"L'air est empreint d'un sentiment d'espoir et de liberté qui a été absent pendant de nombreuses années. Agissant dans une perspective à long terme, le gouvernement des États-Unis s'emploie à donner au peuple afghan des occasions de gagner sa vie, de se faire instruire et de bénéficier de soins médicaux au sein d'une société stable, gouvernée par des dirigeants justes." Andrew Natsios, administrateur de l'USAID
L'Afghanistan présente l'une des situations les plus difficiles, sur les plans humanitaire et du développement, auxquelles l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) ait jamais eu affaire.
Des années de guerre civile, aggravées par la présence des talibans au pouvoir et la pire sécheresse de mémoire d'homme, ont ravagé le pays. Des 26,8 millions d'habitants que compte l'Afghanistan, environ la moitié vivent dans la misère. La malnutrition est monnaie courante. Cinquante pour cent des Afghans sont chômeurs, et 70 % analphabètes. Les atteintes systématiques aux droits de l'homme du temps des talibans ont eu pour effet de bloquer l'accès des femmes à l'éducation, aux soins médicaux et au travail, les empêchant de subvenir à leurs propres besoins et à ceux de leur famille. Pratiquement toutes les institutions du pays et une grande partie de son infrastructure ont été détruites.
Lorsque rien n'est fait pour l'améliorer, un tel environnement devient un terrain propice au terrorisme et à d'autres mouvements déstabilisateurs. Déterminée à soutenir la guerre contre le terrorisme et fidèle à la tradition américaine de l'aide aux nécessiteux, l'USAID s'est engagée à participer à l'élaboration d'un avenir meilleur pour le peuple afghan.
L'USAID n'a ménagé aucun effort afin de lui faire parvenir l'assistance dont il avait le plus grand besoin. Même avant les attentats du 11 septembre, l'Afghanistan était le plus gros bénéficiaire de l'aide humanitaire octroyée par les États-Unis, ayant reçu 174 millions de dollars au cours de l'année budgétaire 2001.
Depuis ces attentats, les États-Unis continuent de jouer un rôle de chef de file pour ce qui est de satisfaire le besoin urgent en matière de vivres, d'eau, d'abris et de médicament en Afghanistan. L'acheminement en temps record d'une quantité sans précédent de denrées alimentaires, par les bons soins du Programme alimentaire mondial (PAM) de l'ONU et grâce au concours financier de l'USAID, a permis de sauver de nombreuses vies. La majeure partie du blé, de l'huile et des lentilles qui lui ont été livrés provenait des États-Unis et ces aliments ont nourri plus de 9 millions d'hommes, de femmes et d'enfants.
Les États-Unis se sont engagés à allouer près de 300 millions de dollars au cours de l'année budgétaire 2002 au titre des secours à l'Afghanistan et à la reconstruction du pays. Sur cette somme, 184 millions sont gérés par l'USAID. Depuis la chute des talibans et l'établissement de l'administration provisoire afghane, le pays commence à concentrer ses efforts sur la reprise et la reconstruction, bien que la sécheresse se poursuive.
Certes, les secours humanitaires s'avèrent encore nécessaires, mais ceci n'empêche pas l'USAID d'accentuer son action en faveur de la reconstruction. L'USAID s'est fixé quatre objectifs en la matière : rétablir la sécurité alimentaire et revitaliser l'agriculture aussi bien que les autres secteurs qui font vivre la population ; reconstruire le système d'enseignement en ruines ; améliorer la santé ; et consolider les institutions afghanes en vue d'assurer la stabilité à long terme. Mais c'est l'agriculture qui forme la clé de voûte du développement durable.
L'USAID œuvre en liaison avec l'administration provisoire afghane, les organisations humanitaires et le reste de la communauté internationale de façon à commencer la construction d'une société sécurisée, stable et capable de répondre aux besoins de son peuple, élément sous-tendant la disparition de l'environnement propice au terrorisme.
La remise en état de l'agriculture
Traditionnellement, l'agriculture représente le secteur le plus important de l'économie afghane, mais l'instabilité, conjuguée à quatre années de sécheresse, a ravagé la capacité de production alimentaire du pays et appauvri les cultivateurs.
La période de sécheresse risque de se prolonger pendant au moins 12 à 18 mois, mais c'est à long terme que se mesure l'engagement de l'USAID.
L'agriculture emploie plus de 70 % des Afghans, et l'USAID aide les agriculteurs à rétablir la production et à travailler de manière plus rentable et plus efficace. Notre agence s'emploie notamment à remettre en état le système d'irrigation et à mettre à la disposition des agriculteurs des outils, du matériel agricole, 15.000 tonnes d'engrais, des vaccins pour le bétail et 7.000 tonnes de semences qui sont destinées à être plantées au printemps et qui pourraient produire 125.000 tonnes de vivres. Au cours des deux prochaines années, l'USAID fournira 48.000 tonnes de semences, ce qui signifie que la production agricole pourrait enregistrer une hausse de 772.000 tonnes. Les variétés améliorées de semences qui sont plantées résistent à la chaleur et elles laissent présager une augmentation de la production de l'ordre de 80 à 100 %.
