Des enfants panaméens bénéficient des services d'un navire hôpital américainDavid Shelby
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Colon (Panama) - Yukeicha Newell sait exactement ce qu’elle veut faire à la fin de ses études. Son rêve est d’ouvrir un salon de beauté. Mais ces deux dernières années, cette Panaméenne âgée de 15 ans était loin de se sentir belle. Un gros kyste sur son cou était pour elle une source continuelle de harcèlement et d’embarras. La mère de Yukeicha avait consulté de nombreux médecins locaux, mais aucun d’eux n’était équipé pour extirper le kyste. Ils craignaient en outre que cette opération délicate n’abîme de façon permanente la voix de l’adolescente. Lorsque l’un des médecins de Yukeicha apprit qu’un navire hôpital de la marine nationale des États-Unis, le Comfort, allait faire escale dans le port de Colon, il recommanda à l’adolescente de consulter les chirurgiens du navire pour voir s’ils pouvaient faire quelque chose pour elle. Une opération de courte durée à bord du Comfort a changé l’apparence de Yukeicha et lui a donné l’espoir de mener une existence normale. Le Comfort a à son bord plus de 500 membres du corps médical qui font une tournée de quatre mois dans 12 pays d’Amérique latine et des Antilles afin d’accomplir diverses tâches dont la fourniture de soins médicaux de base, des interventions chirurgicales mineures, la rénovation de dispensaires, la réparation du matériel médical ainsi que des stages de formation à l’intention du personnel soignant local.
Sur les milliers d’examens médicaux et dentaires auxquels a procédé le personnel du navire à Colon, seuls plusieurs d’entre eux ont permis de découvrir des problèmes qui mettaient en danger la vie du patient et que l’on n’aurait peut-être pas découverts. Or, comme l’a dit le commandant du corps médical du navire, Bruce Boynton, même un abcès à une dent peut entraîner la mort si on ne le soigne pas. De nombreux autres examens ont permis de soulager des maux et des douleurs moins graves. Toutefois, plusieurs des opérations effectuées à bord du Comfort ont changé de façon spectaculaire la vie des nouveaux opérés. Infirmière bénévole à bord du Comfort et membre de l’organisation non gouvernementale Project Hope, Diana Sperenza fait le tri des patients dans les dispensaires établis par le personnel du navire dans chaque port. Lors d’une interview, elle a cité le cas d’une femme qui s’était présentée au dispensaire de Colon avec un gros kyste sébacé à l’œil. Normalement, un tel cas aurait été confié à l’une des salles d’opération du navire mais toutes avaient déjà un programme très chargé. Un chirurgien bénévole de Project Hope refusa cependant d’éconduire la patiente. Il rassembla des gants stériles, un scalpel ainsi que des couches jetables pour s’en servir comme tampon autour du point d’incision, puis il procéda à l’ablation du kyste. Diane Sperenza a raconté que quelqu’un tendit un miroir à la femme après l’opération et que celle-ci fut étonnée du nouvel aspect de son visage sans l’excroissance qui lui couvrait précédemment l’œil. Elle était ravie. « Cela aura une influence durable sur la vie de cette femme. L’opération a changé sa physionomie. Elle se sent beaucoup mieux. » L’initiative du chirurgien prouve qu’on n’a pas besoin d’une salle d’opération coûteuse pour changer la vie d’un malade. « Vouloir, c’est pouvoir », a souligné l’infirmière bénévole. Mark Andrews, qui travaille comme opticien dans les dispensaires du Comfort, a cité le cas d’un jeune homme qui s’était présenté dans un des dispensaires atteint de cataractes si graves qu’il voyait trouble d’un œil et pas du tout de l’autre. Après son opération à bord du Comfort, sa vue avait été rétablie, lui permettant de retourner à une vie tout à fait normale. La transformation de l’existence de ce jeune homme était spectaculaire, mais Mark Andrews tire également une grande satisfaction de la possibilité qu’il a d’avoir une influence sur la vie d’autrui d’une façon plus modeste. Durant les cinq jours passés à Colon, son équipe et lui ont donné des lunettes à des centaines d’enfants. Il a dit éprouver une grande satisfaction à l’idée que ces lunettes allaient permettre aux enfants de lire des livres et ce qui est écrit sur le tableau noir de leur classe pendant les dix prochaines années. Le sourire de ces enfants, quand ils voyaient distinctement, pour la première fois depuis des années, le visage de leurs parents, donne toute à sa valeur à son travail, a-t-il dit. « L’expression sur ces visages est la meilleure partie de notre travail. J’ai été payé dix fois de mes efforts. » Après avoir franchi le canal de Panama, le Comfort doit se rendre au Nicaragua où il se livrera aux mêmes activités. Mark Andrews, Diane Speranza et le reste du personnel médical du Comfort songent au nombre de personnes dont ils peuvent rendre la vie meilleure au moyen d’une simple opération ou d’une simple paire de lunettes. David Shelbey est à la tête de l’équipe Démocratie et problèmes mondiaux, au Bureau des programmes d’information internationale. Son article a paru antérieurement sur le site Internet usinfo.state.gov. |
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