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La panoplie de l'aide
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L’aide des États-Unis à l’étranger telle qu’on la connaît remonte au plan Marshall, c’est-à-dire aux années consécutives à la Seconde Guerre mondiale, et à la création de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement, connue aujourd’hui sous le nom de Banque mondiale. Ces deux faits ont joué un rôle primordial dans la reconstruction de l’Europe et dans l’établissement des fondements de la paix, de la prospérité et de la liberté après la Seconde Guerre mondiale. Les objectifs et les techniques des programmes d’aide à l’étranger des États-Unis se sont considérablement élargis depuis. De nos jours, les programmes appuient diverses activités dans des domaines d’importance vitale, dont l’agriculture, la santé, l’enseignement, l’infrastructure, la lutte contre le sida, la démocratie, la gouvernance, le bénévolat et l’aide humanitaire d’urgence. En 2006, le gouvernement des États-Unis a ainsi accordé plus de 26 milliards de dollars à quelque 120 pays et territoires. L’aide des États-Unis revêt diverses formes, dont l’aide financière, la livraison de produits (produits alimentaires ou pharmaceutiques, par exemple), l’allègement de la dette et l’expertise technique. Toutefois, le gouvernement des États-Unis n’est qu’un des intervenants. Le peuple américain se montre encore plus généreux : il fait des dons par l’intermédiaire d’associations caritatives, de fondations, d’organismes religieux et en consentant des efforts personnels. Une caractéristique de l’aide des États-Unis à l’étranger, c’est qu’elle appuie non seulement des États, mais aussi des organisations non gouvernementales, des organismes religieux, des groupes de défense de diverses causes, des instituts de recherche ainsi que des petites entreprises et des créateurs d’entreprises. Ce vaste effort reflète la conviction de la plupart des Américains selon laquelle le progrès de la société dépend non seulement des interventions de l’État ou du secteur privé, mais aussi de la conjugaison des initiatives du secteur public, des entreprises du secteur privé, des groupes à but non lucratif et des simples particuliers. On ne s’étonnera pas, dès lors, de trouver un peu partout au monde des organismes des États-Unis qui appuient des instituts de recherche économique, des groupes religieux qui administrent des écoles ou des dispensaires, des initiatives en matière de microfinancement à l’intention de créateurs de petites entreprises ainsi que des universités, des instituts de formation et des organisations non gouvernementales qui participent à des campagnes de sensibilisation à l’environnement et aux droits de l’homme.
Les programmes d’aide du gouvernement des États-Unis La plupart des gens associent l’aide des États-Unis à l’action de l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID). Établie en 1961, l’USAID est effectivement l’organisme fédéral le plus grand et le plus divers qui ait des responsabilités en la matière. Depuis sa création, elle a été le fer de lance de toutes sortes d’activités, dont la « révolution verte » qui a aidé à nourrir des millions de gens grâce à l’élaboration et à la distribution de nouvelles variétés de riz, de blé et d’autres céréales ; des campagnes de vaccination ; des programmes en faveur de la santé maternelle ; des programmes d’alphabétisation ; la mise au point de la thérapie par réhydratation orale pour combattre la diarrhée ; des activités dans le domaine du microfinancement, etc. De nos jours, l’USAID administre toute une gamme d’activités de développement dans le monde entier. Si l’USAID forme la clé de voûte des efforts que déploie le gouvernement des États-Unis en faveur de l’aide à l’étranger, bien d’autres organismes proposent des programmes qui renforcent son action. La liste inclut, entre autres, le département d’État, le ministère des finances, le ministère de l’agriculture, de la défense, de la santé et des services sociaux, le Centre fédéral d’épidémiologie (Centers for Disease Control ou CDC), le Corps de la paix, la Société du compte du millénaire (Millenium Challenge Corporation ou MCC), la Fondation pour le développement de l’Afrique et la Fondation interaméricaine. En sus de ces efforts bilatéraux, ce sont les États-Unis qui contribuent le plus, ou qui comptent parmi les pays qui contribuent le plus, au budget d’organisations internationales essentielles, dont la Banque mondiale, l’Organisation des Nations unies, la Banque africaine de développement, la Banque interaméricaine de développement, la Banque asiatique de développement et le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Cinq programmes en particulier illustrent l’ampleur des initiatives entreprises par le gouvernement des États-Unis en matière d’aide à l’étranger et qui dépassent le cadre de l’USAID : ces programmes concernent les secours humanitaires, l’allègement