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Le secrétaire d'État Colin Powell aborde les grandes questions de politique étrangèreExtraits de l'interview qu'il a accordée sur la chaîne ABC le 4 février |
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Le secrétaire d'État, M. Colin Powell, affirme que le gouvernement Bush est résolu à mettre en œuvre un programme de défense antimissiles « parce que nous pensons que c'est dans notre intérêt national, dans celui de nos alliés et dans celui du monde entier ». Le 4 février, lors d'une interview accordée aux journalistes Sam Donaldson et Cokie Roberts dans le cadre de l'émission « This Week » de la chaîne ABC, M. Powell a reconnu que ce programme obligerait peut-être les États-Unis à se retirer du Traité sur la limitation des systèmes de missiles antimissiles (ABM). Il a notamment déclaré : « Nous nous heurterons aux limites imposées par le Traité ABM. Nous devrons alors négocier les modifications appropriées avec les Russes. Nous devons également être prêts à envisager la possibilité d'abandonner un traité qui ne nous permet pas de poursuivre nos objectifs. » Il a cependant souligné que rien de tout cela n'arriverait immédiatement et que, de toute façon, il ne se passerait rien sans « pleine consultation avec nos amis, nos alliés, les Russes et tous les autres pays concernés par cette question, particulièrement le Japon, la Corée et la Chine ». M. Powell a également abordé la question du processus de paix au Proche-Orient. Selon lui, quel que soit le vainqueur de l'élection du 6 février en Israël, il faudra trouver le moyen de réduire la violence. Il a ensuite exhorté les responsables israéliens et palestiniens à recommander à leurs sympathisants d'éviter tout acte de provocation ou de violence en cette période de transition. « Dès que nous verrons clairement quel nouveau dirigeant le peuple d'Israël s'est choisi, nous pourrons trouver le moyen de renouer avec le processus de paix. » « En fin de compte, ce qui importe c'est que ces deux peuples parviennent à vivre sur une même terre, et cela commence par la stabilité, la paix et l'absence de provocation. » « Le gouvernement Bush s'occupera du processus de paix au Proche-Orient de façon appropriée. Nous serons des intermédiaires honnêtes. Nous demeurerons engagés envers la sécurité d'Israël. Mais nous souhaitons également, par tous les moyens possibles, répondre aux aspirations légitimes du peuple palestinien. » En réponse à une question portant sur la proposition qu'a faite M. Bush durant la campagne électorale de déménager l'ambassade des États-Unis de Tel-Aviv à Jérusalem, M. Powell a déclaré : « Nous sommes en train d'étudier la chose et, en temps voulu, nous prendrons une décision. Mais étant donné que la région est très tendue, qu'il y a une violence considérable et que l'on attend les résultats d'une élection, le moment serait mal choisi. » Au sujet de l'Irak, M. Powell a affirmé : « Saddam Hussein ne s'est jamais détourné de son objectif d'acquérir des armes de destruction massive. C'est regrettable, parce que tant que cela durera, les Nations unies devront rester engagées. » « De ce fait, les peuples de la région sont menacés ; les enfants de la région sont menacés par la possibilité que Saddam Hussein peut acquérir ce type d'armes. Je pense que l'ONU doit rester ferme et exiger qu'il respecte ses engagements. » Le nouveau secrétaire d'État a également discuté de la Chine, de Taïwan, de la Libye, du Mexique, de la Colombie, du Kosovo, de la Bosnie, de l'Afrique, de la lutte contre le sida, du planisme familial et de son accueil au département d'État. Nous donnons ci-après des extraits ayant trait à l'Afrique de la transcription de cette interview. (Début des extraits) Département d'État des États-Unis
Bureau du porte-parole Le 5 février 2001 Interview accordée par le secrétaire d'État Colin Powell à Sam Donaldson et Cokie Roberts de la chaîne ABC pour l'émission « This Week »
