Salubrité de l'air : trente ans de progrèsJeffrey Holmstead
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Selon pratiquement toutes les mesures, l'air que nous respirons aux États-Unis est plus propre aujourd'hui qu'il ne l'a été depuis que nous avons commencé à en surveiller la qualité en 1970. Ce succès est d'autant plus remarquable que le public se souciait relativement peu de la pollution atmosphérique avant les années 1960. En fait, ce n'est qu'à partir de l'adoption de la loi de 1963 sur la salubrité de l'air que les États-Unis ont commencé à s'intéresser sérieusement aux relations qui existent entre la pollution atmosphérique et la santé publique. Depuis cette date, la loi sur la salubrité de l'air a été renforcée et améliorée, les amendements les plus notables y ayant été apportés en 1970, 1977 et 1990. Le point de la situation actuelle Conformément à la loi sur la salubrité de l'air, l'Agence de protection de l'environnement (EPA) a centré son action sur six principaux polluants atmosphériques qui ont un impact significatif sur la santé publique et l'environnement : l'ozone, les matières particulaires, le monoxyde de carbone, le dioxyde d'azote, le dioxyde de soufre et le plomb. Depuis la promulgation par le président Nixon de la loi de 1970 sur la salubrité de l'air, les émissions de ces polluants ont été réduites de plus de moitié, les émissions annuelles étant passées de 273 millions de tonnes à 133 millions de tonnes. Lorsque l'on considère chacun de ces polluants, les réductions sont tout aussi impressionnantes. Au cours de la même période, les émissions de plomb ont diminué de 98 %, celles de composés volatiles organiques (qui contribuent au smog dans la basse atmosphère) de 54 %, celles de monoxyde de carbone (CO) de 52 %, celles de dioxyde de soufre (SO2) de 49 % et celles des oxydes d'azote (NOx) de 24 %. Le fait peut-être le plus remarquable est que ces réductions ont été obtenues durant une période de croissance économique soutenue. De 1970 à nos jours, la croissance de l'économie américaine a dépassé 187 %, les véhicules-kilomètres parcourus aux États-Unis ont augmenté de 171 % et la consommation d'énergie y a augmenté de 47 %. La pollution particulaire, risque majeur pour la santé Au cours de la dernière décennie, nous avons appris que la pollution particulaire, et notamment celle qui est due aux particules fines (dites MP2.5), constitue la menace environnementale la plus grave pour la santé publique aux États-Unis. Les chercheurs des établissements relevant de l'État et du monde académique estiment que l'élévation des concentrations de particules fines est responsable de dizaines de milliers de décès prématurés dans le pays chaque année.
La bonne nouvelle, c'est que nous avons déjà réalisé des progrès notables dans la lutte contre la pollution particulaire. Depuis qu'elle a établi une nouvelle norme nationale pour les particules fines en 1997, l'EPA s'est attelée avec les administrations des États et des collectivités locales à la tâche monumentale de la surveillance des concentrations de ces particules dans l'ensemble du pays. Notre rapport le plus récent sur la pollution particulaire indique notamment que :
Nos progrès en matière de propreté de l'air sont souvent mesurés en fonction de la réduction de la concentration des différents polluants atmosphériques. Mais il est également important d'aller au-delà de ces améliorations écologiques et d'examiner ce qu'elles apportent à notre santé et à notre bien-être : ces progrès nous permettent de vivre en meilleure santé et plus longtemps. En fait, les programmes d'assainissement de l'air de l'EPA évitent chaque année des milliers des décès et des centaines de milliers de cas de maladies, telles que les cancers et les atteintes à long terme aux appareils immunitaire, nerveux, reproductif et respiratoire. Bien que nous soyons fiers de ces succès, nous savons également à l'EPA qu'il reste beaucoup à faire. La mauvaise qualité de l'air continue de porter atteinte à la santé des habitants dans de nombreuses zones urbaines et les émissions réduisent souvent la visibilité dans de nombreuses régions du pays, notamment dans les parcs nationaux. Des programmes opérants Ces dernières années, l'EPA a collaboré avec des spécialistes du secteur public et du secteur privé pour formuler des méthodes de quantification des avantages de la réduction de la pollution atmosphérique pour la santé publique. Ces méthodes, qui ont été validées par l'Académie nationale des sciences et qui sont aujourd'hui largement acceptées, nous permettent de faire porter notre attention sur les programmes qui présentent la plus grande valeur pour la société. Elles permettent également de comparer les avantages des nombreux programmes de lutte contre la pollution atmosphérique qui ont été mis en œuvre au fil des ans. Les cinq programmes les plus bénéfiques par leurs effets sur la santé publique sont les suivants :
