Dans le monde en développement, la génération montante a un rôle critique à jouer pour l'avenir et l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) s'emploie à l'aider à relever les défis qui l'attendent. Une responsable de l'USAID analyse l'accent mis par le Plan d'urgence du président Bush pour la lutte contre le sida sur l'importance de la jeunesse dans ce combat mondial. Les jeunes d'aujourd'hui1, au nombre de 1,7 milliard, constituent la génération la plus nombreuse qui ait jamais entamé la transition à l'âge adulte. Représentant 30 % de la population du monde en développement, ils présentent un ensemble de défis urgents dans les domaines économique, social et politique qu'il est essentiel de relever afin d'assurer le progrès et la stabilité à long terme de la société mondiale. Les valeurs, les attitudes et les connaissances qu'acquerra cette nouvelle génération d'hommes et de femmes, ainsi que les choix qu'elle opérera, influeront sur le cours des événements et façonneront l'avenir de notre planète de façon fondamentale. La jeunesse est une période de formation à la vie adulte. Lorsqu'il est donné aux jeunes la possibilité de participer, ils jouent un rôle catalyseur, contribuant à la promotion de la démocratie, à l'augmentation des revenus, au développement des communautés et au ralentissement de l'épidémie de sida. En Ouganda et en Zambie, les adolescents et les jeunes adultes, par les comportements plus responsables qu'ils ont adoptés, ont eu un impact déterminant sur la réduction des taux d'infection par le VIH. Ceux qui se voient privés de possibilités d'éducation et de progrès sont plus à risque de tomber dans le crime et d'être attirés dans les conflits armés et le terrorisme, portant ainsi atteinte au tissu social. Les jeunes marginalisés tendent également davantage à se livrer à des comportements dangereux qui débouchent sur les grossesses non planifiées, la toxicomanie et l'infection par le VIH. Quand les jeunes, hommes et femmes, n'ont pas les connaissances, les appuis et les possibilités qui leur permettraient de devenir des citoyens productifs, ils ne peuvent pas donner leur pleine mesure, ce qui limite leurs contributions à la société. Ils infligent ainsi des pertes à long terme aux ressources publiques et privées, notamment un chômage accru, des coûts de santé et de sécurité sociale plus élevés et le ralentissement de la croissance économique. Cet état de choses a également un coût intangible, qui est celui de la baisse de qualité des cadres supérieurs dont disposent les pays et la communauté internationale. En tant qu'organisme de développement multisectoriel, l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) traite de multiples aspects des problèmes de la jeunesse. Le taux de chômage des jeunes est en augmentation depuis quelques années. Dans de nombreux pays en développement et en transition, la proportion des chômeurs chez les jeunes de 15 à 24 ans varie d'un tiers à la moitié. La violence politique, l'aggravation de la pauvreté et l'érosion de la cohésion sociale portent atteinte aux structures communautaires et familiales, laissant des millions de jeunes gens orphelins, abandonnés ou encore recrutés de force dans les armées. Face à ces problèmes, l'USAID mène à l'intention des jeunes adultes des activités de formation pratique plus adaptées aux exigences de leur vie quotidienne, pour mieux les préparer à gagner leur vie. Dans les républiques d'Asie centrale, l'USAID cible les jeunes dans le cadre d'initiatives visant à appuyer les valeurs démocratiques et à établir une base de soutien en faveur des réformes économiques et politiques. Les questions de santé et de style de vie exigent également que nous y prêtions attention. Dans le monde entier, l'USAID est résolue à aider les pays en développement à apporter aux jeunes les connaissances théoriques et pratiques, le soutien et les services dont ils ont besoin pour se protéger du VIH. Les jeunes et le sida Le VIH/sida fait aujourd'hui peser une menace très grave sur la vie des jeunes. Environ la moitié de toutes les nouvelles infections par le VIH surviennent dans le groupe des 15 à 24 ans. Dans les pays les plus durement touchés, selon les projections, près de 75 % des personnes âgées aujourd'hui de 15 ans mourront du sida. Néanmoins, les interventions auprès des jeunes offrent actuellement de réelles possibilités d'inverser la tendance des taux d'infection par le VIH, en particulier lorsque les programmes de prévention sont efficaces et les atteignent avant qu'ils ne se livrent à des comportements dangereux. Le Plan d'urgence du président pour la lutte contre le sida, plan quinquennal doté d'un budget de 15 milliards de dollars annoncé en 2003, renforce l'engagement des États-Unis dans le