Le 4 février 2001 Washington (...) Mme Roberts - Votre prédécesseur, Mme Madeleine Albright, a qualifié l'épidémie de sida de problème relevant de la sécurité nationale. Êtes-vous d'accord ? M. Powell - Le sida est un problème de sécurité nationale ; c'est également un problème économique ; c'est un problème dévastateur, particulièrement en Afrique, en Afrique subsaharienne. Des millions de gens sont menacés. Des millions de gens vont mourir, quoi qu'on fasse. Cela crée des problèmes fondamentaux pour l'Afrique et d'autres régions du monde où le sida se répand. C'est une pandémie qui nécessite toute notre attention. Le Congrès s'est montré généreux. Je ferai tout mon possible pour continuer d'obtenir du Congrès le soutien dont nous avons besoin pour lutter contre cette pandémie, et je pense que nous devons faire plus. Il ne s'agit pas seulement d'un problème médical ; la maladie détruit des familles et laisse des milliers d'enfants orphelins. Mme Roberts - Vous semblez vouloir dire que la situation est particulièrement horrible en Afrique. Or, durant la campagne électorale, lorsqu'on a posé à M. Bush une question sur l'Afrique, voici ce qu'il a répondu : « Certes l'Afrique est importante, mais pour autant que je puisse en juger, elle n'a rien à voir avec nos intérêts stratégiques nationaux. » Est-ce là une mauvaise nouvelle pour l'Afrique ? M. Powell - Non, bien au contraire. Je crois que ce commentaire se plaçait dans le contexte de la sécurité nationale définie dans son sens militaire le plus étroit, et portait sur le déploiement de troupes et les menaces pesant sur nous. L'Afrique ne nous menace pas particulièrement, et il n'est pas besoin d'y déployer des troupes. Mais l'Afrique sera importante. Durant mes deux premières semaines en tant que secrétaire d'État, j'ai consacré pas mal de temps aux affaires africaines (...) Mme Roberts - Sentez-vous un lien particulier avec l'Afrique ? M. Powell - Oui, bien sûr. Je suis africain. J'ai des racines en Afrique. Mais mes racines s'étendent à l'ensemble de l'humanité, et nous ne pouvons donc ignorer aucune région du monde. En outre, l'Afrique est un immense continent qui a d'énormes besoins. Il y a certains succès et des lueurs d'espoir, par exemple en Afrique du Sud, maintenant au Nigeria, et au Sénégal, au Ghana et au Burkina Faso. Mais il y a également des situations terribles, par exemple au Congo et en Sierra Leone. Nous devons donc rester engagés. Mme Roberts - Puisque nous parlons d'humanité. Le président Bush a rétabli un règlement qui coupe des fonds publics tout organisme de planisme familial conseillant l'avortement. Certaines agences sanitaires internationales font valoir qu'une telle décision peut nuire aux campagnes d'information sur le sida et les maladies sexuellement transmissibles. Cela vous inquiète-t-il ? M. Powell - Non. Le président Bush est fidèle à sa promesse de revenir au règlement qui existait jusqu'en 1993 et qui, en résumé, repose sur le principe suivant : nous voulons bien consacrer 400 millions de dollars par an au planisme familial, mais nous ne voulons pas que ces fonds aillent à des organismes qui conseillent le recours à l'avortement. Mme Roberts - Êtes-vous d'accord avec cela ? M. Powell - C'est la politique de notre gouvernement. J'ai des opinions personnelles sur la question, mais c'est la politique de notre gouvernement. Elle correspond aux promesses que le président Bush a faites durant sa campagne, et elle cadre avec les principes du parti qu'il représente. Mme Roberts - Justement, à propos de ce parti. La semaine dernière, la nomination de M. John Ashcroft au poste de ministre de la justice a été confirmée, et cela a soulevé une vive polémique au sujet de ses vues sur les questions de race. Quel est votre sentiment à ce sujet ? M. Powell - Je pense que John Ashcroft est un homme très intègre et je suis persuadé qu'il fera exactement ce qu'il a promis de faire, à savoir appliquer la loi de façon juste et honnête. (Fin des extraits) (Diffusé par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'État.)
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