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La lutte contre la traite des personnes dossiers mondiaux

Les pays en voie de développement
prennent position contre la traite des personnes


L'article suivant est extrait du troisième « Rapport annuel sur la traite des personnes » établi par le département d'État américain pour rendre compte des efforts déployés à travers le monde par les gouvernements pour lutter contre les cas graves de traite des êtres humains. Le chapitre qui suit décrit les mesures précises et souvent peu coûteuses que prennent de nombreux pays en voie de développement pour lutter contre ce trafic.

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Un engagement international : partager les meilleures méthodes

Un certain nombre de mesures contre la traite des personnes ont été mises en lumière lors de la préparation du rapport précité et dans les contacts qui ont eu lieu, tout au long de l'année, entre le Bureau du département d'État spécialisé dans la lutte contre ce trafic, les gouvernements étrangers et les organisations internationales et non gouvernementales. Un grand nombre de ces efforts sont particulièrement remarquables du fait qu'ils font apparaître des mesures peu ou pas coûteuses applicables de façon durable. De nombreux pays en voie de développement ont des pourcentages élevés d'enfants qui travaillent et ils se heurtent au problème du travail forcé et de l'exploitation du commerce sexuel. Plusieurs d'entre eux ont établi des comités locaux de vigilance ou de surveillance dans le but d'aider les autorités à sauver les enfants, à appréhender les trafiquants et à empêcher ces derniers de se livrer à leurs activités. Certains gouvernements à court d'argent préviennent les habitants des zones concernées des dangers que représente ce trafic au moyen de réunions avec des chefs locaux et des responsables religieux, ethniques ou communautaires ; ils établissent dans les écoles des clubs sur les droits de l'enfant ; ils mènent des campagnes nationales de sensibilisation du public au moyen de la radio et de la télévision, de dessins animés, de causeries, de pièces de théâtre et de débats télévisés, et ils concluent des accords régionaux pour lutter contre la traite des personnes. Après avoir entendu les victimes puis obtenu la participation des collectivités locales, beaucoup d'entre eux renforcent maintenant leur partenariat avec les organisations non gouvernementales et internationales, qui sont bien placées pour aider les victimes.

« La Carte rouge contre le travail des enfants ». Durant la Coupe africaine des nations, des gouvernements africains, l'OIT et la Fédération des associations internationales de football se sont associés à des compagnies aériennes, à des footballeurs africains célèbres, à des personnalités du monde musical et à des stations de radio et de télévision à travers l'Afrique pour lancer une campagne contre le travail des enfants à l'échelle du continent. Les stations de radio et de télévision ont diffusé des chansons et des annonces d'intérêt public pendant tout le mois de la Coupe. Dans le cadre de cette campagne, les compagnies aériennes ont distribué aux supporters qui suivaient ces rencontres des « cartes rouges » indiquant qu'ils soutenaient l'élimination des pires formes de travail des enfants. Cette campagne a été reprise dans d'autres régions du monde et le sera notamment lors de la prochaine Coupe du monde. Plusieurs pays africains, notamment la Côte d'Ivoire et le Ghana, continuent de diffuser ces spots télévisés contre le travail des enfants durant leurs matches de football locaux et nationaux.

Cibler les transporteurs. Par des réunions, des briefings et des panneaux publicitaires, le gouvernement du Bénin met en garde les transporteurs et leurs syndicats, ainsi que les chauffeurs de taxi et de camion, des dangers du trafic des personnes. En outre, des comités locaux de vigilance ont recours à des chefs locaux ainsi qu'à des femmes respectées dans leur collectivité pour aider à légitimer l'importance de l'application des peines prononcées contre les trafiquants.

Lutter contre le tourisme sexuel. Le gouvernement du Brésil lutte contre le tourisme sexuel en demandant aux hôtels de prendre des mesures contre la prostitution des enfants dans leurs locaux. Les hôtels qui participent à ce programme ont droit à une étoile supplémentaire dans le classement de leur établissement. Le Brésil distribue aussi des brochures aux touristes afin de les informer des pénalités associées à l'exploitation des mineurs. Le gouvernement de Gambie demande aux visiteurs de renseigner la police sur les touristes sexuels et l'exploitation sexuelle des enfants dans le cadre d'un programme spécial de dénonciation. Tout étranger qui fait une demande de permis de séjour est tenu de faire prendre ses empreintes digitales. Cela permet au gouvernement de vérifier ses antécédents criminels éventuels et d'empêcher les trafiquants de se livrer à leurs activités dans le pays. Le projet de loi sur le tourisme soumis à l'Assemblée nationale contient des mesures de protection des enfants contre le tourisme sexuel. Les gouvernements gambien et hollandais ont créé une unité spéciale de la police pour dépister et surveiller les pédophiles hollandais en Gambie.

Sensibilisation du public. Le gouvernement du Mozambique s'est associé à des organisations internationales et non gouvernementales dans le cadre de festivals, de débats nationaux de la jeunesse, de bals, de pièces de théâtre et de la conception d'affiches, pour sensibiliser le public au problème de la prostitution des enfants. Les stations de radio et les chaînes de télévision sont saturées de messages contre l'exploitation des enfants. Le gouvernement organise également, à l'intention de la police, des ateliers qui mettent l'accent sur le rôle des forces de l'ordre dans la protection des enfants.

Mobilisation des masses. Le gouvernement du Bangladesh et des donateurs internationaux ont mené pendant un mois une campagne de marches à travers le pays pour attirer l'attention sur la traite des personnes et autres crimes perpétrés contre les femmes. Des particuliers et des personnalités officielles ont participé à ces marches qui visaient à apprendre aux collectivités à accueillir et à aider les victimes.

