En s'attaquant au World Trade Center, le réseau Al-Qaïda visait les institutions de la démocratie capitaliste. Un grand économiste d'une société d'investissement de Chicago argue qu'il a échoué, les institutions et l'économie des États-Unis s'étant en grande partie remises des attaques.
Oussama ben Laden déclarait dans une vidéo enregistrée vers la fin de l'année 2001 que les attaques du 11 septembre "avaient frappé l'économie des États-Unis en plein cœur". Heureusement, il avait tort. L'économie des États-Unis a été égratignée en ce terrible jour, mais il est clair que son pouls demeure vigoureux.
De fait, elle a prouvé qu'elle avait du ressort. En dépit des dommages considérables qu'ils ont subis, de l'ordre de 120 milliards de dollars, et de la profonde angoisse dans laquelle ils ont été plongés, un an après les attentats les États-Unis sont en plein redressement économique.
L'examen des répercussions des événements du 11 septembre sur l'économie des États-Unis se trouve compliqué par l'existence de nombreux phénomènes survenus simultanément. Selon le Bureau national de la recherche économique, l'économie américaine est entrée dans une phase de récession en mars 2001 et, comme nous le savons maintenant, les trois premiers trimestres de 2001 ont affiché une croissance négative. Pendant les onze mois qui ont précédé les attentats, la production industrielle avait évolué à la baisse, et les cours de la bourse suivaient le même chemin, en particulier dans le secteur de haute technologie.
Depuis, les scandales financiers qui ont secoué diverses entreprises ont fait naître des doutes quant à la véracité des bilans comptables des sociétés. Ces scandales ont sapé la confiance et plongé les investisseurs dans la consternation. Les décideurs auraient pu aggraver la situation en assommant les entreprises à coups de règlements excessifs, mais le texte sur la fraude des entreprises auquel le président Bush a donné force de loi garde le sens des proportions et il contribuera à calmer les craintes du marché.
Au bout du compte, l'irresponsabilité des sociétés relève d'un phénomène passager. Les organes chargés de faire appliquer la loi et la punition que les lois du marché infligeront aux coupables placeront les présidents-directeurs généraux dans l'obligation de mettre de l'ordre dans leurs affaires. Quatre-vingt-dix-neuf pour cent des hommes d'affaires américains sont honnêtes, et le climat né des récents scandales va sûrement avoir un effet nettement dissuasif sur la fraude.
Malgré ces notes discordantes, 45 jours après les attentats, la demande globale avait repris le dessus, et le produit intérieur brut (PIB) réel enregistrait au troisième trimestre de 2001 une baisse inférieure (-0,3 %) à celle du trimestre précédent (-1,6 %) calculée juste avant les événements. Si les compagnies aériennes et l'industrie hôtelière continuent de pâtir du ralentissement de leurs activités, les rentrées dans d'autres secteurs ont non seulement épongé, mais aussi largement compensé, les pertes enregistrées dans les secteurs liés aux voyages.
Certaines données économiques récentes semblent évoquer de nouvelles faiblesses potentielles dans l'économie, mais toutes ne sont pas révélatrices d'une évolution négative. Le nombre des demandes initiales d'allocation de chômage ne cesse de reculer, les ventes au détail demeurent robustes, la construction de logements va bon train et le niveau des stocks reste peu élevé. Indépendamment des craintes, donc, l'économie des États-Unis donne toutes les apparences de tenir bon.
La résistance de l'économie des États-Unis tient à trois raisons. La première, c'est que la Réserve fédérale a diminué les taux d'intérêt à trois reprises dans la foulée des attentats, ce qu'elle avait déjà fait huit fois au cours des huit mois précédant les attaques. La deuxième, c'est qu'en mai 2001 le président Bush a donné force de loi à un texte mettant en place la première réduction d'impôts depuis 1986, et qu'au début de 2002 le Congrès a adopté un train de mesures de relance de l'économie, notamment par le biais de la baisse de la pression fiscale pour les entreprises.
