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« Villes de ressources » : jumelages pour le progrès
Charlene Porter
Un programme de l'Agence des États-Unis pour le développement international favorise le jumelage de villes des États-Unis et d'autres pays aux fins de la protection de l'environnement.« Optique planétaire, action locale » : c'est devenu le mot d'ordre du mouvement écologiste. Mais si les slogans sont capables d'inspirer et de motiver, les progrès réels en matière d'environnement sont rendus possibles par une multitude de changements, d'actions et de décisions de la part de particuliers et de gouvernements dans le monde entier. Tout progrès réel en matière d'environnement aura d'autant plus de chances de se réaliser que le processus de prise de décisions s'appuiera sur une planification réfléchie, sur la participation du plus grand nombre à la gestion des affaires publiques, sur un financement sérieux et sur une bonne administration des programmes. Mme Valerie Lemmie, directrice des services municipaux de Dayton (Ohio), a aidé les autorités municipales de Lusaka, en Zambie, à améliorer leurs opérations de ramassage et d'élimination des déchets solides. « Ce n'est pas seulement une question écologique. Il s'agit vraiment d'un problème qui affecte directement la population - c'est une question d'organisation et de capacité. » Mme Lemmie a collaboré avec la municipalité de Lusaka dans le cadre du programme « Villes de ressources » (Resource Cities), parrainé par l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) et dirigé par l'International City/County Management Association (ICMA). Ce programme permet aux fonctionnaires municipaux de pays en transition de tirer parti de l'expérience, des succès et des erreurs de leurs homologues aux États-Unis qui se sont heurtés à des difficultés du même ordre. Les partenariats explorent une gamme étendue de problèmes urbains : protection de l'environnement, développement économique, préservation historique et planification stratégique. Selon Mme Lemmie, ce programme d'écojumelage « a recruté des gens d'expérience, des responsables au quotidien de la prestation de services publics, comme conseillers techniques auprès de leurs homologues ». Dayton a été jumelée avec Lusaka, ville de près de deux millions d'habitants, dans le cadre d'un programme d'échanges de deux ans financé par une subvention de l'USAID. « Le programme s'est avéré fort utile », a affirmé M. Wilson Lungu, directeur de la collecte des déchets solides de Lusaka. Lancé en 1997, le programme « Villes de ressources » atteint son plein régime alors qu'un mouvement de décentralisation de l'autorité publique s'amorce dans le monde entier. Les villes participantes américaines s'efforcent d'aider les autorités municipales à créer une administration plus efficace et plus souple au moment où elles subissent cette évolution politique et où elles tentent tant bien que mal de satisfaire les besoins de zones urbaines en expansion rapide. Trente et un partenariats ont été établis dans le cadre de ce programme dans le monde entier. Ils impliquent plus de 60 villes et associations municipales des États-Unis et d'autres pays. Selon l'ICMA, 20 nouveaux partenariats devraient être mis en place au cours des deux prochaines années. Johannesburg (Afrique du Sud) et Houston (Texas) Les responsables du ramassage et de l'élimination des déchets de Johannesburg et de Houston commencèrent à collaborer en 1997, à une époque où l'Afrique du Sud était en proie à des bouleversements considérables. Pour les administrations locales, la fin de l'apartheid suscita de nouveaux impératifs : elles devaient notamment assurer des services à tous les habitants quelle que soit leur race et créer des possibilités nouvelles et réparties de façon plus équitable pour les fonctionnaires municipaux chargés de la gestion de tels services. Dans le contexte de ce bouleversement national, on ne s'étonnera pas que le public ne se soit pas emballé pour les questions écologiques. « Personne ne s'en souciait », affirme Mme Christa Venter, directrice de la gestion des déchets au sein du Conseil métropolitain de Johannesburg-Est, l'un des quatre conseils locaux de cette ville de 3,5 millions d'habitants. Pour les nombreux pauvres de la ville, la simple survie était un problème nettement plus vital que l'écologie, explique-t-elle lors d'un entretien téléphonique. Cependant, guidés par l'expérience des responsables du traitement des déchets Houston, Mme Venter et ses collaborateurs ont pu lancer une campagne de prise de conscience du public à l'appui d'un programme de recyclage des ordures à Johannesburg. « Si vous essayez de sensibiliser les gens au recyclage, c'est aux déchets ménagers qu'ils penseront sans doute d'abord », poursuit Mme Venter. Forts de ce qu'ils ont appris de Houston, les services de collecte des déchets de Johannesburg se sont associés à une entreprise privée pour lancer un programme de « rachat » ayant le double avantage de recycler les ordures et de procurer des revenus à des chômeurs de la ville. « Les gens ramassent du papier usagé et l'amènent à un centre où nous l'achetons environ 0,20 dollar le kilo. Cette formule procure aux chômeurs une activité qui a l'avantage d'être rémunérée. » Mme Venter ajoute que sa participation au programme « Villes de ressources » l'a aidée à concevoir une « stratégie