Regards sur le monde de la philanthropie
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Qu'une collectivité soit dans le besoin, n'importe où aux Etats-Unis ou dans le reste du monde, et il a un Américain qui va tenter de mobiliser de l'aide ; que des ressources se trouvent dégagées, et quelqu'un va chercher à savoir qui en a besoin. C'est un trait de caractère typiquement américain : si on peut faire d'une pierre deux coups - par exemple, venir en aide aux moins fortunés et, à l'occasion, promouvoir une marchandise, s'amuser ou attirer l'attention du public sur une cause quelconque -, il n'y a pas à hésiter. Souvent, le processus de recherche et d'appariement des ressources repose sur des éléments ou des activités commerciales uniques, ou alors il mérite d'être signalé parce qu'il constitue une première. Voilà qui contribue à la vivacité du secteur du mécénat, mais qui complique la tâche de définition des programmes à cause de la fusion qui s'opère entre philanthropie et bénévolat, monde du commerce et bonnes œuvres, secteur gouvernemental et secteur non gouvernemental (ou secteur public et secteur privé), au fil des partenariats et des collaborations qui se créent. Dans les pages qui suivent, nous proposons au lecteur de découvrir un certain nombre d'organisations et d'activités philanthropiques à travers lesquelles les Américains viennent en aide à leur prochain. Les exemples retenus sont représentatifs du grand nombre de fondations, de programmes et de projets qui sont appuyés par la population. À chaque fois qu'on donne un exemple, on aurait pu en citer mille autres, et seul le manque de place fait qu'ils ne sont pas inclus. Les exemples retenus proviennent en grande partie des sites internet des organisations mentionnées. Nous encourageons le lecteur à n'y voir qu'un point de départ et nous l'invitons à en apprendre encore davantage sur la créativité, la générosité et l'engagement des Américains, prêts à partager jour après jour leur temps et leurs talents avec les moins fortunés. Dikembe Mutombo, champion de basketball Dikembe Mutombo Mpolondo Mukamba Jean-Jacques Wamutombo, basketteur All-Star de la NBA (National Basketball Association) qui joue pour l'équipe des Rockets de Houston, est venu aux Etats-Unis pour y faire des études de médecine. Il comptait, une fois diplômé, retourner dans son pays natal, la République démocratique du Congo, pour y améliorer la situation en matière de santé. Mais pendant qu'il faisait ses études à l'université de Georgetown, il a été invité à tenter sa chance dans l'équipe de basketball. Non seulement il a été sélectionné, mais il est devenu l'une des grandes vedettes du basketball professionnel.
Depuis près de dix ans qu'il joue dans la NBA, Mutombo a accumulé la célébrité et la richesse qui lui donnent le loisir de s'impliquer dans de bonnes œuvres. Lorsqu'il jouait pour une équipe d'Atlanta, il a rendu visite à des patients dans des hôpitaux, apporté son concours à l'association sportive Special Olympics en faveur des enfants handicapés par un retard de développement et versé des aides à l'équipe féminine de basketball et d'athlétisme de Zambie pour qu'elle puisse participer aux Jeux Olympiques tenus à Atlanta en 1996. Membre de l'organisation Basketball Without Borders (Basketball sans frontières), il fait des tournées un peu partout en Afrique au nom de la NBA. Dikembe Mutombo est un porte-parole de l'organisme d'aide humanitaire CARE et c'est lui qui a été le premier émissaire du PNUD (Programme des Nations unies pour le développement) pour la jeunesse. Sa contribution peut-être la plus importante, c'est d'avoir intégré à ses « cliniques » de basketball de vastes activités visant à sensibiliser et à éduquer les collectivités au sujet de questions sociales importantes, dont la prévention du VIH/sida. En 1997, il a créé une fondation qui porte son nom et dont l'objectif est d'éradiquer les maladies infantiles, aujourd'hui rares dans les pays industrialisés, qui continuent de faire des ravages au Congo. En 1999, le magazine USA Weekend a nommé Dikembe Mutombo « Athlète au plus grand cœur » en récompense des efforts qu'il déploie pour mobiliser des fonds au profit de la lutte contre le VIH/sida en République démocratique du Congo. Il continue d'œuvrer en ce sens, et en 2006 il a convaincu le Congrès de s'engager à allouer deux millions de dollars au financement de dispensaires et de centres de soins dans son pays natal. Pour tout renseignement complémentaire sur la Fondation Mutombo, consulter le site http://www.dmf.org Le Saint Jude Children's Research Hospital (Hôpital de recherche St Jude pour