Enfin et surtout, la productivité a continué d'évoluer à la hausse tout au long de la récession. Phénomène anormal, certes, mais révélateur d'un fort potentiel de croissance. Par ailleurs, pour les deux premiers trimestres de 2002, la productivité non agricole a fortement augmenté, représentant une augmentation annuelle de 4,8 % par an, ce qui a eu pour effet de relancer la croissance du PIB et de consolider la reprise.
Comme le suggère l'évolution à la hausse des tendances tant cycliques (monétaires et fiscales) qu'à long terme (productivité), l'économie des États-Unis a en fait les reins plus solides que depuis le milieu de l'année 2000. Si l'économie risque de traîner comme un boulet le surcroît des coûts associés aux transports, à la sécurité, à l'assurance et à la protection accrue de l'infrastructure, avec les conséquences que l'on devine sur la croissance des États-Unis dans les années à venir, le fait est que ces coûts devraient se trouver facilement absorbés par le fort accroissement à long terme de la productivité.
Par comparaison avec les pertes essuyées lors des guerres précédentes, le coût des attentats du 11 septembre et celui des contre-attaques en Afghanistan sont faibles. Les États-Unis ont prospéré en dépit des deux guerres mondiales, de la guerre de Corée, de la guerre du Viêt Nam et de l'opération "Tempête du désert". C'est leur attachement à une économie de marché démocratique qui donne aux Américains la force de résister à ces conflits. Bien qu'Al-Qaïda ait attaqué un flambeau du capitalisme en plein cœur du monde de la finance, l'esprit d'entreprise est bien vivace aux États-Unis.
Envenimer les choses
L'économie a beau avoir du ressort, elle n'échappe pas pour autant à la conjoncture. Bien avant le 11 septembre, elle manifestait déjà des signes incontestables de faiblesse. La production industrielle a atteint son point culminant en septembre 2000, mais à partir de cette date jusqu'en août 2001, elle a régressé tous les mois sans exception. L'emploi était à son zénith en mars 2001, mais 495.000 postes avaient disparu avant les attentats. En outre, les marchés boursiers des États-Unis avaient déjà commencé à encaisser de rudes coups. Le 10 septembre, l'indice Standard et Poor 500 avait baissé de 28,5 % par rapport à son point culminant, et le Nasdaq de 66,4 %.
Nonobstant la fermeté des dépenses de consommation et des ventes au détail, on fait remonter la récession à mars 2001, soit cinq mois avant les attentats. La question de savoir ce qui a provoqué la chute des stocks et la récession a fait couler beaucoup d'encre, et de nombreuses personnes s'accordent à dire que ce double phénomène découle logiquement d'une bulle des investissements. Pour autant, les catalyseurs de la récession n'apparaissent pas aussi clairement.
La Réserve fédérale a poussé les taux réels d'intérêt à la hausse en 1999 et en 2000 jusqu'à les porter à leur point culminant depuis plus de dix ans. De même, en 2000, les impôts calculés en tant que part du PIB ont atteint un niveau sans précédent en temps de paix. À 20,8 % du PIB, ils prenaient la plus grosse part de la production du pays depuis 1944, à l'époque de la Deuxième Guerre mondiale. Quand les taux réels d'intérêt et les impôts atteignent des niveaux aussi lourds, l'économie ne peut qu'en pâtir.
Heureusement, le 3 janvier 2001, alors que le taux des fonds fédéraux s'élevait à 6,5 %, la Réserve fédérale a entrepris une série de baisses des taux d'intérêt. Comme ce taux était très élevé au départ, il a fallu attendre mai 2001 pour qu'il soit suffisamment bas (en l'occurrence moins de 4,5 %) et qu'il ait un effet bénéfique sur l'économie. Le décalage de six à neuf mois entre la baisse des taux et le ressaisissement de l'économie laissait présager qu'un vrai redressement ne pourrait s'opérer avant novembre 2001 au plus tôt.
Quand Al-Qaïda est passé à l'acte, les mesures prises par la Réserve fédérale et le gouvernement Bush avaient déjà préparé le terrain à la reprise économique. Début septembre, le taux des fonds fédéraux avait été diminué de moitié pour se situer à 3,25 %. Le président Bush s'était fait le champion de la baisse d'impôts la plus opportune de l'histoire, et les Américains pouvaient mieux disposer de leur argent. Les attentats ont peut-être retardé la reprise, mais ils n'ont certainement pas causé la récession.
