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Hollywood se met au vert

Robin Yeager

L'industrie du cinéma aujourd'hui

SOMMAIRE
Avant-propos
Qu'est-ce qu'il y a d'américain dans les films américains ?
Les films de sport font vibrer la corde sensible des Américains
Les films étrangers en Amérique
Les festivals du film aux États-Unis
Portraits de jeunes cinéastes
L'essor du cinéma indépendant
Le Festival de Sundance soutient les films de réalisateurs indépendants du monde entier
Un festival de films dans votre salon
La révolution numérique
Hollywood se met au vert
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L'industrie du cinéma aujourd'hui
Bibliographie
Sites Internet
 

L'industrie cinématographique - des acteurs et réalisateurs aux grands studios - s'efforce actuellement de mieux respecter l'environnement. Robin Yeager est attachée au Bureau des programmes d'information internationale du département d'État des États-Unis et rédactrice en chef de cette revue électronique de la Société américaine.

Shelley Billik, de Warner Bros. présente les mesures novatrices que le studio a prises en faveur de l'environnement. Shelley Billik, de Warner Bros. présente les mesures novatrices que le studio a prises en faveur de l'environnement. © 2007 Warner Bros. Entertainment Inc. All rights reserved.

Faire un film n'est pas une mince affaire, surtout sur le plan de l'environnement. Il faut généralement faire construire pour un usage temporaire des bâtiments et des décors, imprimer des scripts en plusieurs centaines d'exemplaires, nourrir et chauffer (ou rafraîchir lorsqu'il fait chaud) toute une équipe. Les scènes d'action nécessitent souvent des explosions et du matériel pyrotechnique. Les projecteurs consomment de l'électricité et il faut transporter par voie routière, aérienne ou autre, d'un emplacement à un autre, toutes les personnes et tout le matériel nécessaires. Même les technologies numériques peuvent nuire à l'environnement du fait de la production, de l'utilisation et de l'élimination du matériel spécialisé.

L'industrie cinématographique, qui est l'un des principaux secteurs d'activité du sud de la Californie, a contribué par le passéà la pollution ambiante. Mais nombreux à Hollywood sont ceux qui sont résolus à changer la situation. Des dirigeants et des membres du personnel des grands studios, ainsi que des acteurs, des artistes et des commerciaux, souhaitent véritablement préserver l'environnement.

L'industrie - Parmi les dirigeants de studio qui modifient leurs activités pour avoir des entreprises écologiques figurent Alan Horn, président-directeur général de Warner Bros., et Ron Meyer, président-directeur général d'Universal. Universal s'est engagée à réduire de 3 % ses émissions de gaz à effet de serre et a pris à cet effet diverses mesures. Les tramways diesel de ses parcs d'attraction ont par exemple été remplacés par des véhicules moins polluants. Warner Bros. met l'accent sur l'environnement depuis plus de 14 ans et compte parmi ses cadres dirigeants un responsable des questions environnementales. Cette société a commencé par réduire les quantités de déchets produits et les recycler ; elle a aujourd'hui mis en place un vaste programme pour ne pas nuire à l'environnement, présenté sur son site Internet [www.wbenvironmental.com]. Choisissez « Eco-Tour » dans le menu et vous verrez Shelley Billik, vice-présidente chargée des questions environnementales, expliquer la stratégie écologique de Warner Bros. Elle présente divers aspects de l'industrie cinématographique, indiquant les mesures prises par le studio et faisant valoir que, outre leurs effets positifs pour la terre, les stratégies visant la protection de l'environnement sont également bonnes pour le chiffre d'affaires d'une entreprise.

Films - Le film Syriana, qui a valu à George Clooney l'Oscar du meilleur second rôle masculin, traite de l'environnement. Dans le documentaire « Une vérité qui dérange  », qui a lui aussi remporté un Oscar, l'ex-vice-président Al Gore sensibilise un public mondial au réchauffement climatique. Ces deux films mettent les cinéastes au défi de réaliser une production entière avec un « bilan carbone neutre ». Cette expression signifie que les émissions de gaz à effet de serre produites par l'énergie consommée dans le cadre d'un projet sont compensées en plantant un certain nombre d'arbres ou en effectuant des investissements correspondants dans l'énergie solaire ou d'autres énergies renouvelables.

