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Le gouvernement électronique :
La prochaine révolution américaine

Tom Davis
Membre de la Chambre des représentants
Président de la commission de la Chambre sur la réforme de l'administration

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Un membre du Congrès explique en quoi les technologies de l'information peuvent aider un gouvernement à mieux servir ses administrés.

Le gouvernement électronique peut réinventer la façon dont les particuliers et les entreprises communiquent avec les pouvoirs publics. En ma qualité de représentant du peuple de Virginie et de chef de file au Congrès dans le domaine de la technologie de l'information, je partage cette conviction avec le gouvernement Bush et un grand nombre de mes collègues du Congrès.

Le gouvernement électronique dépasse le simple cadre d'une théorie ou d'un concept ; c'est déjà une réalité, et son élargissement ne fait pas de doute. Le temps et les ressources aidant, le gouvernement électronique peut vraiment révolutionner la relation des Américains avec les pouvoirs publics.

On entend souvent dire que le gouvernement électronique peut fonctionner plus efficacement et coûter moins cher que son équivalent classique, et c'est là un aspect certes important de l'équation. Mais ce qui est tout aussi important, c'est qu'il peut mieux répondre aux besoins de ses administrés. Pour les Américains, ses avantages dépassent largement le fait d'assurer des services de meilleure qualité et d'un meilleur rapport coût-efficacité. Ils y voient en effet une façon d'être mieux informés sur les activités de leur gouvernement et d'y participer davantage.

Avec les services publics en ligne, les citoyens peuvent savoir comment votent leurs représentants, faire des commentaires sur les textes de loi ou suivre les audiences sur l'internet. Les étudiants peuvent faire des demandes de prêts universitaires. Les particuliers peuvent faire immatriculer un véhicule ou renouveler un permis sans avoir à faire la queue.

L'internet me permet de communiquer plus facilement et plus rapidement avec mes administrés. Ces dernières années, le volume de la correspondance que je reçois a augmenté de manière exponentielle, essentiellement sous la forme de courriel. J'ai installé dans mes bureaux un logiciel qui me permet de trier rapidement ces messages afin d'y répondre dans les meilleurs délais. Tout le monde y gagne. Je peux mieux saisir le sentiment de mes administrés sur des sujets importants et répondre à leurs questions plus vite que si nos communications passaient par les services postaux classiques.

Les initiatives auxquelles je participe sont décrites dans des sites internet appuyés par mon bureau au Congrès et par la commission de la Chambre sur la réforme de l'administration, dont je suis le président. Par l'intermédiaire de ces pages, je suis en mesure d'informer le public en temps réel sur les textes soumis à un vote, sur les enquêtes que nous menons et sur les services disponibles. Les particuliers peuvent consulter mes pages sur la toile s'ils veulent suivre le parcours d'un texte de loi qui les intéresse ou s'informer sur les situations d'urgence, comme ce fut le cas récemment quand un cyclone s'est abattu sur ma circonscription et une grande partie de la côte Est.

En outre, les particuliers peuvent se connecter à l'internet pour suivre les audiences de la commission sur la réforme de l'administration. Quand de hauts fonctionnaires viennent y faire une déposition sur la sûreté du territoire, la préparation aux situations d'urgence ou les vulnérabilités de l'internet, le public peut assister au déroulement de l'audience comme s'il y était parce qu'elle est diffusée en temps réel sur internet. Tout ceci représente le gouvernement en action au plein sens du terme.

Pour autant, si les avantages potentiels du gouvernement électronique sont multiples, les embûches qui demeurent sont imposantes. Certes, le gouvernement fédéral progresse, mais nous continuons d'avancer au rythme de « la vieille économie » dans trop de domaines.

La plupart des organismes publics ont leur site internet, et les administrés sont de plus en plus nombreux à communiquer avec leurs députés par courrier électronique. Les gouvernements comptent de plus en plus souvent sur l'internet pour régler des transactions simples, faire des achats et disséminer des informations. Malgré ces tendances positives, les gouvernements à l'échelon fédéral, local et des États commencent tout juste à comprendre le plein potentiel du gouvernement électronique.

