Les préoccupations relatives
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L'innocuité des vaccins et la perception des risques Aucun vaccin n'est efficace à 100 % ; aucun vaccin n'est sûr à 100 %. Comme pour tous les médicaments, il existe des risques et des effets secondaires, bien que les effets secondaires graves soient extrêmement rares. Le degré d'innocuité escompté est cependant beaucoup plus élevé dans le cas des vaccins préventifs que pour les médicaments, car :
Des travaux de recherche montrent que certains risques sont plus facilement acceptés que d'autres. Les risques naturels (comme les maladies infectieuses) sont mieux tolérés que les risques dus à l'action de l'homme (comme les effets secondaires des vaccins). Les risques qui touchent les adultes sont également mieux tolérés que les risques qui touchent les enfants. Les risques dont on ne perçoit pas très bien les avantages sont moins bien tolérés que les risques assortis d'avantages bien compris. Prenons par exemple le cas du vaccin contre la rougeole, les oreillons et la rubéole. Parce que ces maladies n'existent plus à l'état épidémique dans les pays industriels, certains parents supposent à tort que le risque de contracter ces maladies est plus faible que la possibilité que le vaccin entraîne chez leur enfant une réaction adverse. Ils en concluent qu'il y a peu d'avantages à faire vacciner leur enfant et qu'il y aurait donc peu de raisons de prendre le risque de déclencher une réaction adverse. Il y a cependant eu une épidémie d'oreillons aux États-Unis en 2006, probablement à la suite de l'épidémie qui s'est produite en Grande-Bretagne. Un seul voyage en avion nous sépare de ces maladies.
La façon dont un risque est perçu dépend de l'expérience et des connaissances de chacun. Une personne qui a subi des effets adverses après avoir été vaccinée - ou qui pense connaître quelqu'un s'étant trouvé dans cette situation - considérera les vaccins comme plus risqués qu'une personne pour qui ce n'est pas le cas. Inversement, une personne qui a survécu à une maladie qui aurait pu être évitée par un vaccin - ou un médecin qui a traité une telle maladie - sera probablement favorable aux vaccins. Bien que les préoccupations que suscite l'innocuité des vaccins soient légitimes et nécessaires, il faut examiner attentivement chaque risque prétendu des vaccinations :
Les informations manquantes Les parents peuvent prendre des décisions en toute connaissance de cause lorsqu'ils disposent d'informations récentes, complètes et scientifiques sur les vaccins. En l'absence de ces informations, beaucoup de personnes risquent d'acquérir un sentiment de sécurité trompeur et de considérer que les vaccins ne sont pas importants. Malheureusement, lorsqu'une collectivité a de faibles taux de vaccination, beaucoup d'enfants, y compris certains de ceux qui ont été vaccinés, sont en danger dès qu'une maladie très contagieuse comme la rougeole fait son apparition dans leur localité. Étant donné la fréquence quotidienne des voyages à l'étranger, la rougeole peut être importée d'un autre pays à n'importe quel moment. Par exemple, en mars 2004, le Centre d'épidémiologie des États-Unis (Centers for Disease Control and Prevention ou CDC) a relaté le cas d'un étudiant qui était venu de l'Inde aux États-Unis alors qu'il était en période d'incubation de la rougeole, ainsi que des cas de rougeole chez des enfants que des parents américains venaient récemment d'adopter en Chine. Tout comme les parents, les chercheurs et les comités d'examen scientifique ont besoin de données pour évaluer les préoccupations relatives à l'innocuité des vaccins. Les travaux de recherche sur l'innocuité des vaccins nécessitent en général de très grandes études souvent coûteuses que l'on n'effectue pas. Lorsque l'innocuité d'un vaccin est mise en doute, il se peut donc que les données nécessaires pour infirmer ou confirmer ces doutes n'aient pas encore été réunies et qu'elles ne puissent peut-être pas l'être avant même plusieurs années de recherche. Les comités d'examen scientifique comme le Comité de