complète » pour la collecte des déchets, comprenant notamment l'expansion du ramassage dans des quartiers qui en étaient privés, le lancement de campagnes de sensibilisation à l'environnement et la création de partenariats de recyclage avec le secteur privé. Le responsable de la collecte des déchets de Houston, M. Everett Bass, estime que le programme de jumelage lui a fourni une occasion inédite de collaborer avec une société « au moment même de sa métamorphose ». Il était ravi, en particulier, de montrer à ses homologues de Johannesburg comment la diversité était devenue un atout pour l'administration de sa ville culturellement diverse. « Il était important qu'ils aient l'occasion de voir des personnes de couleur occupant des postes d'encadrement et prenant des décisions en matière de traitement des déchets - à tous les échelons de la hiérarchie. » Christa Venter reconnaît que Johannesburg a commencé à participer au programme à un moment où les responsables étaient confrontés au remplacement d'une structure de direction à prédominance masculine et européenne par un système plus inclusif. Elle explique que son service a commencé à évoluer après avoir vu comment Houston avait tiré parti de la diversité raciale de son personnel. « Tout le monde participe réellement à la prise des décisions, car certaines de ces décisions ont été déléguées par la direction supérieure. » En réfléchissant à sa participation à « Villes de ressources », M. Bass conclut que Johannesburg a fait de grands progrès en matière de collecte des déchets, mais que lui aussi en tire une grande satisfaction. « Pour moi, un Noir américain, cela m'a vraiment réchauffé le cœur d'avoir eu le sentiment de participer à la création de la nouvelle Afrique du Sud. Une telle chance m'a procuré un bonheur vraiment indescriptible. » Lusaka (Zambie) et Dayton (Ohio) Les déchets posent problème à Lusaka, cette ville dont l'accroissement démographique sans précédent suscite une multitude de problèmes : surpeuplement, congestion et de piètres conditions de vie. Selon un rapport de l'ICMA sur le partenariat Lusaka-Dayton, la décharge de déchets dans des endroits interdits est « omniprésente » en raison du manque de ressources et de moyens de la municipalité, qui n'est pas capable de ramasser les ordures au-delà des marchés du centre-ville et des quartiers d'affaires. « La situation s'est tout de même nettement améliorée », affirme M. Wilson Lungu à l'occasion d'un entretien par téléphone portant sur sa participation au programme « Villes de ressources ». L'élaboration d'une meilleure stratégie générale de collecte des déchets est l'un des principaux enseignements qu'il a tirés de l'observation des méthodes qu'emploient ses homologues de Dayton et qu'il applique aujourd'hui en Zambie. « Si l'on veut avoir un bon système de ramassage et d'élimination des ordures, il faut une planification adéquate. Il faut prévoir les besoins de stockage, de collecte et de transport. Si cette planification est faite correctement, tous les morceaux du puzzle trouvent leur place, » déclare M. Lungu. La directrice des services municipaux de Dayton, Mme Lemmie, a pu observer les améliorations à Lusaka à la suite du partenariat. « La ville a mis sur pied une formule beaucoup plus efficace de collecte et d'élimination des déchets solides. » Mieux, grâce à ce programme, la population est nettement plus consciente de l'importance que revêt pour sa santé et pour le milieu ambiant l'élimination convenable des ordures, poursuit M. Lungu. « Il faut que les gens apprennent pourquoi ils doivent manipuler les ordures de telle ou telle façon, parce que s'ils ne le comprennent pas, ils créent alors un autre problème, » explique-t-il. Il déclare que son service a lancé un programme d'information du public comprenant brochures, annonces à la radio et réunions publiques pour promouvoir la prise de conscience. « Les réactions et les résultats que nous obtenons sont très encourageants. » Une innovation de Lusaka qui a particulièrement impressionné Mme Lemmie a été la manière dont les responsables zambiens se sont efforcés de faire participer les particuliers et les organisations non gouvernementales à la réorganisation de la collecte des déchets. Elle a vu ses homologues de Lusaka « travailler ensemble, en équipe, à l'amélioration de l'environnement ». Le programme « Villes de ressources » n'a pas apporté de solution magique à tous les problèmes que pose l'élimination des déchets de Lusaka, mais M. Lungu comprend désormais clairement les objectifs prioritaires : créer un centre de stockage des déchets, améliorer leur collecte et leur transport, entretenir le matériel et former le personnel. Pour Valerie Lemmie et ses collègues de Dayton, la participation au partenariat avec Lusaka a suscité en eux une réaffirmation de leur engagement de service vis-à-vis de leur propre communauté. En outre, Mme Lemmie est sûre que la relation entre Dayton et Lusaka se prolongera bien au-delà de la durée de la subvention initiale qui a financé l'écojumelage. « Nous avons rencontré des gens qui, selon moi, resteront pour toujours des amis et des partenaires de la ville de Dayton. » Charlene Porter est rédactrice spécialisée dans les sujets mondiaux au Bureau des programmes d'information internationale du département d'État des États-Unis.
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