Alexandra Abboud
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Le site Internet Idealist.org répertorie plus de 57 000 organismes sans but lucratif répartis dans quelque 180 pays. Il sert de lieu de rencontre pour quiconque souhaite faire carrière ou du bénévolat dans le vivier du milieu associatif où sont représentées toute une gamme d'activités sociales, philanthropiques et humanitaires. Selon ses créateurs, ce site met en relief les nombreux organismes, tant aux États-Unis qu'à l'étranger, qui attirent des étudiants, des jeunes diplômés et quiconque « veut changer sa collectivité et le monde en œuvrant en faveur du rapprochement des personnes, des idées et des ressources par tous les moyens possibles ». Les liens noués par les personnes qui travaillent dans ce milieu débouchent souvent sur des échanges interculturels entre individus passionnés et idéalistes, déterminés à œuvrer ensemble à une cause commune. Rédactrice du département d'État, Alexandra Abboud s'est entretenue avec trois jeunes adultes aux États-Unis qui donnent le meilleur d'eux-mêmes à l'appui des causes qui leur sont chères. Ils livrent leurs réflexions dans les pages qui suivent.
Diana Smith - La dignité fondamentale de l'être humain
Le développement international est un sujet qui m'a toujours vivement intéressée, et c'est mon frère qui m'en a donné le goût parce qu'il a travaillé plusieurs années au Soudan, au Tchad et au Bangladesh avec l'Organisation mondiale de la santé. Ce qui m'intéresse surtout, c'est de faire reculer la faim chronique. Quand j'avais quinze ans, j'ai rédigé une dissertation sur la sous-alimentation et composé des poèmes dans lesquels j'essayais d'imaginer comment la famine touchait les gens d'un point de vue social et psychologique. Lorsque je faisais mes études à Wheaton, j'ai participé à un programme qui m'a permis de passer six mois au Ghana avec des réfugiés libériens. Tous les mois, je distribuais les rations alimentaires : du sel iodé, un mélange maïs-soja, de l'huile de table, des pois secs et du maïs. Quand j'ai obtenu mon diplôme, le directeur du programme m'a suggéré de contacter Bread for the World pour faire une demande de stage, ce qui me donnerait toute une année pour apprendre à plaider auprès des pouvoirs publics en faveur des gens que j'avais rencontrés au Ghana, au Bangladesh, en Égypte et ailleurs. Ce sont les gens qui m'intéressent, la dignité et la beauté de l'être humain. Je veux savoir comment ils deviennent ce qu'ils sont, comment ils vivent, à quels obstacles ils se heurtent et comment ils y font face. Je suis arrivée à Bread for the World prête à apprendre ; je voulais comprendre comment le gouvernement des États-Unis distribuait son aide aux pays étrangers. J'ai vu un tas de projets de développement sur le terrain, mais je n'avais jamais compris d'où provenait le financement. Mon stage à Bread for the World m'aide à mieux comprendre la dynamique politique et budgétaire du point de vue du gouvernement américain. Je suis contente de sensibiliser les Américains à ce qu'ils peuvent faire pour changer les choses dans le monde. J'ai passé un été à travailler au Bangladesh avec des prostituées et, quand je partais, une collègue bangladaise m'a dit : « Quand tu retourneras dans ton pays, tu dois leur dire ! Dis aux gens ce que tu as vu et comment on vit. Ils t'écouteront quand tu leur diras la vérité ! » J'ai souvent eu l'occasion de le constater à Bread for the World. Beaucoup d'Américains sont très généreux, mais ils ne connaissent pas les réalités du monde comme je les connais, moi. Une fois qu'ils savent qu'un enfant meurt de faim toutes les cinq secondes à travers le monde, et qu'ils peuvent faire quelque chose, ils deviennent des défenseurs passionnés de cette cause. Pour de plus amples renseignements en anglais sur ce que fait Diana, veuillez consulter le site http://www.bread.org/.
