergie à un niveau abordable. Le grand soutien du président aux travaux de recherche relatifs à la production d'éthanol d'origine cellulosique et de piles pour les véhicules hybrides dotés d'un dispositif de raccordement au secteur est particulièrement important pour réduire notre dépendance à l'égard des carburants routiers. Si nous pouvons être certains que le monde aura encore grand besoin de pétrole et de gaz naturel, l'exploitation de sources d'énergie de remplacement est maintenant dans l'intérêt à long terme de tous. Un grand nombre de ces carburants constituent des formes plus propres d'énergie qui complètent nos objectifs en matière d'environnement tout en émettant moins de polluants dans l'atmosphère. La nécessité d'agir dans le cadre d'un partenariat mondial Comme le président Bush et la secrétaire d'État, Mme Condoleezza Rice, l'ont indiqué, nous demeurons préoccupés au sujet des risques économiques de la dépendance des États-Unis à l'égard des importations de pétrole et de l'instabilité au Moyen-Orient, où une grande partie de la production pétrolière a lieu. Par ailleurs, le pétrole est un produit mondial, et des perturbations touchant l'approvisionnement n'importe où dans le monde auront des effets immédiats sur tous les pays importateurs de pétrole, quelle que soit la provenance de leur pétrole. La sécurité d'approvisionnement énergétique occupe une place importante dans l'ordre de priorité du gouvernement des États-Unis. Toutefois, on ne peut y parvenir qu'en œuvrant de concert avec d'autres pays. Les relations bilatérales et multilatérales constituent le moyen par lequel les États-Unis assureront la sécurité de leur approvisionnement énergétique. Il est de leur intérêt national de coopérer avec d'autres pays en vue de garantir qu'une énergie sûre, d'un prix abordable et respectueuse de l'environnement pourra contribuer à leur prospérité du pays et à celle du reste du monde. |
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