Il reste encore beaucoup à faire. Nous devons trouver de nouvelles façons de rehausser la convivialité des services. Le citoyen du XXIe siècle à l'aise avec l'internet est habitué à un certain niveau de service de la part des sites commerciaux, et il n'acceptera rien de moins de la part des sites des pouvoirs publics.

Nous devons diriger et administrer avec un plus haut souci d'efficacité. Nous devons considérer nos administrés comme des clients. Nous devons nous doter de logiciels et de matériel plus fiables. Nous devons posséder des compétences techniques plus poussées.

Le gouvernement fédéral a créé plus de 20.000 sites sur la toile, ce qui veut dire qu'il n'est pas nécessairement facile de trouver les renseignements qu'on cherche. Dans certains cas, c'est parce qu'il y a des organismes qui persistent à privilégier leurs priorités au lieu de se concentrer sur les services qu'exigent leurs clients.

Nous devons faire mieux pour ce qui est d'atténuer leurs inquiétudes en matière de sécurité, de respect de leur intimité et d'accès. À plus de deux contre un, les Américains souhaitent que l'on procède à petits pas, et non à grandes enjambées, dans la voie de la mise en place du gouvernement électronique, précisément parce qu'ils se posent des questions sur la sécurité, le respect de leur intimité et l'accès. Les Américains regardent le gouvernement électronique à travers la même lorgnette qu'ils utilisent pour examiner l'internet : ils y voient quelque chose de très positif, mais ils n'y font pas entièrement confiance.

Le haut degré d'interdépendance et d'interconnectivité entre les systèmes d'information, internes comme externes, expose la vulnérabilité des réseaux informatiques du gouvernement fédéral, que les perturbations qui les menacent soient bénignes ou destructrices. C'est un facteur dont il faut tenir compte pour bien comprendre le moyen de mettre en place une stratégie souple et de grande envergure en vue de coordonner, d'appliquer et d'assurer la sécurité de l'information dans l'ensemble du gouvernement fédéral à mesure que se dessine la menace croissante du terrorisme électronique.

Enfin, le gouvernement a l'obligation morale de s'attaquer au fossé numérique pour éviter que les ordinateurs et l'accès à l'internet ne soient l'apanage des seules personnes qui peuvent s'offrir cette technologie et profiter des occasions qui en découlent de communiquer avec le gouvernement et avec le monde. Je veux que tous les habitants de ma circonscription, et pas seulement ceux qui possèdent un ordinateur chez eux, puissent me contacter par courrier électronique. À cet égard, il nous faut faire preuve d'imagination. Par exemple, nous devrions nous demander s'il ne faudrait pas installer des cabines publiques internet dans nos supermarchés ou nos centres commerciaux pour égaliser les chances et faciliter l'accès aux services publics en ligne.

À notre ère de communications ultra-rapides associées à l'internet, le monde de l'informatique fait naître de nouvelles exigences chez les consommateurs de services publics, et une réponse immédiate s'impose. Maintenant que les particuliers peuvent communiquer directement par courrier électronique avec les organismes fédéraux, le Congrès et l'exécutif doivent fournir au gouvernement fédéral les ressources dont il a besoin pour faire face à cette nouvelle donne.

Tout en continuant d'aller de l'avant, nous devons veiller à ce que notre gouvernement applique les techniques les plus modernes pour rehausser l'efficacité opérationnelle, garantir la confidentialité et l'anonymat des informations et simplifier la prestation des services. Si nous l'utilisons à notre avantage, la technologie sera, je pense, le meilleur outil à notre disposition pour gouverner dans de bonnes conditions.

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Les opinions exprimées dans le présent article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement les vues ou la ligne d'action du gouvernement des États-Unis.

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