Les organisations non gouvernementales : la voix du peuple


Entretien avec Mme Julia Taft, secrétaire d'État adjointe


Julia Taft Les responsables du gouvernement américain s'appuient sur les conseils des organisations non gouvernementales (ONG) pour s'assurer que la politique étrangère des États-Unis reflète les points de vue et les idées du public américain, déclare Mme Julia Taft, secrétaire d'État adjointe à la population, aux réfugiés et aux migrations. « Si une question intéresse les membres de certaines ONG, (...), et si elles consultent leurs filiales et leurs contacts à l'étranger, leur influence sera ressentie non seulement aux États-Unis, mais aussi en Europe et dans les autres régions du monde », affirme-t-elle. Mme Taft a répondu aux questions de notre rédactrice Susan Ellis.


Question - Quelle est, d'après vous, l'influence des organisations non gouvernementales (ONG) sur l'élaboration de la politique étrangère des États-Unis ?

Mme Taft - Il existe aux États-Unis plus d'un million d'ONG représentant de multiples confessions, groupes culturels, organisations écologiques, groupements de service social et associations professionnelles. Une organisation non gouvernementale est un groupement sans but lucratif composé de bénévoles, organisé sur une base locale, nationale ou internationale dans un but précis, et administré par des gens ayant des intérêts communs. Nous sommes en mesure de contacter ces groupes pour obtenir des conseils et j'estime qu'ils ont une grande influence sur notre politique étrangère. Du fait que nous sommes une démocratie, les responsables de notre politique étrangère sollicitent les points de vue et les idées des représentants des ONG afin de s'assurer que cette politique reflète une vaste gamme de causes chères au public américain.

Question - Quels sont les principaux facteurs ayant contribué au nombre et à l'influence croissants des ONG à travers le monde ?

Mme Taft - Nous constatons dans certains pays une véritable explosion du nombre d'organisations non gouvernementales. Je me souviens avoir lu récemment qu'un pays africain en comptait à lui seul 20.000. Beaucoup d'entre elles sont des groupements d'assistance mutuelle, comme la plupart de celles des États-Unis à leur origine.

Ainsi donc, le nombre d'ONG augmente parce que les gens ont besoin de prendre en main une partie de leur existence. Nous voyons, dans le monde en voie de développement, des organisations non gouvernementales tenter de prendre des décisions sur les problèmes communs qui affectent leurs membres, afin d'aider ces derniers à améliorer leur vie.

En outre, dans les pays où il n'existe pas de véritable infrastructure gouvernementale, les ONG elles-mêmes jouent souvent un rôle gouvernemental autonome. On assiste donc à une prolifération des ONG, même dans les sociétés qui ne sont pas habituées à ce genre de mouvement, comme les États de l'ancienne Union soviétique.

Question - Comment les ONG travaillent-elles avec le département d'État et les autres agences gouvernementales dans le domaine de la politique étrangère ?

Mme Taft - L'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) a un conseil consultatif expressément chargé de l'aide bénévole à l'étranger. Il existe depuis les années 1950 et donne aux organisations privées et aux particuliers le moyen de se renseigner sur les programmes publics d'assistance et de conseiller les responsables dans ce domaine.

De même, un conseil consultatif composé de représentants d'ONG a des entretiens réguliers avec le département d'État sur notre politique économique.

Au sein du Bureau de la population, des réfugiés et des migrations, que je dirige, nous consacrons environ le tiers de notre temps à des réunions avec les organisations non gouvernementales. Celles-ci sont pour nous de véritables partenaires dans la fourniture de secours internationaux aux réfugiés ainsi que dans l'aide à ceux d'entre eux qui se réinstallent aux États-Unis.

Il existe en outre un groupe très actif d'organisations spécialisées dans les questions de population et de planification familiale qui sont extrêmement utiles, tant au gouvernement américain qu'aux Nations unies, dans l'élaboration des plans d'action et documents relatifs aux mesures susceptibles de faciliter l'accès à la planification de la famille à l'échelle mondiale.