Mobilisation des enfants. Le gouvernement tanzanien enseigne aux enfants à veiller les uns sur les autres. Lorsqu'ils voient l'un de leurs camarades se faire maltraiter ou sur le point d'être exploité, ils utilisent un sifflet en bois qu'ils ont appris à fabriquer pour signaler l'enfant en difficulté. Les membres de la collectivité alertés par ce signal de détresse viennent alors au secours de l'enfant en question.

À l'écoute des enfants exploités. Le gouvernement de Sierra Leone diffuse une émission radiophonique intitulée « La voix des enfants » réalisée et interprétée par des enfants pour aider les mineurs de ce pays à se remettre des effets psychologiques de la guerre civile.

Interdiction de l'utilisation d'enfants comme jockeys de chameau. Le gouvernement des Emirats arabes unis (EAU) est le premier à interdire l'emploi, comme jockeys de chameau, d'enfants trop jeunes ou d'un poids insuffisant. Des tests d'ADN sont utilisés pour déterminer la parenté des enfants qui arrivent dans les Emirats arabes unis dans le but d'y travailler comme jockeys de chameau, ainsi que la radiographie des os de la main pour établir l'âge des candidats à un tel emploi. Ces méthodes évitent aux autorités de se baser sur des papiers d'identité susceptibles d'être faux.

Coopération entre pays d'origine et pays de destination. La police des Emirats arabes unis et des organisations non gouvernementales ouzbèkes coopèrent au sauvetage et au rapatriement des victimes de la traite des personnes. Les EAU collaborent également avec le gouvernement du Bangladesh pour rapatrier dans de bonnes conditions les enfants utilisés comme jockeys de chameau. Le gouvernement d'Arabie saoudite a ouvert un centre d'information au Sri Lanka, source importante de main-d'œuvre étrangère, pour renseigner les travailleurs sur leurs droits et responsabilités et sur les coutumes en usage en Arabie saoudite. Cette initiative vise à familiariser les travailleurs éventuels - en particulier les femmes - avec le genre de vie qu'ils seront censés mener dans le Royaume et à les aider à éviter des malentendus avec leurs employeurs. Dans les aéroports d'Arabie saoudite, une entrée séparée est réservée aux travailleurs étrangers pour permettre aux autorités de les renseigner sur leurs droits et responsabilités et de leur indiquer des points de contact au cas où ils auraient besoin d'assistance. Le Royaume-Uni a nommé des représentants du ministère public en tant que magistrats de liaison dans les pays d'origine des travailleurs ainsi qu'en Espagne, en Italie et en France.

Récompenser la police. Dans l'État d'Andhra Pradesh, en Inde, le rapport d'appréciation d'un fonctionnaire de police tient compte des efforts qu'il déploie pour appréhender les trafiquants d'êtres humains et enquêter sur leurs activités.

Aide aux victimes. Le gouvernement marocain utilise des assistants sociaux pour faciliter le rapatriement des enfants utilisés comme domestiques. Les diplomates marocains en poste dans les pays de destination reçoivent une formation spéciale sur la traite des personnes et se rendent dans les communautés d'expatriés marocains pour y déceler la présence éventuelle de victimes. Dans ses ambassades au Moyen-Orient, le gouvernement sri-lankais a déployé des assistants sociaux chargés de venir en aide aux victimes de la traite des personnes. La République kirghize a des bureaux chargés d'identifier ses ressortissants vulnérables qui travaillent en Russie. La police ukrainienne travaille en étroite collaboration avec un réseau actif d'organisations non gouvernementales pour assister les victimes de la traite des personnes.

Surveillance des frontières. Au Népal, d'anciennes victimes travaillent aux principaux postes frontaliers, aux côtés de la police des frontières, pour identifier les trafiquants et leurs victimes. Ces personnes sont à même de détecter les victimes éventuelles et de leur fournir de l'aide. Le gouvernement de Colombie affecte des agents dans les aéroports pour qu'ils repèrent les futures victimes probables de la traite des personnes et s'entretiennent avec elles tandis qu'elles attendent l'heure de leur départ. Dans bien des cas, ils réussissent à mettre les femmes en garde contre les dangers que leur font courir les trafiquants et de nombreuses victimes en puissance renoncent à partir. Le gouvernement roumain facilite la coopération policière transfrontalière et aide à coordonner dans toute la région des opérations policières conjointes contre la traite des personnes.

Protection des témoins. Le gouvernement sri-lankais encourage l'enregistrement sur bande vidéo des témoignages fournis par des enfants et autres victimes et les admet comme preuve dans les procès des trafiquants. L'utilisation d'un enregistrement atténue l'effet traumatisant des dépositions.

Coopération policière entre le gouvernement et les ONG. Le gouvernement thaïlandais réunit des représentants de l'administration et des ONG dans un groupe de travail intergouvernemental pour mettre au point et appliquer des stratégies globales contre la traite des personnes. Les ONG s'emploient à identifier les victimes, transmettent les informations qu'elles recueillent au gouvernement, qui procède alors à des descentes de police dans les maisons de prostitution et communique les noms et adresses des victimes aux ONG pour que celles-ci leur fournissent un abri et une assistance. À leur tour, les ONG obtiennent des victimes des renseignements tels que le nom et l'adresse des trafiquants, qu'elles transmettent aux autorités pour faciliter le travail de la police. Ce processus assure un échange régulier d'informations au niveau tactique. Un groupe spécial de ce genre existe dans l'État d'Edo au Nigeria.

Attirer l'attention sur les clients. Non contente de fermer les maisons de prostitution qui emploient les victimes de la traite des personnes, la police sud-coréenne menace de publier les noms des propriétaires et clients de ces établissements. Un grand nombre de ces propriétaires sont des personnalités éminentes et cette stratégie s'avère très efficace sur le plan de la dissuasion.

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