l'innocuité vaccinale de l'Institut de médecine n'ont donc souvent pas assez de données pour pouvoir évaluer véritablement les préoccupations qui portent sur l'innocuité des vaccins. L'hypothèse selon laquelle l'utilisation dans les vaccins de thimérosal, agent de conservation contenant du mercure, serait une cause d'autisme constitue un autre exemple de données insuffisantes. L'idée a été pour la première fois avancée en 1999, et la controverse qui a suivi a mis en évidence le dilemme qui se pose lorsque l'on ne dispose pas des données nécessaires. En 2001, lorsque le Comité d'examen de l'innocuité vaccinale de l'Institut de médecine a d'abord examiné la question, il a déclaré que les données dont on disposait ne permettaient pas de parvenir à une conclusion. En d'autres termes, on manquait d'informations. En 2004, les données scientifiques étaient disponibles en bien plus grand nombre, et le comité a pu conclure que ces données infirmaient l'hypothèse d'un lien entre les vaccins et l'autisme. Les mauvais renseignements Certaines inquiétudes quant à l'innocuité vaccinale persistent malgré les preuves qui les démentent. Même lorsque la plus grande partie des milieux scientifiques considère que la question est réglée, il se peut que des doutes subsistent chez certaines personnes défendant divers intérêts, comme des avocats, des journalistes ou des parents bien intentionnés mais mal informés. Malgré les preuves considérables dont on dispose aujourd'hui pour rejeter l'hypothèse selon laquelle les vaccins seraient source d'autisme, certains continuent d'affirmer qu'il existe un rapport de cause à effet. Ces affirmations, qui se fondaient auparavant sur un manque d'information, relèvent aujourd'hui de désinformation. Malheureusement, une personne mal informée qui a une idée toute faite des vaccins a à sa disposition de nombreux outils perfectionnés pour diffuser ces mauvais renseignements et pour semer la confusion sur l'innocuité des vaccins. La désinformation se présente sous de nombreuses formes et peut être diffusée à grande échelle par les médias et d'autres moyens, entraînant une diminution des taux de vaccination et un risque accru de maladie. On trouve souvent sur l'Internet de mauvais renseignements sur les vaccins. Certains sites Web font état, par exemple, de vues opposées à la vaccination des nourrissons et des enfants. Ils présentent diverses affirmations qui ne s'appuient sur aucun document scientifique ayant fait l'objet d'un examen collégial. Les sites Internet de désinformation ont tendance à passer outre ou à déformer les études scientifiques en s'appuyant à la place sur des anecdotes émouvantes de problèmes qui sont arrivés à des enfants ou qui coïncidaient dans le temps avec une vaccination. Malheureusement, les mouvements d'opposition à la vaccination ont également eu un effet négatif sur la santé publique au fil des ans. Il ressort d'une étude publiée en 1998 par la revue médicale britannique « The Lancet » que l'opposition au vaccin contre la coqueluche a donné lieu à des épidémies de cette maladie dans plusieurs pays. Adaptation par la rédaction des Dossiers Mondiaux, avec l'autorisation de ses auteurs, d'un article de Martin Myers et Diego Pineda (2007) intitulé « Vaccine Misinformation » © National Network for Immunization Information. Le document original (en anglais) est publié à l'adresse http://www.immunizationinfo.org/immunization_issues_detail.cfv?id=52 Le Réseau national d'information sur la vaccination (NNii) est affilié à la Société américaine des maladies infectieuses, à la Société des maladies infectieuses pédiatriques, à l'Académie américaine de pédiatrie, à l'Association américaine du personnel infirmier, à l'Académie américaine de médecins de famille, à l'Association nationale d'infirmières pédiatriques, au Collège américain d'obstétriciens et de gynécologues à et à l'Association médicale américaine.
Les opinions exprimées dans le présent article ne reflètent pas nécessairement les vues ou la politique du gouvernement des États-Unis. |
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