Les conséquences économiques immédiates du 11 septembre
Les retombées à court terme des attaques ont été considérables. On estime à 40 milliards de dollars la prise en charge, par les compagnies d'assurances, des coûts liés aux pertes en vies humaines et en biens. Encore ces coûts directs font-ils pâle figure à côté des coûts indirects. Dans tout le pays, des centres commerciaux et des restaurants ont fermé leurs portes pendant au moins 24 heures ; les bâtiments à haut risque (telle la tour Sears de Chicago) ont été évacués ; les avions sont restés cloués au sol ; et pas une transaction boursière ne s'est faite pendant quatre jours consécutifs.
En septembre 2001, les ventes au détail ont accusé une baisse de 6 milliards de dollars (2,1 %) ; les commandes de biens durables ont diminué de 11,6 milliards (6,8 %) ; et on a enregistré 50.000 demandes supplémentaires d'indemnités de chômage, soit la hausse mensuelle la plus forte depuis août 1982. En septembre, la production industrielle a reculé de 1 %. Quand les marchés boursiers ont repris leur activité, le 17 septembre, l'indice S et P 500 a affiché une nouvelle baisse de 7 %, tandis que le Nasdaq a dégringolé de 9,9 % avant d'atteindre le creux de la vague le 21 septembre.
Les grandes compagnies aériennes ont immédiatement réduit leurs vols de 30 %, mais malgré cette diminution les avions n'étaient pas remplis. Dans les hôtels, le taux d'occupation des chambres a fortement baissé, et 1,1 million d'emplois ont disparu de l'ensemble de l'économie au cours des quatre derniers mois de 2001. Pour la période se terminant au 29 décembre 2001, le Bureau des statistiques du travail a attribué 408 plans de licenciements de grande ampleur (définis comme étant ceux qui prévoyaient l'élimination d'au moins 50 emplois) aux conséquences directes ou indirectes des attaques, 70 % de ces licenciements ayant eu lieu dans le secteur des transports aériens et celui du tourisme.
En outre, en raison de la surveillance accrue aux frontières et aux terminaux de transport de marchandises, des engorgements sont apparus dans les systèmes de gestion de la chaîne de l'offre. Les expéditions de biens durables ont affiché une perte de 9,2 milliards de dollars en septembre 2001 à cause des problèmes de transport qui ont entravé le flux des commandes et entraîné la hausse du coût de transport des marchandises.
Cette liste de points noirs est loin d'être exhaustive. Les compagnies aériennes ont immédiatement reçu du gouvernement des prêts d'un volume total de 15 milliards de dollars et elles en réclament davantage. Les coûts de l'assurance ont monté en flèche, les primes affichant dans certains cas une hausse de 300 %, voire plus, par rapport aux niveaux en vigueur avant le 11 septembre. Un mécanisme a été mis en place en vertu duquel les entreprises paient d'autant plus cher en assurance qu'elles se trouvent à proximité de centres politiques et financiers.
Dans le même temps, le coût de la sécurité s'est considérablement alourdi. Outre l'augmentation du nombre de gardiens dans la plupart des grands immeubles en milieu urbain, des procédures de vérification qui prennent beaucoup de temps ont été mises en place. Certaines entreprises sont allées jusqu'à installer des machines à rayon X et des détecteurs de métaux.
Sur le plan des incitations, les événements du 11 septembre ont modifié le coefficient risque/récompense dans l'économie des États-Unis. Non seulement les risques (de perturbations du commerce et des milieux d'affaires, pertes à la clé) sont plus élevés, mais les récompenses sont moindres du fait de l'augmentation des coûts de sécurité. Survenue si peu de temps après le passage brutal à la phase descendante dans le secteur manufacturier, une récession et l'effondrement des cours de la bourse, cette modification des incitations à investir avait de quoi inquiéter.
