BOTUSA : partenariat de recherche médicale
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Le Botswana, pays enclavé d'Afrique subsaharienne, se trouve à l'épicentre de la pandémie mondiale de VIH/sida. Environ 24 % de la population de 15 à 49 ans sont porteurs du virus, l'une des prévalences les plus élevées du monde. Le Rapport sur l'épidémie mondiale de sida 2006, publié en mai 2006 par le Programme commun des Nations unies sur le VIH/sida, fait état de la survenue l'année dernière de 18 000 décès dus à cette maladie au Botswana. Ces dernières années, la mort de jeunes adultes a fait 120 000 orphelins dans ce pays, soit près de 7 % de la population. Le sida est, on le sait, une maladie mortelle, mais la cause précise de la mort d'un grand nombre de ses victimes est la tuberculose, qui est la maladie opportuniste la plus fréquente à laquelle le système immunitaire affaibli des porteurs du VIH résiste mal. En fait, une étude conjointe du Centre d'épidémiologie (CDC) des États-Unis et de chercheurs botswanais a permis de conclure que 38 % des décès attribués au sida au Botswana étaient dus en réalité à la tuberculose. La survenue concomitante de la tuberculose et de l'infection par le VIH constitue ce que l'on appelle une coépidémie. Elle impose un pesant fardeau à ce petit pays de 1,7 million d'habitants, mais les pouvoirs publics botswanais sont reconnus pour la politique progressiste et de grande envergure qu'ils mettent en œuvre pour faire face à la maladie.
Depuis 1995, le ministère de la santé du Botswana et le CDC collaborent dans le cadre de programmes divers et de recherches pour riposter à la crise du sida. Leur partenariat, baptisé BOTUSA (prononcé « botousa »), réunit plus de 170 personnes de capacités diverses - professionnels et auxiliaires internationaux et locaux - qui assurent une assistance technique, des services de consultation et de financement ainsi que la mise en œuvre de programmes et de travaux de recherche visant à la prévention, au traitement, aux soins et à la surveillance du VIH/sida, de la tuberculose et des affections associées. Le principal objectif de la recherche à BOTUSA sur la tuberculose et le VIH est d'analyser les relations entre la tuberculose épidémique et les effets du VIH dans un contexte où les ressources sont rares, aux fins d'élaborer de meilleures stratégies de prévention de la tuberculose et de lutte contre cette maladie au Botswana et dans des environnements analogues. Ces plus de dix ans de recherches en collaboration ont abouti à un résultat majeur, l'élaboration d'un programme de thérapie préventive. Au moyen de l'isoniazide, agent thérapeutique de prévention de la tuberculose qui a fait ses preuves, ce programme vise à prévenir la survenue de cette maladie chez pas moins de 60 % des gens vivant avec le VIH. Le programme de thérapie préventive à l'isoniazide, dit programme IPT (Isoniazid Preventive Therapy), constitue une première mondiale et s'est fixé pour objectif de traiter tous les Botswanais séropositifs et sidéens par un régime d'isoniazide afin de prévenir la tuberculose. La participation au programme IPT a également eu pour effet d'apporter aux personnes infectées par le VIH un meilleur accès aux soins et aux médicaments antirétroviraux. Cependant, comme les responsables de la santé espéraient que le traitement à l'isoniazide permettrait de protéger plus de 60 % des sujets et offrirait une protection de plus longue durée contre la tuberculose active, le CDC et le ministère de la santé procèdent actuellement à un essai sur 2 000 personnes afin de déterminer si le régime préventif continu à l'isoniazide a une action supérieure au traitement prophylactique de six mois au moyen du même médicament. BOTUSA dispense également une formation plus complète au personnel soignant, tant urbain que rural, du Botswana, de façon à améliorer la surveillance de la maladie, le dépistage et le traitement des patients. Le Botswana est aussi l'un des 15 pays cibles à recevoir de l'aide au titre du Plan d'aide d'urgence du président des États-Unis en matière de lutte contre le sida. Les États-Unis fournissent des financements pour l'achat d'antirétroviraux et contribuent à la conception et à la mise en place de systèmes nationaux de formation, d'assurance qualité et d'application de directives pour l'administration clinique de traitements aux antirétroviraux, les analyses de laboratoires spécialisées pour le VIH, et le suivi et l'évaluation des thérapies antirétrovirales. Ces contributions sont venues renforcer le succès de la stratégie nationale du Botswana contre le sida. |
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