George Clooney est le producteur du film <em>Syriana</em>, qui lui a également valu un Oscar pour le meilleur second rôle masculin. C'est l'un des premiers films produits avec un « bilan carbone neutre ». George Clooney est le producteur du film Syriana, qui lui a également valu un Oscar pour le meilleur second rôle masculin. C'est l'un des premiers films produits avec un « bilan carbone neutre ». © AP Images/Alastair Grant

Engagements individuels - Certains acteurs et réalisateurs choisissent des rôles et des projets en fonction de critères environnementaux ; ils mettent à profit leur célébrité pour attirer l'attention du public sur la situation et apportent un soutien financier à la protection de l'environnement. Parmi les défenseurs de l'environnement figurent Robert Redford, qui a reçu de nombreuses distinctions honorifiques pour ses efforts et dont la chaîne de télévision câblée Sundance Channel consacre depuis peu à l'environnement une tranche horaire hebdomadaire intitulée The Green ; Leonardo DiCaprio, dont le documentaire long-métrage sur la situation actuelle de l'environnement dans le monde, The 11th Hour, sortira en 2007, et qui a contribué à une émission de télé réalité et à des courts-métrages traitant de l'environnement [ www.leonardodicaprio.org ] ; et l'écrivain et réalisateur Paul Haggis, qui agit en faveur de l'environnement dans sa vie professionnelle aussi bien que personnelle, en vivant dans une maison alimentée en électricité par des panneaux solaires et en conduisant un véhicule hybride. On pourrait également citer Laurie et Larry David, Rob Reiner, Tom Hanks, Harrison Ford, Norman Lear, Cameron Diaz, Darryl Hannah et bien d'autres.

Lors de la cérémonie de remise des Oscars en février 2007, l'Académie des arts et sciences du cinéma a annoncé que la cérémonie elle-même avait été organisée dans le respect de l'environnement et a recommandé aux spectateurs de consulter le site Internet www.oscar.com pour obtenir plus d'informations à ce sujet et se reporter au Conseil national de défense de l'environnement.

Pouvoirs publics et cinéma

Contrairement à de nombreux pays où le gouvernement encadre les activités culturelles, dont le cinéma, les États-Unis n'ont aucun organisme gouvernemental ou ministère qui réglemente l'industrie cinématographique. Les pouvoirs publics américains sont cependant en contact avec cette industrie à différents titres.

Production de films

Aux États-Unis, les films sont généralement réalisés soit par les grands studios qui produisent chaque année de nombreux films et émissions de télévision, soit par des réalisateurs indépendants, parmi lesquels figurent à la fois des étudiants et des cinéastes expérimentés. Il arrive que, par l'intermédiaire de subventions accordées par des universités ou des conseils des arts et des lettres, des réalisateurs indépendants bénéficient indirectement de financements provenant des pouvoirs publics locaux, régionaux ou fédéraux, mais la plupart du temps les financements viennent du secteur privé ou d'organisations philanthropiques cherchant à promouvoir les arts ou bien une grande cause dont traite un film.

Un film est réalisé avec l'appui de la Commission cinématographique du Texas. Un film est réalisé avec l'appui de la Commission cinématographique du Texas. © AP Images/Donna McWilliam

S'il n'existe aucun ministère du cinéma, on compte cependant de nombreux organes gouvernementaux qui sont en rapport avec l'industrie cinématographique. À l'échelle locale et des États, les offices publics du film cherchent à attirer des équipes de tournage dans leur région car cela a des retombées économiques et crée des emplois, fait connaître des lieux touristiques ou présente leur région sous un jour favorable. Ces offices aident également les réalisateurs à collaborer avec la police et d'autres interlocuteurs lorsque le tournage de certaines scènes influe sur la circulation, se déroule dans des bâtiments publics ou entraîne d'autres contraintes particulières.

