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M. Powell répond aux questions de CNN

Extraits : interview du secrétaire d'État du 14 mai 2001


Le 14 mai, à l'occasion d'une interview accordée à CNN, le secrétaire d'État, M. Colin Powell, a qualifié de « très troublante » l'escalade de la violence au Proche-Orient, ajoutant : « Cela renforce mon opinion, et celle de tous les responsables du monde, que nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour inverser le cours des événements. »

« Nous lançons régulièrement des appels aux deux camps pour qu'ils fassent preuve de retenue, qu'ils ne se servent pas de la violence dans l'espoir de résoudre les problèmes qui existent dans la région, et nous continuons de le dire haut et clair », a dit M. Powell.

Lorsqu'on lui a demandé si l'« Intifada » menée depuis plus de sept mois risquait de nuire à sa capacité de mettre en œuvre sa nouvelle politique à l'égard de l'Irak, M. Powell a répondu : « Cela l'a rendue plus difficile. Dans la région, les préoccupations sont vives en ce qui concerne la situation entre les Palestiniens et les Israéliens. Par la même occasion, nous cherchons toujours à réévaluer l'élément de notre politique irakienne qui m'inquiète le plus, et c'est le contrôle des armements, ces résolutions visant le contrôle des armements que les Nations unies ont mises en vigueur à la fin de la guerre du Golfe afin d'empêcher le régime irakien de mettre au point des armes de destruction massive.

« Nous réexaminons ces mécanismes visant le contrôle des armements afin de garantir qu'ils ciblent directement les armes, et non pas les marchandises destinées aux civils ou les produits que le peuple irakien doit avoir afin de se maintenir en bonne santé ou qui lui permettraient d'améliorer la qualité de la vie », a-t-il dit.

À propos des entretiens qu'il doit avoir en fin de semaine avec le ministre russe des affaires étrangères, M. Igor Ivanov, et d'un éventuel sommet entre le président Bush et le président Putin, le secrétaire d'État a indiqué que les deux chefs d'État « désiraient vivement se rencontrer », expliquant que son homologue et lui avaient pour tâche de trouver une date et un endroit appropriés pour que M. Bush et M. Putin se rencontrent rapidement, et si possible avant la réunion des pays du G 8.

Le secrétaire d'État a précisé que le ministre adjoint à la défense, M. Paul Wolfowitz, et le conseiller adjoint auprès du conseil national de sécurité, M. Steve Hadley, s'étaient récemment rendus à Moscou pour des consultations avec les responsables russes « non pas seulement à propos de la défense antimissile, mais à propos du cadre stratégique qui guide les relations entre nos deux pays depuis de nombreuses années ; pour parler des armes stratégiques offensives dont nous disposons et de la manière de s'y prendre pour réduire leur nombre ; pour parler des activités liées à la prolifération, à la lutte contre la prolifération, et à la non-prolifération ; et, bien sûr, pour parler de la façon dont la défense antimissile peut ajouter un élément de stabilité à cette équation stratégique, sans sortir du contexte du Traité ABM ».

« M. Ivanov et moi poursuivrons ces discussions lorsque nous nous verrons cette semaine. C'est le début d'un processus de consultations (...) », a-t-il dit.

M. Powell a défendu la tâche accomplie par le gouvernement Bush depuis son arrivée au pouvoir, affirmant : « De belles choses ont été réalisées sur notre propre continent, notamment dans le cadre de la visite du président Bush au Mexique et de ses entretiens avec le président Fox. Le Sommet des Amériques a été un succès retentissant. En matière d'échanges, nous faisons progresser un ordre du jour dynamique qui encourage le libre-échange (...) »

Il a indiqué, à propos de l'avion américain toujours retenu par les Chinois, que les États-Unis et la Chine étaient en pourparlers et rendu hommage à l'excellent travail accompli par le personnel de l'ambassade des États-Unis en Chine depuis le début de cet incident. Il a exprimé l'espoir qu'une solution acceptable pour les deux côtés serait trouvée dans les prochains jours.

Interrogé au sujet de son imminent voyage en Afrique et de son désir, en tant que premier secrétaire d'État afro-américain, de rendre du dynamisme à la politique des États-Unis à l'égard de l'Afrique, M. Powell a expliqué : « Je tiens à ce que tout le monde comprenne que l'Afrique est importante. Il se pose d'importants problèmes en Afrique subsaharienne, notamment sur les plans de l'économie et de la santé, des problèmes qui, en conséquence, affectent le reste du monde. Les États-Unis s'intéressent à toutes les régions du monde sans exception. Nous pensons avoir une obligation d'aider les gens dans le besoin quelle que soit la région du monde. Et il ne fait aucun doute que l'Afrique a besoin d'aide.

Je me réjouis donc à l'avance de ce voyage. Je m'entretiens régulièrement avec les chefs d'État africains qui viennent aux États-Unis. La semaine dernière, le président Bush s'est entretenu avec le président du Nigeria, M. Olusegun Obasanjo. Nous avons eu des entretiens très productifs. Nous tenons à faire savoir aux responsables africains que nous nous intéressons à toutes les questions qui touchent le continent africain.

