Lutter contre la malnutrition
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L'aide alimentaire fournie au Bangladesh permet de nourrir les enfants qui ont faim après des inondations dévastatrices et ou dans d'autres situations d'urgence. L'aide financière permet d'offrir aux enfants les soins médicaux dont ils ont besoin, de les scolariser et de donner aux familles des possibilités de se procurer des revenus. Ces deux types d'aide sont nécessaires indéfiniment dans un pays où près de la moitié de la population n'a pas les moyens de se nourrir convenablement. Ina Schonberg est vice-présidente associée de l'organisation caritative indépendante sans but lucratif Save the Children. Le Bangladesh défraie la chronique le plus souvent lorsque les inondations, la pression démographique et l'extrême pauvreté convergent et se conjuguent. C'est l'un des pays les plus densément peuplés au monde, dont les plus de 130 millions d'habitants vivent dans un delta fertile aux multiples cours d'eau, lacs et bras de mer. Il est sous la menace constante d'inondations et de cyclones auxquels s'ajoutent une pollution croissante et l'épuisement des sols. Malgré des progrès socioéconomiques soutenus, la pauvreté reste largement répandue et profonde. Dans les zones côtières de la région de Barisal, l'insécurité alimentaire est grande et la malnutrition est plus prononcée que dans les autres régions du pays. Le long de la côte du Bangladesh, Save the Children collabore avec d'autres organisations non gouvernementales et les autorités locales pour réduire la malnutrition infantile. Grâce à des vivres fournis par l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), le programme Jibon-O-Jibika (Vie et moyens d'existence) permet de nourrir 180.000 enfants par mois. Les agents du programme se rendent dans les villages les plus reculés pour y vacciner les enfants (conjointement avec les services de la santé publique), suivre leur croissance et dispenser des soins médicaux. Le programme assure en outre l'accès à l'eau potable et aux services d'assainissement, et offre aux familles pauvres de nouvelles possibilités de se procurer des revenus en les aidant à cultiver des jardins potagers. Pour des enfants comme Shireen, ce programme se faisait attendre depuis longtemps. Considérée comme gravement sous-alimentée en raison de maladies répétées et d'un régime alimentaire insuffisant, la petite Shireen risquait fort de décéder avant l'âge de deux ans. Sa mère a été encouragée à participer aux activités mensuelles de Save the Children dans son village par des distributions gratuites de nourriture, et des bénévoles locaux ont travaillé avec le personnel de l'organisation pour améliorer le régime alimentaire de Shireen, qui a commencé à prendre du poids. Le forage d'un puits tubé et la mise en place de latrines sanitaires ont constitué un progrès immédiat pour les membres de la famille de Shireen tout en leur apportant l'espoir d'une meilleure nutrition et d'une réduction des maladies à long terme. En juin 2007, après deux ans de mise en œuvre du programme, les résultats sont impressionnants : Le programme Jibon-O-Jibika de Save the Children vise à amener les mères à modifier leurs habitudes en ce qui concerne l'alimentation des bébés et des enfants en bas âge, ainsi que leur suivi médical. Il veille également à ce que les services médicaux nécessaires soient disponibles. La distribution d'une aide alimentaire modeste encourage les mères des familles les plus vulnérables à l'insécurité alimentaire à suivre des cours de formation pour modifier leur comportement.
