Ces mots, inscrits sur une plaque au pied de la statue de la Liberté, dans le port de New York, expriment l'essence de l'Amérique.
Les valeurs qu'ils suggèrent - d'accueillir les nouveaux arrivants, de les encourager à apprendre et à s'épanouir dans un nouvel environnement - se retrouvent partout dans la société américaine, et notamment dans le système des community colleges.
Ces établissements sont typiquement américains : ouverts à tous, d'accès facile, ils offrent un environnement convivial et favorable et permettent aux étudiants - quelles que soient leurs capacités - de poursuivre leur éducation, d'affiner leurs compétences techniques ou de changer de carrière. Ils sont particulièrement attrayants et importants pour les nouveaux Américains mais aussi pour les Américains de souche d'âge universitaire ou plus âgés. Ils offrent à tous l'espoir d'un meilleur avenir et - en dernière analyse - ils peuvent littéralement changer leur vie.
Un exemple :
Jim (ce n'est pas son vrai nom) était cuisinier dans un restaurant local où il préparait les omelettes. Frappé d'un cancer à l'approche de la trentaine, il a dû quitter son travail. Sans assurance maladie, force lui a été de s'inscrire, fort gêné, à l'assistance sociale. Recouvrant progressivement la santé, il s'est dit qu'il devait faire autre chose dans sa vie et, avec une aide financière de l'État, il s'est inscrit dans un de ces centres d'enseignement. Il y a obtenu de bons résultats et, lorsqu'un programme de bourses lui a donné l'occasion d'aller en Chine, il a saisi sa chance et s'est trouvé projeté dans un monde différent. De retour, il est entré dans une université à plein temps et il a fini par enseigner au Japon pendant quelques années. Il est maintenant revenu aux États-Unis où il poursuit sa carrière d'enseignant.
Les étudiants comme Jim sont légion : on en compte quelque 10 millions dans les 1.100 community colleges du pays où ils suivent des cours à unité aussi bien que des programmes postscolaires. Comme le montrent les statistiques, ces établissements sont sources de débouchés pour tous : plus de la moitié de leurs étudiants sont les premiers de leur famille à poursuivre des études postsecondaires ; 30 % des inscrits viennent de groupes minoritaires, et qui plus est, selon une récente étude, 61 % d'entre eux ont plus de 21 ans. Beaucoup d'entre eux n'auraient jamais continué leurs études sans ces centres.
Et, pour revenir à la « lampe près de la porte d'or », nombre d'entre eux sont des immigrés de fraîche date.
Prenez par exemple Tooch Van.
Il avait trois ans lorsque ses parents et ses frères et sœurs ont été exécutés par les Khmers rouges. Il a passé des années dans un camp de réfugiés cambodgiens. Son nom, Tooch, veut dire « petit » et c'était son surnom dans le camp : il ne se souvient plus de son vrai nom. Lorsqu'il a finalement été libéré, avec d'autre réfugiés, il a marché - pieds nus - pendant trois mois avant d'arriver à Phnom Penh. Une famille de réfugiés l'a adopté et l'a envoyé à l'école. Après avoir reçu son diplôme du secondaire, il a commencé à conduire un taxi pour payer ses études d'anglais à une école de langues privée.
Après avoir travaillé comme responsable de programmes pour une organisation non gouvernementale américaine, Pact/Cambodia, ses connaissances linguistiques lui ont permis de devenir assistant de programme pour l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) à l'ambassade des États-Unis à Phnom Penh. Ses contacts diplomatiques l'ont encouragé à faire une demande de visa d'étudiant pour venir étudier au Middlesex Community College de Lowell (Massachusetts). Après avoir rempli les formalités nécessaires (passé un examen de compétence en anglais, prouvé qu'il avait été accepté par un établissement d'enseignement américain et qu'il pouvait payer ses frais de scolarité et ses dépenses de subsistance) il a reçu un visa et une bourse et s'est inscrit à l'école de Lowell (district qui abrite la deuxième concentration de ressortissants d'Asie du Sud-Est aux États-Unis).
Il a fait d'excellentes études à Middlesex où il a également activement participé au gouvernement des étudiants et a été reçu dans une société académique. Après ses deux années dans cet établissement, il a continué à Trinity College (Connecticut), établissement à plein temps de 4 ans d'études. Depuis, les distinctions se suivent. Il a reçu la prestigieuse bourse Woodrow Wilson pour étudier la politique et les affaires internationales à l'université Princeton et a récemment été accepté à la faculté Fletcher de droit et de diplomatie de l'université Tufts. Il est retourné au Cambodge trois étés de suite travailler pour Pact/Cambodia et il envisage d'y retourner en 2002, cette fois pour y escorter les enseignants du Middlesex Community College, bouclant ainsi le cercle.
Jim, Tooch et tous les autres offrent au pays et à la communauté mondiale une source d'espoir pour l'avenir. Et c'est fréquemment dans les community colleges que les semences de cet espoir prennent racine. Ces établissements ouverts à tous offrent aux élèves des cours pour développer leurs compétences, la possibilité de poursuivre leurs études dans des universités à plein temps, des possibilités d'emploi grâce à leurs partenariats avec le monde des affaires et de l'industrie et leur collaboration avec les systèmes d'enseignement primaire et secondaire, et - ce n'est pas le moindre de leurs avantages - des programmes d'éducation permanente.
Figurativement et littéralement, ce sont des lampes pour le présent et le futur.
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Evelyn Clements est vice-présidente du Middlesex Community College du Massachusetts.