De même, les structures gouvernementales, notamment les différentes branches de l'armée, ont des bureaux qui aident les réalisateurs à filmer leurs locaux, leur matériel et même leur personnel. Il serait par exemple difficile pour un réalisateur de faire construire un porte-avions crédible ou d'engager des figurants qui, à l'arrière-plan d'une scène, ressembleraient à de véritables soldats ou militaires de l'armée de l'air ou de la marine (dont les coupes de cheveux, le degré de forme physique et la posture sont souvent différents de celles d'acteurs civils). L'armée est disposée à mettre ses installations, dans la mesure du raisonnable, à la disposition de producteurs de films ayant obtenu les autorisations nécessaires et chaque composante de l'armée a un bureau qui donne suite aux demandes de ce type. D'autres organes gouvernementaux traitent les demandes de tournage dans des lieux et bâtiments publics, par exemple les monuments et les parcs.

En s'adressant aux bureaux spéciaux de l'armée, les réalisateurs peuvent obtenir l'autorisation de filmer des établissements et du matériel militaires, comme dans ces scènes du film <em>Pearl Harbor</em>. En s'adressant aux bureaux spéciaux de l'armée, les réalisateurs peuvent obtenir l'autorisation de filmer des établissements et du matériel militaires, comme dans ces scènes du film Pearl Harbor. © AP Images/Honolulu Advertiser, Jeff Gebhard

En s'adressant aux bureaux spéciaux de l'armée, les réalisateurs peuvent obtenir l'autorisation de filmer des établissements et du matériel militaires, comme dans ces scènes du film <em>Pearl Harbor</em>. © AP Images/Tom Stathis

Il y a longtemps, le gouvernement américain produisait des longs-métrages et collaborait étroitement avec Hollywood dans le cadre de films visant à rehausser le moral du public en période de guerre. Cependant, depuis la Deuxième Guerre mondiale, ces programmes ont été éliminés pour différentes raisons d'ordre budgétaire et éthique. Les films des services gouvernementaux qui, par définition, s'adressent à un public extérieur, national ou étranger, constituent une exception. L'Agence d'information des États-Unis a, par exemple, pendant longtemps produit des films destinés à un public étranger, en complément de ses autres programmes éducatifs. L'un de ces films, intitulé John F. Kennedy : Years of Lightning, Day of Drums, hommage posthume au président assassiné, a même remporté en 1965 l'Oscar du meilleur documentaire. Cette agence, qui a été incorporée au département d'État des États-Unis, ne produit plus de films aujourd'hui.

Censure

À certaines époques, notamment pendant la Deuxième Guerre mondiale, la diffusion de certaines informations était limitée pour des raisons de sécurité nationale. Mais de manière générale le gouvernement n'a guère eu recours à la censure. Afin de concilier la liberté d'expression et la nécessité de préserver le public et de faire preuve d'un minimum de bon goût, les critères que s'est imposés l'industrie cinématographique ont conduit à un système de notation (G pour les films grand public, R pour un public restreint, ainsi que plusieurs autres catégories) que l'industrie elle-même - et non le gouvernement - applique aux films, permettant aux spectateurs, parents et gérants de salles de cinéma de mieux évaluer le degré d'obscénité, de violence ou de vulgarité d'un film.

Distribution de films

À quelques exceptions près, les films produits aux États-Unis aujourd'hui sont distribués à l'échelle nationale et à l'étranger par des réseaux commerciaux régis par les lois du marché. Si un film n'a pas attiré les spectateurs, il ne restera pas longtemps à l'affiche et sera remplacé par un autre, qui remportera, espère-t-on, plus de succès. Pendant la première moitié du XXe siècle, le gouvernement a apporté un certain appui à la diffusion à l'étranger de films qui contribuaient à présenter les idéaux américains. Cette action a été considérablement réduite. Il n'existe plus aujourd'hui au sein du département d'État qu'un petit bureau qui aide par exemple les ambassades américaines à présenter à un public local des films commerciaux, souvent sous les auspices d'une organisation locale, par exemple le ministère de la culture ou une université. Le gouvernement américain apporte ainsi son appui à l'organisation de festivals de films et d'autres programmes locaux.


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