Une caractéristique frappante qui ressort de cette liste est qu'après plus de 30 ans de réglementation visant la pollution atmosphérique, trois des cinq programmes de l'histoire de l'EPA ont été adoptés au cours des cinq dernières années seulement et deux d'entre eux pas plus tard que l'année dernière. Deux développements ont autorisé ces progrès : une meilleure compréhension de la part des autorités gouvernementales et de l'industrie de la nécessité de lutter contre la pollution particulaire (ainsi que contre les émissions de SO2 et de NOx, qui contribuent à la formation de particules fines) et les avancées technologiques concernant notamment les moteurs diesel et les centrales électriques. Le plus récent des règlements de l'EPA est le règlement interétatique sur la salubrité de l'air (CAIR), qui diminuera substantiellement la pollution dans l'est des États-Unis en réduisant les émissions de SO2 des centrales électriques de plus de 70 % et celles de NOx de plus de 60 %. Il imposera également des limites permanentes aux émissions qui produisent du smog et de la suie. Une fois ce règlement pleinement appliqué, ses avantages se chiffreront à près de 2 milliards de dollars du fait de la réduction de la brume dans les parcs nationaux de l'est du pays.
Et chose plus importante, de tous les règlements adoptés par l'EPA depuis la fin des années 1970, celui-ci apportera les plus grands avantages pour la santé, soit près de 100 milliards de dollars par an d'ici 2015. À partir de cette date, il évitera tous les ans quelque 17.000 décès prématurés, 1,7 million de jours de travail perdus, 500.000 jours de classe perdus, 22.000 crises cardiaques non mortelles et 12.300 hospitalisations. Quelques jours après l'adoption de ce règlement, l'EPA en publiait un second visant à réduire les émissions de mercure des centrales électriques : le règlement sur le mercure pour la salubrité de l'air est conçu pour s'appliquer en tandem avec le premier et procède selon une approche souple et polyvalente visant la réduction des émissions de SO2, de NOx et de mercure des centrales électriques. Tout comme le premier règlement, le règlement sur le mercure limite les émissions par un mécanisme de plafonnement et d'échanges axé sur le marché qui sera appliqué en deux phases. Dans un premier temps, de leur niveau actuel de 48 tonnes, les émissions de mercure seront ramenées à 31 tonnes d'ici à 2010 ; dans un second temps, elles seront réduites de 70 % par rapport à leur niveau actuel. En instituant cette mesure, les États-Unis sont devenus le seul pays au monde qui réglemente les émissions de mercure des centrales électriques au charbon. Le succès des programmes de l'EPA relatifs à la propreté de l'air n'est pas dû qu'à des mesures législatives et réglementaires. Une bonne part de nos progrès peut être attribuée à des programmes volontaires élaborés conjointement avec les États fédérés, l'industrie et les organisations environnementales. L'une de ces initiatives est le programme Energy Star, bénéficiant de l'appui gouvernemental, qui aide les entreprises et les particuliers à protéger l'environnement en favorisant l'efficacité énergétique. Par le biais de partenariats avec des centaines d'organisations, Energy Star a éliminé des millions de tonnes d'émissions de gaz à effet de serre tout en réduisant les coûts pour les consommateurs. En 2004, les programmes volontaires de l'EPA ont réduit les émissions de gaz à effet de serre d'un montant équivalent à celui qui serait obtenu par l'élimination de 32 millions de voitures. Les efforts internationaux de l'EPA