domaine de la prévention du VIH. Il cherche à éviter sept millions de nouvelles infections et accorde une place particulière aux jeunes chez lesquels il encourage l'abstinence et le changement de comportement. Vingt pour cent des fonds du Plan d'urgence du président sont alloués à la prévention et un tiers aux programmes d'abstinence avant le mariage. L'USAID accroît son appui en faveur d'activités orientées dans le même sens. L'environnement social influe profondément sur le comportement des jeunes. L'USAID cherche à renforcer les facteurs protecteurs qui les aident à faire des choix salutaires. En particulier, les bonnes relations avec les parents et d'autres adultes, la fréquentation scolaire et les normes communautaires porteuses forment les préalables à un comportement positif. Inversement, les jeunes dont le milieu familial est instable, qui pratiquent d'autres comportements à risque et qui observent dans leur milieu des modèles négatifs tendent davantage à se livrer à des activités sexuelles précoces et dangereuses. La pauvreté, due notamment à l'impact du sida sur les revenus familiaux, force de nombreux jeunes à quitter l'environnement protecteur du foyer familial et de l'école, ce qui accroît les dangers d'exploitation et de comportements sexuels à risque. Les enfants des rues, les déplacés et les orphelins sont particulièrement exposés à ces dangers. Les jeunes peuvent également ne pas avoir conscience des risques qu'ils courent, par ignorance du VIH. Les jeunes femmes sont considérablement plus à risque d'infection par le VIH. Dans certaines communautés africaines, les taux d'infection chez les femmes de 15 à 19 ans sont six fois plus élevés que chez les hommes du même groupe d'âge. La pauvreté, la vulnérabilité à l'exploitation sexuelle et à la coercition et les relations avec des hommes plus âgés et plus expérimentés en matière sexuelle exposent les filles à davantage de risques. Les facteurs économiques poussent également les filles à échanger des faveurs sexuelles contre de l'argent. L'USAID aide les communautés à reconnaître et à modifier les normes sociales qui exposent les jeunes femmes, et tous les jeunes en général, aux risques d'infection par le VIH. Changer le comportement Le changement de comportement est la pierre angulaire de la prévention de l'infection par le VIH. Plus de 70 % des décès prématurés d'adultes sont liés à des comportements dont l'origine remonte à l'adolescence, tels que l'usage du tabac et les comportements sexuels à risque. L'USAID est partisane de la triple approche qui a fait ses preuves en Ouganda. Baptisée « ABC » en anglais, l'approche réunit l'abstinence [« Abstinence » en anglais], qui consiste notamment à repousser le début de l'activité sexuelle chez les jeunes, la fidélité [« Being faithful » en anglais] et l'emploi systématique du préservatif [« Condom » en anglais]. Cette approche doit s'adapter au contexte du pays ou de la population cible. Pour les jeunes en particulier, l'USAID met l'accent sur les principes A et B. L'Agence appuie les activités d'éducation qui apportent aux jeunes les éléments d'information fondamentaux leur permettant de comprendre le mécanisme de l'infection par le VIH, ce qui les aide à personnaliser le risque et à développer la confiance en soi, la communication avec les autres et l'aptitude à prendre des décisions salutaires. Dans les pays les plus gravement touchés par le VIH/sida, l'activité sexuelle commence tôt, avant le mariage. Les sondages indiquent qu'en moyenne, en Afrique subsaharienne, un peu plus de 40 % des femmes ont eu avant le mariage des relations sexuelles avant l'âge de 20 ans ; chez les jeunes hommes, l'activité sexuelle avant le mariage est encore plus répandue. En outre, une minorité significative de jeunes a fait sa première expérience sexuelle avant l'âge de 15 ans. Les programmes d'abstinence jusqu'au mariage constituent une ressource particulièrement importante pour les jeunes, étant donné que la moitié de toutes les nouvelles infections surviennent dans le groupe d'âge de 15 à 24 ans. Le fait de retarder l'activité sexuelle d'un an seulement peut avoir des effets positifs appréciables sur la santé et le bien-être des adolescents et freiner la propagation de l'épidémie de VIH/sida. En 2004, l'USAID a engagé 117 millions de dollars au titre de nouveaux accords plurinationaux pour mettre en œuvre des programmes d'abstinence et de changement de comportement chez les jeunes dans 14 des 15 pays relevant du Plan d'urgence du président. Treize organisations se sont vu attribuer des subventions quinquennales à l'issue d'un processus d'adjudication concurrentiel. Un nouveau partenaire confessionnel œuvrera avec plus de 1,8 million de jeunes en Haïti, au Kenya, au Mozambique et au