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L'Internet au service des localités

La nouvelle donne médiatique

SOMMAIRE
Avant-propos
De nouvelles technologies, de nouvelles voix
Du journalisme citoyen au contenu fourni par les utilisateurs
Le journaliste citoyen
Des gouvernements et des entreprises entravent la liberté d'expression sur l'Internet
Le dilemme de l'industrie de l'information
Les tribulations du journalisme en République de Géorgie
Les nouveaux médias et la conduite de la politique aux États-Unis
Les principaux sites consacrés aux actualités
Médias, nouveaux et anciens
Le groupe de travail sur la liberté mondiale de l'Internet
L'Internet au service des localités
Sites Internet (en anglais)
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Screen shots of some hyperlocal Web sites around the United States. Captures d'écrans de quelques sites Internet ultralocaux américains.

Les nouvelles techniques de communication permettent à tout le monde, que ce soit dans des quartiers ou les petits villages, d'afficher des informations sur l'Internet, des informations que les médias traditionnels, la presse écrite, la télévision ou la radio ont ignorées. Ce traitement local des informations permet aussi à la collectivité de se mobiliser en faveur de diverses causes lui tenant à cœur et jette les fondations de sa participation à la politique.

« Toute activité politique est locale », avait déclaré Tip O'Neill, ancien président de la Chambre des députés des États-Unis, aujourd'hui décédé. De nos jours, aux États-Unis, les pépinières de politiciens de tous poils sont les sites « médias citoyens », les sites dits « ultralocaux » et les « placeblogs » (blogues locaux), où les habitants des petites communautés s'expriment et diffusent des photos et des vidéos sur eux-mêmes et sur les questions qui les concernent.

Une étude de ces sites intitulée « Les médias citoyens : engouement passager ou avenir des informations », réalisée en 2007 par l'Institut du journalisme interactif (J-Lab) de l'université du Maryland, les a qualifiés d' « intensément locaux » et notait qu'ils diffusaient le type de nouvelles et d'opinions relatives aux quartiers et aux communautés qui ne sont pas considérées comme des informations par les grands organismes de presse ou que ceux-ci ne peuvent pas couvrir, faute de personnel. Les créateurs de ces sites Internet encouragent leurs voisins, amis et associés à fournir des informations pouvant s'apparenter à des nouvelles, par exemple des reportages sur des événements ou problèmes locaux, ou à publier des articles à ton plus personnel tels que des réflexions sur la vie locale, des appréciations sur les entreprises ou services locaux ou des conseils sur des techniques de bricolage ou de jardinage.

« La vitalité de ces sites dépend de l'initiative de la population et de la volonté de celle-ci de faire part de ses pensées, remarques et expériences », note l'étude qui signale par ailleurs que « la subjectivité est la règle ».

L'objectivité, qui consiste à ne pas laisser ses opinions personnelles influencer le reportage, est pour les journalistes américains, depuis des décennies, un principe déontologique fondamental. Or, les sites médias citoyens doivent leur existence aux contributions de gens qui s'intéressent à leur communauté et qui souhaitent y apporter des améliorations, mais qui ne font aucun effort pour déguiser leurs sentiments personnels pour se conformer à une norme d'objectivité.

Ces sites sont aussi divers que les villes et quartiers dont ils émanent. Les discussions en ligne peuvent passer du coq-à-l'âne et porter successivement sur l'annonce d'une réunion des anciens élèves d'un établissement scolaire local, des controverses locales, des conseils sur la préparation des vacances et la politique présidentielle.

Selon l'étude, ces sites ultralocaux ont fait explosion sur l'Internet en 2005, mais beaucoup d'entre eux passent par une phase de démarrage très lente avant que les membres de la communauté n'interviennent et y apportent régulièrement de la substance.

En 2003, deux concepteurs de sites Internet de la ville de Brattleboro (Vermont) ont fondé ibrattelboro.com. Pendant six mois, explique Christopher Grotke, lui et son associé ont meublé le site mais, depuis, le site s'est acquis un groupe de fidèles actifs dans la communauté qui se chargent aujourd'hui de la rédaction et du « journalisme ».

En général, ces sites possèdent un lectorat qui leur est attaché mais qui est généralement limité, et leur avenir n'est assuré que tant que l'énergie du noyau de fondateurs et de bénévoles ne faiblit pas, a constaté l'étude du J-Lab.

Les ressources qui permettent aux sites d'exister sont aussi diverses que leur contenu. Conformément à sa vocation d'aider les organismes d'information et les citoyens à faire usage de technologies novatrices afin de promouvoir le débat sur les questions ayant trait à la politique, le J-Lab a octroyé quelques petites subventions pour le démarrage de sites. D'autres sites médias citoyens sont intégralement financés par leurs fondateurs ; d'autres encore se procurent des revenus par le biais d'annonces publicitaires locales.

« Je crois que d'ici quelques années, il y aura quatre ou cinq sites ultralocaux par ville mais qu'aucun d'eux ne sera permanent. Nous ne serons jamais de grandes opérations. Je crois que ce qui est appelé à durer, c'est le phénomène du journalisme citoyen », a souligné Paul Bass, fondateur de NewHavenIndependent.org, dans sa réponse à l'enquête du J-Lab

-- Charlene Porter

Faire bouger les quartiers et les localités

Près de 200 sites médias citoyens ultralocaux ont participé à l'enquête du J-Lab. Les conclusions, en ce qui concerne leur aptitude à influencer leurs communautés, sont les suivantes :

82 % offrent des possibilités de dialogue

61 % assurent une surveillance des instances gouvernementales locales

39 % aident les communautés à résoudre leurs problèmes

27 % accroissent les taux de participation électorale

17 % accroissent le nombre de candidats aux élections

La nouvelle donne médiatique

Les opinions exprimées dans le présent article ne reflètent pas nécessairement les vues ou la politique du gouvernement des États-Unis.

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