Il y a également des groupes qui s'intéressent à l'environnement, et nous avons maintenant des organisations féminines qui s'intéressent à Beijing+5, le suivi de la Conférence sur les femmes tenue à Beijing en 1995, qui figurera à l'ordre du jour de l'Assemblée générale des Nations unies en juin.

Question - A votre avis, le département d'État réussit-il à établir un partenariat mondial avec les ONG ? Pouvez-vous nous donner quelques exemples de succès dans ce domaine ?

Mme Taft - Je pense que le meilleur exemple est le travail que nous faisons ensemble sur le terrain dans le cadre du programme de secours aux réfugiés. Nous avons du personnel qui a pour mission de collaborer avec les réfugiés et les ONG ainsi qu'avec les agences des Nations unies, et nous sommes devenus véritablement inséparables dans nos efforts communs pour sauver la vie des réfugiés. Nous remportons également beaucoup de succès dans le domaine de l'écologie, où les ONG participent régulièrement, avec le département d'État, à l'élaboration de notre politique sur l'environnement, le réchauffement de la planète et autres questions similaires.

Un autre succès extraordinaire est le rapport de 1999 intitulé Cairo+5, document qui souligne les progrès et difficultés de l'application du programme d'action issu de la Conférence internationale sur la population et le développement tenue au Caire en 1994. Nous avons collaboré avec des dizaines d'ONG tout au long de 1999 pour la rédaction de ce rapport, et celles-ci se sont révélées extrêmement utiles lors de la négociation de ce document.

Question - Quels sont les domaines dans lesquels les ONG ont eu le plus d'influence ?

Mme Taft - Deux exemples sont souvent cités pour illustrer l'importance du rôle joué par les ONG. L'un d'eux est le moratoire sur la pêche commerciale à la baleine imposé par la Commission baleinière internationale. Ce moratoire a fait suite aux campagnes internationales de divers gouvernements qui, en collaboration avec les ONG américaines et leurs homologues du monde entier, visaient à enrayer la destruction des baleines afin de préserver et de protéger leur population.

La même technique a été utilisée à propos de l'interdiction des mines terrestres antipersonnel, au sujet de laquelle d'importantes organisations et ONG internationales ont collaboré, principalement par le truchement d'un site sur la Toile. Elles ont établi un réseau international de messagerie électronique pour obtenir la signature de pétitions, mettre au point un message efficace et concevoir une stratégie. Cette initiative sur l'interdiction des mines terrestres a révolutionné la façon de penser d'une grande partie de la population mondiale sur ce sujet, notamment en ce qui concerne la nécessité de s'occuper des victimes et d'interdire l'utilisation de ces engins.

Ces deux exemples montrent que si une question intéresse un grand nombre d'organisations non gouvernementales, qui sont des institutions qui reflètent véritablement la conscience d'une collectivité, et si les ONG utilisent leurs filiales et contacts à l'étranger, leur influence se fera sentir non seulement sur la politique des États-Unis, mais aussi sur celle de l'Europe et d'autres régions du monde. Les gouvernements les écoutent, car elles sont la voix du peuple.

Dans le domaine humanitaire, comme je l'ai dit précédemment, les ONG exercent une très grande influence sur le choix et le nombre de réfugiés qui sont admis chaque année aux États-Unis.

Les États-Unis sont de loin le pays le plus généreux du monde en ce qui concerne l'accueil des réfugiés. Nous admettons environ 50 % des réfugiés qui sont signalés par le Haut commissaire des Nations unies aux réfugiés comme pouvant prétendre à la réinstallation permanente dans tous les pays du monde. Et si nous agissons ainsi, c'est évidement parce que notre pays a été fondé par des réfugiés, cela fait partie de la vocation même des États-Unis.