Alejandro Martinez - Découvrir tout un monde de possibilités
J'ai commencé à enseigner l'espagnol pour la fondation Rassias après avoir travaillé pendant un an dans la section d'espagnol à Dartmouth. C'est par l'intermédiaire de cette fondation que j'ai entendu parler des activités du Worldfund relatives à l'enseignement en Amérique latine. J'ai travaillé comme prof d'anglais à Mexico dans le cadre de programmes du Worldfund. Pour le moment, je travaille avec d'autres étudiants de l'université Dartmouth pour sensibiliser les gens sur le campus à la nécessité de relever le niveau d'instruction en Amérique latine. Contrairement à beaucoup de gens au Mexique et en Amérique latine, j'ai eu la chance de recevoir une excellente éducation et je peux attester de sa valeur. L'éducation m'a fait découvrir tout un monde de possibilités. Il faut s'attaquer à la question de l'éducation en Amérique latine si on veut y améliorer la situation. L'éducation, c'est la clé pour avoir des dirigeants mieux préparés et des populations plus fortes et plus actives, vraiment capables d'influencer l'avenir de leur pays. C'est important d'avoir de bons profs d'anglais en Amérique latine. Par exemple, beaucoup d'étudiants mexicains travaillent tout en faisant leurs études. La connaissance de l'anglais leur offre une plus grande gamme de possibilités pour trouver un emploi à la fin de leurs études secondaires, et ça les aidera plus tard, dans leur vie professionnelle. En enseignant l'anglais au Mexique et l'espagnol aux États-Unis, j'ai pu attirer l'attention des gens sur le problème de l'éducation et les aider à comprendre son importance. Sensibiliser les étudiants à Dartmouth me permet de partager ma culture et mon héritage. Mieux les gens comprennent cette question, et plus il y a de chances qu'ils voudront s'impliquer. Quand j'enseignais l'anglais à Mexico, j'ai fait la connaissance d'écoliers à tous les niveaux du primaire. Ce qui m'a le plus impressionné et qui m'a inspiré aussi, c'était d'écouter leurs récits et d'apprendre toutes les difficultés qu'ils devaient surmonter pour aller à l'école. Cela m'a aidé à mettre en perspective ma vie et les occasions qui me sont données. Ces élèves sont devenus une source d'inspiration pour moi et ils m'ont donné envie de faire plus encore pour aider les autres. Pour de plus amples renseignements en anglais sur ce que fait Alejandro, veuillez consulter les sites http://www.worldfund.org/ et em>http://www.dartmouth.edu/~rassias/..
Sophia Lafontant - Nous sommes tous liés les uns aux autres
À Oxfam America, mon travail consiste à informer les étudiants américains au sujet du commerce équitable et à les mobiliser en sa faveur. Le commerce est un dossier très vaste qui regroupe un grand nombre de questions importantes, dont la pauvreté, l'environnement et les droits des travailleurs. Avant de travailler pour Oxfam America, quand je faisais mes études, j'ai participé à un programme de formation d'une semaine, sur le thème de la justice sociale, qui était dirigé par Oxfam. Il s'agissait de l'initiative CHANGE qui a pour but d'apprendre aux étudiants à organiser des campagnes d'information, à défendre des causes et à mobiliser leurs pairs. C'est cette formation qui m'a donné envie de m'impliquer dans le développement international et les questions liées au commerce. Elle m'a fait comprendre que les étudiants et les jeunes adultes ont une voix puissante. À nous de l'utiliser pour promouvoir un changement social positif et important. Cela signifie qu'on doit être solidaire des populations désavantagées, trop souvent exclues de la prise de décisions. Oxfam a des bureaux dans le monde entier, et nous travaillons tous ensemble pour parler d'une seule voix, même si nous vivons dans des fuseaux horaires et des contextes culturels différents. À Oxfam, nous sommes convaincus qu'il faut aider les gens à l'étranger à se faire entendre. Ces deux ou trois dernières années, par exemple, nous avons fait venir aux États-Unis des agriculteurs d'Afrique de l'Ouest et d'Amérique centrale ainsi que des militants thaïlandais dans le domaine de la lutte contre le sida pour les mettre en rapport avec leurs homologues américains. Nous avons organisé des réunions avec des parlementaires pour leur faire comprendre comment la politique des États-Unis touchait la population à l'étranger. Ces militants apportent un accent de vérité aux débats qui sont engagés sur toutes ces questions, et il est important qu'ils s'expriment. Depuis 2002, Oxfam a fait circuler une pétition internationale, le Big Noise (Grand vacarme), pour promouvoir un commerce plus juste. Quand l'Organisation mondiale du commerce a tenu sa réunion ministérielle à Hongkong en 2005, on avait déjà recueilli plus de 20 millions de signatures dans le monde entier, provenant de pays aussi bien en développement que développés. Ce coup de pouce mondial a contribué à renforcer le rôle de la société civile dans divers pays en développement. Rien qu'en Éthiopie, nos partenaires de la société civile ont recueilli 3 millions de signatures. Étant Américaine, j'ai la chance d'avoir accès à beaucoup d'informations, ce qui me donne les moyens d'être au courant des questions internationales et de la politique étrangère des États-Unis. C'est important pour tout le monde, mais en particulier pour les jeunes, d'avoir des vues nuancées sur l'actualité. La technologie nous donne les moyens d'échanger des informations, indépendamment des fuseaux horaires et des océans. Je me considère citoyenne du monde et, de Dakar à Dehli et à Denver, je suis fermement convaincue que nous sommes tous liés les uns aux autres. Pour de plus amples renseignements en anglais sur ce que fait Sophia, veuillez consulter http://www.oxfamamerica.org/.. NDLR : depuis cet entretien, Sophia a été promue organisatrice et spécialiste principales de la formation à Oxfam America.
Les opinions exprimées dans le présent article ne reflètent pas nécessairement les vues ou la politique du gouvernement des États-Unis. |
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