La reprise
Malgré tout, l'économie des États-Unis a vite repris du poil de la bête. En l'espace de quelques jours, consommateurs et entreprises se sont ressaisis. Les fabricants d'automobiles ont proposé des prêts sans intérêt, et les ventes de voiture ont fait un bond. Les ventes pour douze mois étaient passées à 16,4 millions de véhicules en août 2001 à 15,9 millions en septembre, mais sans l'effet bénéfique des incitations proposées en fin de mois, la baisse aurait été plus prononcée. D'ailleurs, en octobre, les ventes de véhicules ont atteint le chiffre annuel sans précédent de 21,3 millions d'unités.
D'autres détaillants ont eux aussi baissé leurs prix, et les pertes essuyées en septembre ont été compensées par les gains enregistrés en octobre. Exclusion faite du secteur de l'automobile, les ventes au détail ont reculé de 1,2 % en septembre, mais ont progressé d'autant en octobre. Une tendance similaire s'est fait jour dans les commandes de biens durables, lesquelles ont diminué de 6,8 % en septembre mais augmenté de 9,2 % en octobre.
Il est à noter que tout ressaisissement de l'activité économique s'est trouvé noyé en 2001 dans la récession en cours. L'économie a repris assez rapidement la tendance qui la caractérisait avant les événements, celle-ci restant affaiblie. Malgré les ravages provoqués par les attentats, le PIB réel a progressé à un taux annuel de 2,7 % au quatrième trimestre.
À la surprise de plus d'un, les consommateurs sont restés fidèles, et s'ils se sont abstenus de voyager, ils ont quand même dépensé leur argent. Fin 2001 et début 2002, les cinémas n'ont cessé de battre leurs propres records d'entrées. Les ventes de maisons neuves ont elles aussi connu un succès sans précédent en 2001, tandis que les ventes d'appareils électroniques et électroménagers ont progressé à un taux annuel de 23,3 % au quatrième trimestre.
La recrudescence de la demande de drapeaux américains dans la foulée des événements du 11 septembre a même donné un coup de pouce à l'économie mondiale, parce que les fabricants des États-Unis ont dû faire appel à des industriels de Chine qui, à eux seuls ont fourni en 2001 plus de la moitié du volume des importations de drapeaux, d'une valeur totale de 51,7 millions de dollars.
S'ils ont influencé le comportement des consommateurs, les attentats du 11 septembre sont restés pratiquement sans effet sur le rythme des dépenses de consommation. Ceci tient en partie à la décision prise rapidement par la Réserve fédérale de réduire les taux d'intérêt à trois reprises vers la fin de 2001. En portant à 1,75 % le taux des fonds fédéraux, la Réserve fédérale a pratiquement garanti l'accélération rapide de l'activité économique vers le milieu de 2002. De surcroît, la baisse des taux d'intérêt juste avant les attentats avait déjà commencé à sortir l'économie de sa torpeur.
L'arme secrète
Mais c'est peut-être le robuste accroissement de la productivité qui explique le mieux la résistance des États-Unis. L'une des pierres de touche les plus révélatrices de la force des tendances sous-jacentes de la productivité, c'est la performance de ces tendances pendant les phases de ralentissement économique et de chocs externes. De toute évidence, la productivité des États-Unis pendant la récession de 2001 et après les attentats du 11 septembre s'est révélée spectaculaire.
Une vague de nouvelles technologies a déferlé sur tous les secteurs de l'économie des États-Unis. Les progrès réalisés dans le domaine des semi-conducteurs, des logiciels et des techniques de communication préfigurent la transformation de l'économie américaine, qui s'éloigne de la base industrielle au profit d'une économie fondée sur l'information, tout comme l'introduction de machines avait signalé le passage de l'ère agricole à l'ère industrielle.
Malgré l'effondrement des cours dans les domaines de la technologie de pointe, les inventions et la créativité induites par les investissements considérables qui ont caractérisé les années 1980 et 1990 continuent de stimuler les entreprises des États-Unis. La gestion de la chaîne de l'offre, l'accès à l'information en temps réel, la cartographie du génome humain, les achats par le biais de l'internet, les transactions boursières sans papier, les capteurs de guidage utilisés dans le système de positionnement global, et la généralisation des lecteurs optiques de barre de code dans le commerce de détail ne constituent qu'une liste partielle des avancées de la technologie depuis une vingtaine d'années.