de la dette, le Corps de la paix, la Société du compte du millénaire (MCC) et le plan d’aide d’urgence du président à la lutte contre le sida (PEPFAR). Les secours humanitaires - La générosité du peuple américain se manifeste le mieux face à une situation d’urgence et à une crise humanitaire. Comme la plupart des gens à travers le monde, les Américains sont convaincus qu’il faut tendre la main à ceux qui sont dans le besoin. Principalement par l’intermédiaire de son Bureau de l’aide aux sinistrés à l’étranger (OFDA), le gouvernement des États-Unis a été parmi les premiers à porter secours aux victimes du cyclone Mitch qui avait ravagé l’Amérique centrale en 1997. En outre, il a envoyé rapidement des soldats pour distribuer des vivres et des fournitures d’urgence aux rescapés du tsunami qui avait déferlé sur l’Indonésie, la Thaïlande, le Sri-Lanka et d’autres pays en décembre 2004. De fait, après tout séisme, toute inondation, toute famine, et où que surgisse une crise mettant en jeu des réfugiés, on voit le gouvernement, des associations privées et des organismes religieux des États-Unis parmi les premiers intervenants d’une action internationale. Allègement de la dette - Depuis la fin des années 1990, le ministère des finances des États-Unis est l’un des principaux acteurs du mouvement mondial visant à réduire le fardeau souvent écrasant de la dette des pays les plus pauvres. Un tournant a été amorcé en 1997 quand les États-Unis et d’autres membres du Fonds monétaire international, de la Banque mondiale et d’autres institutions multilatérales sont convenus de lancer une initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE). Si cette dernière vise à alléger considérablement la dette, elle ne prévoit pas toutefois l’annulation pure et simple, tout au moins dans un premier temps. Au début de l’année 2000, les États-Unis ont été le premier pays à annoncer son intention d’annuler la totalité de leurs créances sur les pays à faible revenu qui remplissent certains critères. Le Corps de la paix - En matière d’aide à l’étranger, le Corps de la paix est peut-être l’organisme phare des États-Unis. La plupart des Américains sont convaincus qu’il faut travailler dur, relever les manches et donner un coup de main à son prochain. Le Corps de la paix incarne toutes ces valeurs. Au cours des quarante-cinq dernières années, plus de 187 000 Américains ont vécu cet idéal en se portant volontaire du Corps de la paix dans 139 pays. On voit ces volontaires enseigner dans des écoles locales, appuyer les campagnes de sensibilisation du public au VIH, participer aux activités de vulgarisation agricole, donner des conseils aux propriétaires de petites entreprises et se montrer utiles dans toutes sortes d’autres activités. Pour des millions de gens de par le monde, le premier contact avec un Américain, c’est avec un volontaire du Corps de la paix. En outre, et c’est tout aussi important, les volontaires du Corps de la paix de retour aux États-Unis sont plus sensibles à la diversité des cultures et ils se font un point d’honneur de partager leur vécu avec leurs concitoyens. La MCC - Le Compte du millénaire (Millenium Challenge Account ou MCA) est l’un des tout derniers programmes d’aide à l’étranger du gouvernement des États-Unis. Créé en 2004, le MCA est administré par un nouvel organisme, la Société du compte du millénaire (MCC), mais il ne fonctionne pas comme la plupart des autres programmes d’aide. Le MCA se fonde sur le principe selon lequel l’aide publique est d’autant plus efficace qu’elle vient appuyer des pays bien gouvernés et qui sont acquis à l’application d’une politique judicieuse visant à combattre la pauvreté et à accélérer le développement. Dans cet esprit, la MCC sélectionne les pays bénéficiaires en fonction de leur attachement concret à une bonne gouvernance, à la lutte contre la corruption, aux investissements dans les secteurs de la santé et de l’enseignement et à l’adoption d’une politique économique judicieuse. Quand elle a sélectionné un pays, la MCC laisse une grande autonomie à ce dernier à qui il incombe de définir son ordre de priorité en vue de l’élaboration de programmes adaptés à ses besoins et de leur application. Jusqu’à présent, beaucoup de pays se concentrent sur des projets d’infrastructure (l’infrastructure routière notamment), d’agriculture et de développement dans les zones rurales. Les programmes sont élaborés de manière à stimuler l’activité économique, à attirer des investissements supplémentaires et à créer des emplois, ce qui contribue à accélérer la cadence des progrès économiques et à faire reculer la pauvreté. À ce jour, la MCC a désigné 25 pays comme étant admissibles à ses programmes principaux et elle a signé des contrats avec 14 autres. En outre, elle fait bénéficier de « programmes-seuils » 15 autres pays qui ne remplissent pas encore les critères d’admissibilité de la MCC, mais qui sont sur le point d’y parvenir.