Rwanda, ainsi qu'avec les parents, les églises, les écoles et d'autres partenaires locaux pour appuyer les jeunes et les aider à choisir l'abstinence comme le meilleur moyen de prévenir l'infection par le VIH. Un autre nouveau partenaire coopérera avec les bureaux de la Croix-Rouge et les réseaux de bénévoles au Guyana, en Haïti et en Tanzanie pour faire bénéficier 760.000 jeunes d'un programme interactif d'éducation par les pairs. Des manifestations théâtrales, musicales et sportives aideront à mobiliser les communautés pour appuyer l'adoption de comportements sains. La décentralisation de l'USAID permet à celle-ci de répondre à des besoins divers dans des conditions diverses, en harmonisant les messages de prévention au niveau des communautés. Les campagnes des médias de masse font appel à un emploi créatif de vidéos, concerts et émissions de radio et de télévision qui parlent aux jeunes. En Tanzanie, 35.000 jeunes ont célébré récemment la Semaine de la jeunesse, fête populaire, en prenant part à des compétitions sportives, musicales, théâtrales et de rédaction. Plus de 1.000 participants, 40 sélectionnés dans chacune de 32 écoles primaires, portaient des t-shirts marqués de slogans tels que « Oui au travail, à l'exercice et aux études, NON AU SEXE » ou « Une minute de plaisir ne paie pas. ATTENDS ! » Des messages éducatifs sur l'abstinence et la fidélité dans les relations sexuelles étaient intégrés dans les compétitions et il y avait des concours divers, des jeux questions-réponses et d'autres activités. En Jamaïque, une campagne dans les médias encourageant les plus jeunes à l'abstinence et les adolescents plus âgés à des comportements responsables a produit une réduction significative du nombre de grossesses chez les adolescentes. L'enseignement entre pairs fait fond sur les réseaux axés sur les jeunes déjà en place pour établir un environnement sûr et convivial dans lequel les adolescents peuvent aborder les questions délicates. Au Kenya, l'USAID appuie l'Association nationale des guides pour sensibiliser ses adhérentes au VIH, en organisant des concours sur le sujet et des programmes sanctionnés par des insignes de mérite portant sur divers aspects du VIH. Ces programmes offrent un forum où les adolescentes et les jeunes femmes peuvent parler du VIH et s'appuyer mutuellement pour éviter les comportements à risque. Si la prévention est d'une importance primordiale dans les programmes pour les jeunes, ces programmes doivent également comprendre tout l'ensemble des services relatifs à la lutte contre le VIH, notamment les soins et le traitement. Les jeunes séropositifs ont besoin de toute une gamme de services, notamment le soutien psychosocial, la prévention de la transmission de la mère à l'enfant, les soins palliatifs et le traitement antirétroviral. L'USAID appuie l'élargissement de l'accès aux services pour les jeunes sexuellement actifs, tels que l'apprentissage du bon emploi et de l'usage systématique du préservatif, le traitement des infections transmises sexuellement et le dépistage du VIH. Les tests de dépistage du VIH sont importants pour que les jeunes connaissent leur statut sérologique et adoptent des comportements plus prudents. Au Zimbabwe, l'USAID fournit des appuis à 14 centres « New Start » (Nouveau Départ) qui fournissent des services de dépistage et de conseils psychologiques de qualité. Ces services sont proposés aux personnes à risque d'infection par le VIH, notamment aux jeunes ménages et aux adolescents. Les centres New Start dispensent des conseils à leurs clients séropositifs et séronégatifs afin d'encourager les comportements qui évitent et réduisent les risques. Notre avenir La jeunesse actuelle est la plus précieuse de nos ressources et son bien-être présent et futur un élément fondamental du développement dans le monde. Ce sont les pays les plus pauvres et souvent les plus instables sur le plan politique qui auront la population de jeunes la plus nombreuse d'ici à 2020. En conséquence, l'USAID et ses partenaires s'emploient à élargir les programmes destinés aux jeunes dans de multiples domaines et notamment ceux de la santé, de l'éducation, de la formation professionnelle, de la démocratie et de la gouvernance. L'investissement dans la jeunesse aidera les pays en développement à promouvoir des comportements plus sains, à favoriser une croissance économique équitable et à renforcer la société civile. Il aura également pour effet, au fil des générations, de donner aux jeunes, hommes et femmes, des raisons d'espérer en un avenir meilleur. 1. Les jeunes sont définis comme les personnes qui effectuent la transition de l'enfance à l'âge adulte. Le chiffre cité ici est celui du groupe d'âge de 10 à 24 ans.
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