Étant donné que la pollution atmosphérique ne s'arrête pas aux frontières géographiques, les États-Unis agissent au niveau international pour reproduire dans le monde entier les succès obtenus sur leur territoire. À titre d'exemple, on notera que moins de la moitié du mercure déposé dans l'environnement aux États-Unis provient de sources situées dans le pays. La présence de mercure dans l'air est un problème mondial qui exige des solutions mondiales. En outre, même si nous parvenions à éliminer complètement le dépôt de mercure aux États-Unis (de sources américaines et extérieures), de nombreux Américains resteraient néanmoins exposés à des teneurs élevées de ce métal. Pratiquement toute l'exposition au mercure aux États-Unis résulte de la consommation de poisson contaminé, qui est importé à plus de 80 % du reste du monde. L'EPA estime que la combustion du charbon, la production de chlore-alcali (produit chimique chloré utilisé dans le traitement chimique, la fabrication des plastiques, les services environnementaux et le nettoyage des métaux), l'utilisation de mercure dans divers produits et l'emploi du mercure pour la petite exploitation aurifère dégagent collectivement quelque 80 % des rejets anthropiques de mercure dans l'atmosphère. Il convient de noter, toutefois, que près des deux tiers des émissions annuelles de mercure au niveau mondial proviennent de sources naturelles, telles que l'activité volcanique, et de la « ré-émission » de mercure déjà déposé dans l'environnement. Lors de la réunion de février 2005 du Conseil d'administration du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) à Nairobi, les États-Unis ont proposé une initiative visant à développer les partenariats à multiples parties prenantes afin de mieux appréhender les mécanismes du transport du mercure au niveau mondial et de réduire les rejets de mercure dans ces secteurs clés. Le Conseil d'administration du PNUE a reconnu que les partenariats constituent une modalité utile qui permettra de progresser en vue de la réduction de la consommation et des émissions de mercure. Les États-Unis prévoient de lancer des partenariats dans ces cinq domaines au cours des mois à venir. L'EPA a mis en œuvre des initiatives analogues pour les autres polluants atmosphériques. Étant donné que les transports constituent la principale source de pollution atmosphérique en milieu urbain dans le monde en développement, l'une des grandes priorités de l'EPA est le Partenariat pour les combustibles et les véhicules propres (www.unep.org/PCFV), lancé au Sommet mondial sur le développement durable en Afrique du Sud en août 2002. Cette initiative, qui réunit 75 partenaires internationaux du secteur public, de l'industrie et du secteur non gouvernemental, vise à éliminer l'essence au plomb au niveau mondial et à réduire simultanément la teneur en soufre des carburants en adoptant des technologies propres pour les véhicules. L'élimination de l'essence au plomb en Afrique est un domaine prioritaire pour le partenariat et pour l'EPA. Depuis 2002, les pays d'Afrique subsaharienne accomplissent d'immenses progrès dans ce domaine. À l'heure actuelle, plus de 50 % de l'essence consommée dans les pays de la sous-région et de nombreux autres pays ont établi un calendrier d'élimination progressive complète du plomb. Des financements américains appuient l'apport d'expertise technique, des ateliers pour les parties prenantes, des activités de sensibilisation du public, la formation du personnel de stations-service et la réalisation d'études des taux de plomb sanguins en Afrique du Sud, au Ghana, au Kenya et au Nigéria. Dans le cadre de ce même partenariat, en juin 2004, l'EPA a aussi lancé le Projet de modernisation du diesel de Mexico en coopération avec le World Resources Institute et l'Agence des États-Unis pour le développement international. Ce projet vise à démontrer les améliorations de la qualité de l'air et de la santé humaine qui peuvent résulter de l'utilisation combinée de carburants à basse teneur en soufre et de technologies de modernisation des moteurs diesel. Il a déjà permis de constater une réduction de 90 % des émissions particulaires pour les nouveaux autobus ainsi modernisés et consommant du carburant à très faible teneur en soufre. Le projet de Mexico fait fonction de modèle pour des interventions de l'EPA dans d'autres régions du monde, notamment à Pékin (Chine), Pune (Inde), Santiago (Chili) et Bangkok (Thaïlande). L'avenir Malgré les défis qui restent à relever, nous avons accompli des progrès appréciables dans nos efforts d'amélioration de la qualité de l'air dans l'ensemble des États-Unis et, étant donné les mesures prises ces cinq dernières années, nous savons que ces progrès sont appelés à se poursuivre pendant de longues années. Nous entendons persévérer dans ce sens aux États-Unis et partager les leçons que nous avons tirées de nos activités avec nos partenaires de par le monde. Du fait du déplacement de la pollution atmosphérique autour du globe, ces efforts internationaux contribueront à améliorer la qualité de l'air aux États-Unis ainsi que la santé et le bien-être de la population du monde entier.
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