Le PEPFAR - Depuis quelques années, les États-Unis sont le fer de lance de la lutte contre le sida dans le monde entier, et leur action dans ce domaine s’exprime essentiellement à travers le Plan d’aide d’urgence du président à la lutte contre le sida (PEPFAR) et par leurs contributions au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Établi en 2003, le PEPFAR fournit une aide importante à 15 pays prioritaires, principalement situés en Afrique subsaharienne, et il administre d’autres programmes dans des dizaines d’autres. Au cours des quatre premières années d’existence du PEPFAR, ses programmes ont permis de rallonger l’espérance de vie de 1,1 million de personnes grâce à l’administration de médicaments antirétroviraux, d’éviter plus de 100 000 cas de transmission du VIH de la mère à l’enfant et de prodiguer des soins à plus de 4 millions de personnes touchées par cette épidémie. En outre, le PEPFAR a financé des activités de prévention qui ont atteint environ 60 millions de personnes et fourni des aides à l’appui de plus de 18 millions de séances de conseils et de dépistage. En marge de ces programmes bilatéraux, les États-Unis assurent environ 30 % du budget du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, aujourd’hui le plus gros donateur au titre des programmes de lutte contre le paludisme et la tuberculose et le deuxième donateur au titre des programmes visant le VIH dans le monde. Malheureusement, l’épidémie de sida continue de se propager ; depuis quelques années, ce sont les États-Unis qui sont le chef de file des efforts destinés à combattre cette maladie. La participation du secteur privé Indépendamment des contributions du gouvernement des États-Unis, les associations caritatives, les organismes religieux et de simples particuliers se font depuis longtemps un point d’honneur d’apporter une aide et leur appui à des organisations réparties dans le monde entier. Beaucoup d’Américains préfèrent offrir leur aide par l’intermédiaire d’organismes du secteur privé, de fondations et d’églises. Les organismes tels que Catholic Relief Services, World Vision, CARE, la Croix-Rouge américaine, Save the Children, Oxfam America et quantité d’autres du même genre appuient depuis des dizaines d’années les efforts déployés en vue du développement à travers le monde. Pour ne citer qu’un exemple, je signale que l’association Rotary International, forte du soutien de ses membres aux États-Unis et dans le reste du monde, a été le fer de lance de l’éradication de la poliomyélite. Ces dix dernières années ont été marquées par l’intervention de plusieurs nouvelles fondations, qui ont fait des contributions importantes en faveur du développement. Les fondations américaines font la guerre à la pauvreté depuis de longues années : dans les années 1950 et 1960, les fondations Ford et Rockefeller comptaient parmi les plus grands organismes d’aide au monde, et aujourd’hui encore elles continuent d’apporter leur concours. Toutefois, plusieurs fondations ont vu le jour ces dernières années. La mieux dotée est assurément celle de Bill et Melinda Gates, qui décaisse plus de 1,5 milliard de dollars par an, soit plus encore que la somme totale de l’aide à l’étranger fournie par de nombreux pays donateurs considérés individuellement. Il faut également mentionner la fondation William et Flora Hewlett, le réseau Omidyar, Google.org, la fondation Nike et l’association Malaria No More. Ces organismes apportent leur esprit d’entreprise, leur savoir-faire technique et leur détermination aux organisations et aux États qui s’emploient à résoudre certains des problèmes de développement parmi les plus pressants.
Se rendre à l’évidence Certes, les programmes américains d’aide à l’étranger ne sont pas à l’abri des critiques. Si beaucoup d’observateurs reconnaissent que les États-Unis sont le plus grand donateur individuel, ils font aussi remarquer que leur aide est inférieure à celle d’autres pays en tant que pourcentage de leur produit intérieur brut, même quand on inclut dans l’aide américaine les contributions des particuliers et des associations caritatives. En outre, les retards d’ordre bureaucratique et le niveau élevé des frais administratifs compliquent les programmes d’aide publique des États-Unis. Ces questions commencent à retenir davantage l’attention aux États-Unis même, et des changements importants ont été faits. Par exemple, l’aide publique directe à l’étranger a augmenté de plus de 150 % depuis 1997. Certains efforts ont été déployés en vue de réduire les frais administratifs, en particulier dans le cadre de la MCC, et d’autres réformes sont en cours. De nos jours, beaucoup d’Américains sont particulièrement conscients de l’urgence qu’il y a de combattre la pauvreté, d’enrayer les maladies endémiques et d’accélérer le développement dans les pays les plus pauvres. Ils s’efforcent à de nombreux niveaux de relever ces défis, par l’entremise de leurs pouvoirs publics, de fondations privées, de groupes religieux ou à titre individuel, dans l’espoir de faire reculer la pauvreté et les maladies et de créer un monde plus ouvert et plus prospère pour tous.
Les opinions exprimées dans le présent article ne reflètent pas nécessairement les vues ou la politique du gouvernement des États-Unis. |
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