enfants) et l'ALSAC (American Lebanese Syrian Associated Charities) Il y a plus de cinquante ans, un jeune Américain d'origine libanaise qui a du mal à se faire un nom dans le monde du spectacle fait une prière à saint Jude, le patron des causes désespérées. Il demande au saint de le conseiller dans sa carrière, en échange de quoi il s'engage à lui construire un sanctuaire. Quelques années plus tard, Danny Thomas tiendra promesse. Chanteur, acteur et réalisateur à succès, il fait construire un hôpital de recherche spécialisé dans le traitement des enfants atteints de maladies mortelles et il le dédie à saint Jude. Danny Thomas, son épouse et des hommes d'affaires de Memphis (Tennessee), le futur site de l'hôpital, s'emploient à réunir les capitaux nécessaires. Après avoir passé des années à mobiliser l'opinion, ils ont collecté assez d'argent pour faire construire l'hôpital, mais pas pour assurer ses frais de fonctionnement. Danny Thomas décide alors de se tourner vers ses compatriotes d'origine arabe. Il est convaincu que la participation à son projet leur offre à tous l'occasion de remercier les Etats-Unis qui ont offert à leurs parents le don de la liberté et de rendre hommage à leurs ancêtres qui ont émigré aux Etats-Unis. Cent représentants de la communauté arabo-américaine se réunissent à Chicago pour former l'ALSAC (American Lebanese Syrian Associated Charities), dans le seul objectif de collecter des fonds au profit de l'hôpital. Depuis, l'ALSAC assume l'entière responsabilité des activités visant à mobiliser des capitaux et elle recueille des millions de dollars chaque année. Aujourd'hui, l'hôpital bénéficie du soutien financier d'Américains, toutes origines ethniques, religieuses ou raciales confondues, - c'est d'ailleurs la troisième organisation caritative hospitalière des Etats-Unis -, et plus d'un million de bénévoles dans tout le pays apportent eux aussi leur pierre à l'édifice. Outre les particuliers, des entreprises et des organisations soutiennent l'hôpital Saint-Jude. La société Target, dont l'action philanthropique tant à l'échelon local qu'à grande échelle est impressionnante, a construit deux pavillons (Target Houses I & II) qui hébergent les familles dont les enfants doivent subir un traitement de plus de trois mois à l'hôpital. Au total, ces deux pavillons regroupent 96 appartements de deux chambres à coucher, entièrement meublés, pour l'usage des familles venues du monde entier. Chaque appartement est équipé d'une cuisine. Divers lieux communs sont à la disposition des usagers : terrain de jeux, bibliothèque, cuisine et salles à manger, salles de jeu et buanderie. Non seulement elle a construit ces logements, mais la société Target contribue aussi à améliorer l'existence au quotidien des familles qui y sont hébergées. Univision Radio, la plus grande station de radiodiffusion des Etats-Unis en langue espagnole, est un autre exemple du soutien du secteur privé à l'hôpital Saint-Jude. En février 2006, par exemple, cette station a consacré plus d'une trentaine d'heures de programmes en direct en liaison avec l'hôpital. Des milliers d'auditeurs se sont rués sur le téléphone pour s'engager à verser une contribution ; au total, c'est 4,2 millions de dollars qui ont été mobilisés dans le cadre de l'émission annuelle Promesa y Esperanza (Promesse et espoir) - une première dans les annales de cette émission. Le porte-parole de l'ALSAC, David McKee, a remercié les auditeurs hispaniques de tout le pays de leur soutien, qui, a-t-il dit, aidera l'hôpital à continuer à rechercher des traitements pour sauver la vie d'enfants du monde entier, y compris dans les hôpitaux qui sont affiliés à Saint-Jude en Amérique centrale et du sud.
Parce que l'idée de la mort d'un enfant est insupportable, l'hôpital fondé par Danny Thomas traite tous les enfants, que leur famille puisse payer les soins ou non. Et grâce à ses travaux de recherche, dont il dissémine les résultats parmi la communauté médicale du monde entier, l'hôpital Saint-Jude a contribué à accroître le taux de survie pour de nombreuses maladies, y compris certains cancers pédiatriques dont le taux de mortalité est tombé de 80 % à moins de 30 %. Depuis le décès de ses parents, la fille des Thomas, Marlo, à droite sur la photo, assume le rôle de porte-parole de l'hôpital. On la voit entourée d'enfants qui sont traités à Saint-Jude. Pour plus de renseignements, consulter le sitehttp://www.stjude.org Portrait suivant >>>>
Les opinions exprimées dans cet article ne reflètent pas nécessairement les vues ou la politique du gouvernement des États-Unis.
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