Parallèlement, Save the Children collabore étroitement avec les pouvoirs publics locaux et les associations de 66 des zones côtières les plus vulnérables pour faire face aux urgences. Plus de 1 200 bénévoles ont été formés et équipés pour intervenir en cas de catastrophes. Ils prévoient d'améliorer les abris contre les cyclones, font des exercices pour améliorer les alertes, mènent des missions de recherche et de sauvetage après les inondations et procèdent à des évaluations rapides en vue de la distribution de secours d'urgence. L'accès aux stocks alimentaires d'urgence ainsi que la mise en place de l'infrastructure et du personnel nécessaires pour les distributions ont sauvé des vies et réduit la souffrance lors des catastrophes. Une aide alimentaire efficace Des études ont démontré que l'apport d'une aide alimentaire ciblée de manière efficace est essentiel pour assurer la sécurité alimentaire au Bangladesh, non seulement pour les secours d'urgence dans le court terme, mais également pour le développement économique à long terme. Les secours alimentaires ont permis de sauver des vies. L'aide alimentaire étroitement liée à des objectifs de développement bien définis, tels que l'amélioration de l'infrastructure, l'augmentation de la production ou l'appui aux services sociaux tels que l'éducation, a permis de réduire la pauvreté et de contribuer à un accroissement de la sécurité alimentaire des ménages. La constitution de réserves alimentaires et l'emploi de l'aide alimentaire pour réduire les fluctuations des prix des céréales, en particulier pour éviter les effets négatifs sur les producteurs, ont contribué à la stabilité générale de l'approvisionnement en céréales au Bangladesh et tous les habitants en ont bénéficié. Mais il faut davantage que des vivres pour lutter contre la faim. L'efficacité de l'aide alimentaire est maximisée lorsqu'elle est alliée à une aide financière. Il faut des ressources financières, par exemple, pour apprendre aux gens à produire leur propre nourriture, leur fournir les intrants initiaux nécessaires et suivre leurs progrès. Toutefois, dans certains cas, les bénéficiaires de l'aide, en particulier les femmes, préfèrent l'aide alimentaire à l'aide financière, en partie parce qu'elles contrôlent celle-ci plus facilement. Les études menées dans les pays développés comme dans les pays en développement révèlent que la consommation alimentaire est plus élevée lorsque l'on fournit une aide alimentaire directe au lieu d'une aide financière. Au Bangladesh, étant donné la gravité de la sous-alimentation et l'ampleur du phénomène de la faim, l'apport d'une aide alimentaire directe est essentiel. Nouvelles orientations pour l'aide alimentaire Selon certaines estimations, environ la moitié des 143 millions d'habitants du Bangladesh n'ont toujours pas les moyens de s'alimenter convenablement (42 % des ménages vivent en dessous du seuil de pauvreté). Bien que la croissance économique et les politiques régissant les marchés soient indispensables pour éliminer la pauvreté, les 20 % de la population les plus pauvres restent gravement sous-alimentés et incapables de participer aux activités économiques. Il est vital pour eux, pour leur sécurité tant financière qu'alimentaire, qu'un filet de sécurité sous forme d'aide alimentaire directe soit en place.
L'aide alimentaire apportée au Bangladesh diminue du fait de la réduction de l'aide globale au développement. La hausse des prix des biens et des transports ainsi que la réorganisation des priorités du gouvernement américain ont joué un rôle dans la réduction de la disponibilité de l'aide alimentaire. Les répercussions se font déjà sentir sur le terrain sous forme de coupes opérées dans certains programmes de l'USAID. Une pénurie de fonds a retardé la mise en œuvre et l'expansion de certaines activités, telles que le traitement d'enfants souffrant de maladies respiratoires aiguës et de diarrhée. Les distributions de vivres à certains bénéficiaires devront être progressivement supprimées plus tôt que prévu. De plus, les activités visant à réduire la vulnérabilité des collectivités et des ménages aux phénomènes naturels par une préparation adéquate ne seront pas étendues à toutes les zones vulnérables desservies par le programme Jibon-O-Jibika. L'aide alimentaire liée à la réalisation d'objectifs de développement spécifiques a fait la preuve de son efficacité au Bangladesh. Elle a eu pour effet d'accroître les revenus des ménages, de permettre aux filles de faire leurs études et de les terminer, et de réduire l'insécurité alimentaire durant les périodes de disette. L'aide financière, quant à elle, est essentielle pour s'assurer que l'aide alimentaire est programmée de manière efficace de façon à améliorer l'éducation et les soins médicaux, à faciliter l'accès à l'eau potable et à apporter des secours en cas d'inondations. Des programmes novateurs peuvent combiner assistance financière, aide alimentaire et, parfois, transferts de fonds. Étant donné leurs effets positifs, les apports réguliers d'aide alimentaire appuyés par un soutien financier adéquat devraient continuer de figurer au rang des priorités pour le Bangladesh. Les opinions exprimées dans le présent article ne coïncident pas nécessairement avec les vues ou les politiques du gouvernement des États-Unis. |
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