Chaque année, environ 8 % du quota d'immigration des États-Unis sont réservés aux réfugiés. Le gouvernement américain leur accorde une aide financière, mais ce sont les organisations bénévoles qui, en collaboration avec le Congrès, le Bureau de la population, des réfugiés et des migrations, le ministère américain de la Santé et des Affaires sociales et les collectivités locales de l'ensemble des États-Unis, sont responsables de la réinstallation de ces réfugiés.

Cette année, par exemple, nous en admettrons 85.000. Des organisations bénévoles s'occuperont de ces réfugiés avant leur acheminement vers diverses collectivités sur l'ensemble du territoire des États-Unis. Ceci nous conduit à prêter une grande attention aux recommandations de ces ONG et à voir si nous pouvons accepter le niveau d'admission qu'elles demandent. Sans leur soutien, leur action et leur compréhension, je ne pense pas que nous aurions un programme aussi important de réinstallation des réfugiés dans ce pays.

Ceci dit, nous avons encore beaucoup à faire dans d'autres domaines de notre politique étrangère. Une grande partie de cette politique se rapporte à la sécurité nationale et l'on est moins disposé à dialoguer à ce sujet avec des gens qui n'ont pas fait l'objet d'une enquête de sécurité et qui ne sont pas affiliés avec le gouvernement.

Nous nous occupons, au département d'État, d'un grand nombre de questions qui, malheureusement, ne bénéficient pas du vaste débat, de l'exploration et des échanges d'idées que nous avons avec les ONG sur d'autres dossiers.

En ce qui me concerne, toutefois, mes activités se rapportent à des questions mondiales moins confidentielles. Mais je pense qu'en tant que département ministériel, nous devons faire preuve d'une plus grande ouverture d'esprit et procéder à davantage d'échanges d'idées. Nous devons consulter des gens qui, bien que ne faisant pas partie du gouvernement, ont souvent une bonne idée de ce qui marche et des problèmes qui se posent.

Question - Quels sont les principaux instruments utilisés par les ONG pour influencer la politique étrangère des États-Unis ?

Mme Taft - Les ONG recourent à des manifestations ; elles ont des sites sur la Toile. Un grand nombre d'entre elles organisent des campagnes en faveur de certaines causes. Toutes publient des bulletins. Toutes ont des conseils d'administration composés de personnalités locales influentes. Et certaines sont des regroupements d'associations d'ONG qui forment des coalitions pour la défense d'intérêts communs.

La plus vaste des organisations de ce genre sur la scène internationale est InterAction. C'est le groupement que je dirigeais avant d'assumer mon poste au département d'État. Pour faire passer notre message, nous travaillions très étroitement avec les organisations membres à la rédaction de deux ou trois messages que nous voulions faire passer au Congrès pendant l'année en cours. Et il fallait que nous fassions tous passer le même message.

Lorsque j'étais présidente d'InterAction, l'un des messages que nous cherchions à transmettre était le fait que les États-Unis devaient accroître leur aide à l'étranger, et que le public américain en soutenait le principe.

Nous avons lancé ce que l'on appelait la One Percent Campaign dans laquelle nous expliquions que moins d'un pour cent de chaque dollar versé dans les caisses de l'État servait à financer la politique étrangère. Et ce message a commencé à être entendu. Il y a quatre ans que nous avons lancé cette campagne. Nous pourrions malheureusement utiliser aujourd'hui tous les badges et toutes les brochures conçues par InterAction pour cette campagne, parce que les affaires étrangères continuent d'absorber moins d'un pour cent du budget des États-Unis.

Question - Sollicitez-vous systématiquement la participation des ONG à l'élaboration de la politique sur la population, les réfugiés et les migrations ? Et dans l'affirmative, quels moyens utilisez-vous à cette fin ?