Les cultivateurs et les petits commerçants se sont lourdement endettés pendant les années de sécheresse et d'instabilité. Criblés de dettes, les agriculteurs se tournent vers la culture du pavot en vue du trafic de stupéfiants et ils marient leurs filles à un jeune âge. L'USAID s'emploie donc à revitaliser l'économie rurale en encourageant les cultures de grande valeur, telle la culture de fruits, notamment de raisin, et celle de légumes. Des Afghans sont embauchés pour des travaux de réfection de l'infrastructure de base, par exemple la remise en état des routes qui relient les fermes aux marchés ainsi que des systèmes d'irrigation, et sont rémunérés en liquide. Dans la province d'Helmand, les agriculteurs qui cultivaient autrefois le pavot, dont on tire l'opium, ont saisi sans hésiter l'occasion offerte par l'USAID de réintégrer les marchés d'exportation, notamment pour le coton, les cacahuètes et les graines de légumes, qui leur étaient fermés pendant le conflit.
En outre, des spécialistes apprennent aux agriculteurs afghans de nouvelles méthodes de culture, de protection des récoltes et d'élevage. Avec le financement de l'USAID, l'association caritative Mercy Corps International se charge de planter des arbres fruitiers en pépinières, de distribuer des jeunes plants et d'établir des antennes vétérinaires.
Le manque d'eau constitue le plus gros obstacle à la revitalisation de l'agriculture. L'USAID finance le forage de puits, la reconstruction des systèmes locaux d'irrigation, la remise en état du système d'approvisionnement en eau et divers projets de conservation d'eau. Elle a confié à l'association FOCUS le soin de forer des puits dans les provinces de Balkh et de Baghlan ; cet organisme va également construire un réseau d'approvisionnement en eau dans la province de Bamiyan. D'autres organisations procèdent à la réfection des canaux et des réservoirs ainsi qu'à la construction de barrières contre l'érosion. L'USAID va financer l'évaluation, à l'échelle nationale, des ressources en eau du pays, afin de mieux comprendre les effets des quatre années de sécheresse et d'y remédier.
Améliorer la scolarisation
L'éducation est une composante fondamentale d'une société stable et économiquement autonome. Sous les talibans, les filles de plus de huit ans n'avaient pas le droit de fréquenter l'école.
En 1999, sur les 4,4 millions d'Afghans d'âge scolaire que comptait le pays, 32 % étaient inscrits à l'école, selon les estimations. Quatre-vingt-douze pour cent des filles n'étaient pas scolarisées. Les institutrices et professeurs de sexe féminin, qui formaient 70 % du corps enseignant au début des années 1990, avaient été contraintes de démissionner. Un grand nombre des 3.600 établissements scolaires du pays avaient été endommagés, voire détruits, au cours des dizaines d'années de conflits, et les fournitures de base leur faisaient défaut.
Aujourd'hui, pour la première fois depuis longtemps, les filles ont accès à l'enseignement. Les femmes, naguère bannies des salles de classe - et de la société - ont repris le travail. L'administration provisoire afghane, le gouvernement des États-Unis, le Comité suédois pour l'Afghanistan, l'UNICEF et de nombreuses autres organisations unissent leurs efforts pour ramener enfants et enseignants à l'école et leur fournir les manuels, les fournitures et le matériel pédagogique nécessaires.
L'éducation est un atout social et économique pour la société afghane. Un environnement scolaire structuré donne aux jeunes le sentiment de vivre normalement et il leur apporte une certaine routine, après des années de chaos. Les adolescents qui fréquentent l'école sont moins susceptibles d'être recrutés par des milices et des groupes de criminels. Tous ont la possibilité d'acquérir de précieuses compétences, ce qui permettra à l'Afghanistan, au bout du compte, de se doter d'une main-d'œuvre compétitive au sein de laquelle hommes et femmes auront leur place. Le système éducatif intègre les femmes à la population active et leur donne les moyens de subvenir aux besoins de leur famille.
L'USAID a fait un don de 7,75 millions de dollars à l'université du Nebraska, à Omaha, qui a veillé à l'édition et à l'impression de près de 10 millions de livres de sciences, de mathématiques, de lecture, d'instruction civique et d'histoire-géographie pour les élèves du cours préparatoire à la terminale. Plus de cinq millions de livres ont été distribués par l'UNICEF dans le cadre du programme organisé par le gouvernement afghan en vue de la rentrée scolaire, à temps pour la reprise des cours, le 23 mars. Les manuels sont rédigés en pachto ou en dari et ils s'accompagnaient de suppléments à l'intention des enseignants et d'autres fournitures scolaires.
L'USAID finance l'organisation de stages de recyclage de deux semaines dispensés par cinq équipes de quatre enseignants-formateurs. D'ici à la fin de 2002, des milliers d'éducateurs afghans, dont beaucoup sont des femmes, auront bénéficié de ces cours.
Dans le cadre de son programme "Food-for-Education" (Des vivres pour l'éducation) et avec un concours financier de l'USAID, le PAM sert des repas nutritifs à 47.000 élèves de Kaboul et du nord-est de l'Afghanistan. Un million d'enfants seront concernés à mesure que cette initiative sera étendue à l'échelle nationale. À titre d'incitation, les filles qui fréquentent l'école de manière assidue reçoivent cinq litres d'huile de table par mois. Cette mesure a pour effet de réduire le taux d'abandon, d'accroître l'assiduité et d'encourager les familles à envoyer leurs filles à l'école.
En liaison avec le PAM et l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), l'USAID remet à neuf plus de 600 écoles et donne à des boulangères les moyens de cuire du pain pour les élèves. Environ 50.000 enseignants reçoivent des denrées alimentaires à titre d'appoint à leur salaire, dans le cadre d'un programme national portant sur la fourniture de vivres aux fonctionnaires. Celui-ci s'insère dans les démarches de grande envergure qui sont entreprises par l'USAID en appui aux efforts du PAM en Afghanistan depuis octobre 2001 et est financé à hauteur de 118 millions de dollars.
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