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Le Sommet mondial de Johannesburg
marque le début d'un nouveau chapitre
de l'histoire du développement durable


Paula Dobriansky
Sous-secrétaire d'État aux affaires internationales


Le Sommet mondial sur le développement durable qui aura lieu prochainement à Johannesburg donne à la communauté internationale une occasion unique de stimuler le développement durable. Pour y parvenir, il faudra œuvrer de concert pour faire en sorte que tous les pays se dotent d'institutions solides et appliquent des politiques judicieuses et que des partenariats se forment entre les secteurs public et privé afin de parvenir à des résultats concrets.


Dans un discours marquant prononcé le 14 mars à la Banque interaméricaine de développement, le président Bush a annoncé une importante augmentation des programmes américains d'aide au développement et confirmé l'engagement des États-Unis en faveur d'une nouvelle conception de l'assistance au monde en voie de développement. « Le progrès du développement est un élément capital de la politique étrangère des États-Unis. En tant que nation fondée sur la dignité et la valeur de l'individu, les États-Unis compatissent vivement aux souffrances et morts inutiles auxquelles leur monde assiste. Ils œuvrent en faveur de la prospérité et des débouchés parce que c'est la bonne chose à faire », a souligné M. Bush.

Le Sommet mondial sur le développement durable, qui aura lieu du 26 août au 4 septembre 2002 à Johannesburg, donne à la communauté internationale une possibilité historique de stimuler de nouveau et de réorienter la poursuite du développement durable.

À la Conférence de Rio sur l'environnement et le développement tenue en 1992 et durant les dix années qui ont suivi, la majeure partie de l'infrastructure nécessaire à un développement durable a été mise en place. Pour tenir la promesse de cette décennie - un véritable développement durable - le Sommet de Johannesburg doit marquer le début d'un nouveau chapitre dans lequel nous nous concentrerons sur la mise en œuvre des mesures arrêtées et sur la recherche de résultats concrets. Pour ce faire, nous devons œuvrer de concert pour obtenir que les pays aient les institutions solides et les politiques judicieuses qui sont indispensables pour assurer un avenir prospère à leurs populations et à notre planète. Nous devons former avec les autres gouvernements, les milieux d'affaires et des représentants de la société civile, des partenariats qui assureront le succès des mesures sur le terrain.

Le legs de Rio : tout développement doit être durable

Depuis Rio, il y a dix ans, le monde a pris conscience du fait que le développement doit être durable, que les trois piliers du développement durable - la protection de l'environnement, le développement économique et le développement social - doivent être parallèles. Chacun de ces piliers étant intrinsèquement lié aux autres, la recherche efficace du développement durable exige une approche équilibrée qui intègre ces trois éléments.

C'est à Rio et dans la période qui a suivi qu'a été mise en place l'infrastructure permettant de parvenir au développement durable. La Déclaration de Rio et le Programme Action 21 nous fournissent des principes directeurs et nous montrent la voie à suivre pour les appliquer. Les accords environnementaux multilatéraux qui intègrent de façon équilibrée ces trois piliers du développement durable, ainsi que des mécanismes volontaires tels que l'Initiative internationale pour les récifs coralliens et le Conseil de l'Arctique, nous aident à résoudre les problèmes écologiques. Les objectifs internationaux de développement contenus dans le Rapport du millénaire du secrétaire général des Nations unies nous fournissent également les moyens d'encourager le développement économique et social.

Principes directeurs pour la décennie qui suivra Johannesburg

En prévision du Sommet de Johannesburg, nous devons maintenant passer de la mise en place des structures à la mise en œuvre du développement durable sur le terrain.

Pour tous les pays - qu'ils soient industrialisés ou en voie de développement - le développement durable doit commencer sur le plan local. La protection de l'environnement, le développement économique et le progrès social reposent tous sur une bonne gestion des affaires publiques qui doit s'accompagner de l'économie de marché, d'institutions stables et de l'État de droit. Le développement durable ne peut être obtenu dans un climat où la corruption bat son plein, où la propriété privée n'est pas protégée, où les marchés sont fermés et les contrats privés inapplicables.

Dans son discours du 14 mars, le président Bush a souligné l'importance de la bonne gestion des affaires publiques, promettant un accroissement de 5 milliards de dollars de l'aide au développement dans le cadre d'un nouveau contrat en faveur du développement international. En contrepartie de cet engagement supplémentaire, les États-Unis demandent aux pays en voie de développement d'adopter des mesures de réforme et des politiques propices à un développement effectif et durable.

Une politique économique judicieuse, de solides institutions démocratiques répondant aux besoins de la population et l'amélioration de l'infrastructure sont à la base d'une croissance économique durable, de l'élimination de la pauvreté et de la création d'emplois. La liberté, la paix et la sécurité, la stabilité intérieure, le respect des droits de l'homme, y compris le droit au développement, l'État de droit, l'égalité entre les sexes, une politique axée sur le marché et un engagement général envers une société équitable et démocratique sont également indispensables et se renforcent mutuellement. Sur le plan opérationnel, des institutions efficaces, ainsi que l'éducation, la science et la technologie sous-tendant la prise de décisions, l'accès à l'information, la participation des intéressés et l'accès à la justice sont cinq des éléments indispensables pour créer une infrastructure nationale rendant possible le développement durable.

Poser les bases solides d'un développement durable est une responsabilité qui incombe aux pays industrialisés comme aux pays en développement. Aux États-Unis, nous tenons souvent ces éléments pour acquis, même si nous cherchons à améliorer nos efforts dans ce domaine. De nombreux pays en voie de développement reconnaissent l'importance fondamentale de ces questions pour le développement durable, mais ils commencent tout juste à chercher à les mettre en pratique.

Le rôle des partenariats

Une autre idée importante que notre pays et d'autres participants souligneront au Sommet de Johannesburg est la conviction que les partenariats entre les secteurs public et privé impliquant la participation des gouvernements à tous les niveaux et celle des ONG, des milieux d'affaires et autres intéressés, sont indispensables pour parvenir au développement durable. Aux États-Unis, des mesures concrètes visant le développement durable sont prises dans ce but, non seulement sur le plan national mais au niveau des États et des administrations locales. Et il est rare qu'elles n'impliquent que le gouvernement ; la plupart du temps, les mesures sont prises dans le cadre de partenariats avec les milieux d'affaires et la société civile.

Le Sommet mondial sur le développement durable devrait servir de tremplin à ces partenariats. Les États-Unis donneront l'exemple en cherchant à coopérer avec les intéressés et les autres gouvernements dans plusieurs secteurs clés, entre autres :

- la santé - l'énergie - l'eau - l'éducation - les océans et les côtes - la sécurité alimentaire, l'agriculture écologiquement durable et le développement rural - les forêts

Un nouveau chapitre

Le Sommet mondial sur le développement durable nous donne une possibilité exceptionnelle de franchir une nouvelle étape sur la voie du développement durable. Le président Bush a clairement précisé la volonté des États-Unis de donner l'exemple. Nous avons une destination en vue. Pour l'atteindre, nous devons tourner notre attention vers l'application des mesures arrêtées. C'est en œuvrant de concert pour renforcer les bases de la bonne gestion intérieure des affaires publiques qu'exige le développement durable et en formant les nouveaux partenariats menant à des résultats concrets que nous pourrons assurer le succès du Sommet de Johannesburg.

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