Mme Taft - Nous contactons souvent par télécopieur les gens intéressés en leur déclarant : « Voilà ce que nous envisageons de faire. Si vous avez des idées sur la question, veuillez nous contacter. » Et nous organisons régulièrement des réunions au département d'État. Si les gens ou représentants d'organisations ne peuvent venir y assister, nous nous entretenons avec eux au téléphone.

Question - Existe-t-il des raisons de décourager l'influence des ONG sur les prises de décisions du gouvernement ?

Mme Taft - Ces organisations sont composées de citoyens et elles ont le droit de se faire entendre. Et c'est ce que nous tentons de leur permettre de faire. Cependant, le gouvernement doit conserver le droit de procéder à des évaluations et de prendre ses décisions sur la base des conseils qu'il reçoit. Si les ONG n'aiment pas ce que leur disent les décideurs, elles peuvent manifester leur opposition ou s'adresser au Congrès ou à la presse. J'estime toutefois que nous avons tiré de gros avantages de notre dialogue permanent avec elles. Nous ne sommes pas toujours d'accord sur tous les points, mais nous sommes certainement parvenus, tout au moins en ce qui concerne le Bureau de la population, des réfugiés et des migrations, à nous assurer un très solide groupe de partenaires qui soutiennent ce que nous tentons de réaliser, en partie parce que nous sommes au courant des expériences et des idées des ONG.

Question - Comment le gouvernement des États-Unis concilie-t-il les vues des ONG et des autres groupes de pression sans privilégier un groupe particulier dans l'élaboration de sa politique étrangère ?

Mme Taft - Nous essayons d'étendre le débat à des groupes ayant des idées différentes les unes des autres. Il est rare que les gens se sentent à l'aise en présence de groupes d'opposition s'il n'y a pas de contrepoids. Si bien qu'à la plupart de nos réunions assistent des gens qui représentent tout un échantillon d'opinions. De cette façon, nous n'avons pas uniquement comme interlocuteurs les défenseurs d'un point de vue favorable, ou au contraire totalement opposé, au nôtre.

Question - Comment les ONG peuvent-elles accroître leur influence sur la politique étrangère ?

Mme Taft - Il me semble que le principal problème, pour les ONG, est de travailler davantage avec les associations étrangères, de veiller à maintenir le dialogue et de se renseigner sur les principales questions qui intéressent les autres pays. De cette façon, quand nos ONG nous contactent, elles sont au courant des préoccupations de leurs homologues, les comprennent et peuvent nous conseiller à bon escient.

Je constate l'apparition d'un plus grand nombre de réseaux de ce genre entre les ONG américaines et étrangères. L'USAID a consacré une grande somme de temps et d'argent à la création d'ONG dans le monde en voie de développement et dans les États de l'ancienne Union soviétique. Je pense que les ONG américaines doivent avoir des contacts très étroits avec celles des autres pays afin de comprendre les besoins des populations qui reçoivent l'aide des États-Unis.

Question - Que peut-on faire, selon vous, pour intensifier le dialogue entre les ONG qui s'intéressent aux affaires étrangères et le département d'État ?

Mme Taft - Tous les bureaux régionaux, techniques ou politiques du département d'État élaborent leur propre plan stratégique, un document soigneusement conçu qui énumère les principales questions qui nous intéressent, les classe en fonction de leur priorité et détaille la façon dont certains objectifs seront atteints. J'aimerais que nous mettions en place un mécanisme, et ce dès le début de l'élaboration du programme de planification stratégique, pour déterminer si les objectifs que nous jugeons importants le sont également pour un ensemble d'organisations non gouvernementales.