Fait plus important encore, des études récentes indiquent que les entreprises n'utilisent que 20 à 30 % des moyens techniques à leur disposition. Dès lors, on peut dire avec une bonne dose de certitude que la productivité continuera d'évoluer résolument à la hausse dans les années à venir. Ceci aura pour effet d'accroître les revenus et les profits tout en tenant l'inflation en échec : c'est l'environnement idéal pour créer la richesse. La productivité est l'arme secrète du capitalisme. Sans elle, il ne peut y avoir de croissance. Avec elle, les chocs externes, tels les attentats du 11 septembre, se révèlent beaucoup moins douloureux.
L'adversité forme le caractère
Depuis la fondation des États-Unis d'Amérique, l'expérience de la démocratie dans une économie de marché a produit des résultats incroyables. Au départ simple regroupement d'un petit nombre de colonies, les États-Unis sont aujourd'hui l'économie la plus importante et la plus productive au monde.
Entre 1947 et 2001, le PIB réel ajusté pour tenir compte de l'inflation a progressé à un taux annuel moyen de 3,5 %, en passant de 1,5 billion de dollars à 9,3 billions de dollars. En 2001, le PIB réel des États-Unis s'élevait à 23,1 billions de dollars de plus qu'en 2000, et ce malgré les pertes dues aux événements du 11 septembre et à la récession.
Nombreux sont ceux qui pensent que les États-Unis ont atteint leur potentiel et qu'ils pourraient être sur le point d'entrer dans une phase de croissance économique au ralenti, mais ce n'est pas prouvé. Les prévisions de cette nature ne sont pas nouvelles, mais elles se sont toujours révélées erronées. Le surcroît des coûts sur le plan de la sécurité, des transports et des assurances constitue effectivement un boulet potentiel pour la croissance, mais il demeure mineur par rapport au taux de croissance potentielle du PIB réel.
La technologie contribue d'ores et déjà à réduire le coût de la sécurité, et il continuera d'en être ainsi à l'avenir. En outre, les réseaux "neuronaux" artificiels, les capacités de recherche de banques de données en temps réel et les scanners rehausseront la sécurité à l'avenir. D'aucuns redoutent que ces technologies puissent porter atteinte à leur vie privée, mais grâce à elles, il devient de plus en plus difficile pour les terroristes d'opérer aux États-Unis. À mesure qu'ils reprendront confiance, les Américains se remettront à voyager.
Par ailleurs, la prise de conscience de la vulnérabilité des États-Unis à une attaque directe représente une évolution importante et qui mérite impérativement d'être notée. Avant les événements du 11 septembre, les primes d'assurance et l'évaluation des risques péchaient par insuffisance. Maintenant que les primes sont en hausse et les cours de la bourse en baisse, le marché surestime sûrement les risques. À la longue, ces réactions vont s'équilibrer.
Enfin, les attentats ont réussi là où les tentatives politiques visant la détente ont échoué pendant près de 90 ans : ils ont donné lieu à la création d'une alliance étroite entre la Russie et les États-Unis. Aujourd'hui le deuxième producteur de pétrole au monde, la Russie est devenue un acteur de taille sur les marchés énergétiques et, en déjouant la hausse des cours mondiaux du brut, elle a contribué à la reprise économique.
Conclusion
Le capitalisme dépasse le contexte des bâtiments et des avions. Il est incarné dans les institutions et les membres de la société. Les terroristes ont détruit bien des talents financiers par leurs actes maléfiques et lâches du 11 septembre, mais les institutions des États-Unis et leur talent créateur, dans une grande mesure, demeurent intacts.
Au bout du compte, l'économie a vite repris le dessus. En un mois de temps, les Américains ont marqué un temps d'arrêt pour réfléchir à la situation, ils ont pris le parti de contre-attaquer et ces citoyens les plus producteurs de la planète se sont remis au travail. Oussama ben Laden a raté son coup.
Economiste de grande réputation, M. Wesbury a été membre de la commission économique conjointe du Congrès.
Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement les vues ou la politique du gouvernement des États-Unis.
Retour au début
| Sommaire - Dossiers mondiaux, septembre 2002
| Revues IIP
| Accueil IIP