Nous devons obtenir la participation des groupes de réflexion, ainsi que celle des associations professionnelles et des syndicats. Nous devons solliciter les contributions de tout groupe qui a un enjeu dans les affaires internationales. Je pense que nous pourrions y parvenir en recourant aux town meetings (assemblées des habitants d'une localité). Nous pourrions probablement utiliser des sites sur le Web où nous créerions un processus interactif et dirions à ceux qui les consultent : « Au cas où vous vous intéresseriez réellement à cette question, voici certaines des mesures que nous envisageons de prendre. Si vous avez des idées à ce sujet, faites-nous en part. »

Nous pourrions découvrir que certaines questions suscitent un grand intérêt. Mais le processus doit être efficace car nous n'avons ni le temps ni le personnel qui nous permettraient de procéder à des consultations approfondies. Grâce aux nouvelles techniques et avec l'ouverture d'esprit nécessaire, il me semble cependant que nous devrions pouvoir obtenir des résultats.

Question - Dans quels domaines voudriez vous voir s'accroître le rôle des ONG ?

Mme Taft - Nous ne devons pas faire preuve de timidité dans nos efforts de communication avec ces organisations, et les contacts avec le public doivent avoir lieu dans les deux sens. Nous voulons leur faire savoir ce que nous faisons, mais nous avons aussi besoin de connaître leurs priorités.

Les sondages d'opinion sont souvent très importants pour nous renseigner sur les priorités des pays avec lesquels nous traitons. Nous devons constamment nous souvenir que la politique évolue, qu'elle n'est pas coulée dans le béton. Nous pensons que le monde est très dynamique et que nous devons être ouverts aux idées qui sont proposées sur les façons de l'améliorer, que nous devons mieux présenter ce que nous faisons.

Question - Dans quelle mesure les ONG affectent-elles le rôle et la participation des États-Unis dans les organisations internationales telles que l'ONU et l'OTAN ?

Mme Taft - Les ONG sont des partenaires importants dans un grand nombre d'institutions spécialisées des Nations unies, en particulier dans les agences humanitaires. L'Association des Nations unies pour la planification familiale travaille dans le monde entier avec les ONG et par leur intermédiaire pour fournir des secours et de l'aide aux réfugiés. Il existe donc des relations solides sur le plan opérationnel.

Aux réunions mondiales importantes des Nations unies, comme à la Conférence du Caire sur la population et le développement, la Conférence mondiale de Beijing sur les femmes et le Sommet de Rio sur l'environnement, le rôle des organisations non gouvernementales a été absolument essentiel pour aider à dresser les plans d'action, tenter d'attirer l'attention du monde sur ces questions et fournir des conseils et des appuis sur la meilleure façon de placer ces questions en tête de l'ordre du jour international.

Les milliers de gens qui représentent les ONG du monde entier sont ceux qui poursuivront la campagne, qui feront prendre conscience des problèmes et qui assureront le suivi de ces conférences à travers le monde. Et, à mon avis, c'est une chose excellente.

Question - Les ONG ont-elles un rôle à jouer dans les relations entre gouvernements ?

Mme Taft - Je pense que leur rôle consiste davantage à sensibiliser leurs gouvernements respectifs aux politiques que les autres pays proposeront et à obtenir qu'ils les soutiennent.

Permettez-moi de vous donner un exemple :

Nous allons présenter une résolution sur la Chine à la Commission des droits de l'homme de l'ONU. Nous nous sommes entretenus avec les représentants de tous les gouvernements membres de cette commission au sujet de cette résolution et, dans le même temps, les organisations qui soutiennent le Tibet ont contacté leurs gouvernements respectifs en leur disant : « Nous voulons que vous souteniez cette résolution ». Nous pensons qu'il est bon que les gouvernements entendent ce que nous avons à dire sur ces questions, mais aussi ce que leur propre population pense.

Ainsi, les groupes de défense des droits de l'homme posent les bases de la plupart des résolutions élaborées à la Commission des droits de l'homme en influençant leurs gouvernements respectifs pour qu'ils agissent dans le sens souhaité, lorsqu'ils se réunissent à Genève. La responsabilité principale des ONG dans ce domaine est de créer le climat, d'établir les priorités et de faire connaître à leurs gouvernements respectifs ce que veut leur population sur une question donnée.

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