On trouvera ci-dessous des extraits de la transcription de la conférence de presse de M. Powell ayant trait au Proche-Orient et à l'Afrique :

(Début des extraits)

Département d'État des États-Unis

Interview du secrétaire d'État, M. Colin Powell,
par Andrea Koppel de CNN,
le 14 mai 2001 à Washington :

(...)

Mme Koppel - Je voudrais commencer par les événements du Proche-Orient. Les informations font état, ce matin, de la mort de cinq policiers palestiniens, tués par des soldats israéliens.

M. Powell - J'ai vu ces informations et cette escalade de la violence est très troublante. Cela renforce mon opinion, et celle de tous les responsables du monde, que nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour inverser le cours des événements. Nous lançons régulièrement des appels aux deux camps pour qu'ils fassent preuve de retenue, qu'ils ne se servent pas de la violence dans l'espoir de résoudre les problèmes qui existent dans la région, et nous continuons de le dire haut et clair.

Mme Koppel - Il y a quelque temps, vous avez utilisé les mots « excessif » et « disproportionné » à propos des incursions d'Israël en Cisjordanie. Utiliseriez-vous les mêmes mots aujourd'hui ?

M. Powell - Nous avons souvent dépeint ainsi les événements. Je n'ai pas de précisions sur ce qui s'est passé aujourd'hui, et il semble qu'une certaine confusion règne en ce qui concerne cet incident en particulier, mais nous exhorterons les deux camps à faire le maximum pour faire baisser les tensions.

Mme Koppel - M. Yasser Arafat dit que les Israéliens le paieront cher.

M. Powell - Je ne pense pas que ce genre de langage serve à grand-chose (...) A un moment où Israël célèbre son anniversaire, je pense que les responsables des deux côtés devraient encourager la retenue et ne prôner aucune forme de violence.

(...)

Mme Koppel - Pensez-vous que l'« Intifada » menée depuis plus de sept mois risque de nuire à votre capacité de mettre en œuvre votre nouvelle politique à l'égard de l'Irak ?

M. Powell - Cela l'a rendue plus difficile. Dans la région, les préoccupations sont vives en ce qui concerne la situation entre les Palestiniens et les Israéliens. Par la même occasion, nous cherchons toujours à réévaluer l'élément de notre politique irakienne qui m'inquiète le plus, et c'est le contrôle des armements, ces résolutions visant le contrôle des armements que les Nations unies ont mises en vigueur à la fin de la guerre du Golfe afin d'empêcher le régime irakien de mettre au point des armes de destruction massive.

« Nous réexaminons ces mécanismes visant le contrôle des armements afin de garantir qu'ils ciblent directement les armes, et non pas les marchandises destinées aux civils ou les produits que le peuple irakien doit avoir afin de se maintenir en bonne santé, ou qui lui permettraient d'améliorer la qualité de la vie », a-t-il dit.

Je pense avoir remporté quelques succès auprès des membres des Nations unies et des pays de la région lorsqu'il s'agit de restructurer ces mécanismes de contrôle des armements afin de cibler directement les armes de destruction massive pour que le gouvernement d'Irak n'accuse pas les États-Unis de mettre en danger les civils irakiens. Le danger, pour la région, c'est que le gouvernement irakien continue de faire des expériences avec ce genre d'armes et essaie d'en mettre au point de nouvelles pour menacer les autres peuples de la région, menacer les enfants. Et, à cet égard, on ne peut passer outre à l'ONU. Il faut que nos résolutions soient respectées, et nous souhaitons pouvoir rallier à nouveau les membres de la coalition pour que ce soit le cas pour le régime irakien.

(...)

Mme Koppel - Je ferais preuve de négligence si je ne vous demandais pas de parler de votre voyage, la semaine prochaine, en Afrique. Vous avez indiqué, qu'en tant que premier secrétaire d'État afro-américain, vous vouliez rendre du dynamisme à la politique des États-Unis à l'égard de l'Afrique.

M. Powell - Je tiens à ce que tout le monde comprenne que l'Afrique est importante. Il se pose d'importants problèmes en Afrique subsaharienne, notamment sur les plans de l'économie et de la santé, des problèmes qui, en conséquence, affectent le reste du monde. Les États-Unis s'intéressent à toutes les régions du monde sans exception. Nous pensons avoir une obligation d'aider les gens dans le besoin quelle que soit la région du monde. Et il ne fait aucun doute que l'Afrique a besoin d'aide.

Je me réjouis donc à l'avance de ce voyage. Je m'entretiens régulièrement avec les chefs d'État africains qui viennent aux États-Unis. La semaine dernière, le président Bush s'est entretenu avec le président du Nigeria, M. Olusegun Obasanjo. Nous avons eu des entretiens très productifs. Nous tenons à faire savoir aux responsables africains que nous nous intéressons à toutes les questions qui touchent le continent africain.

Mme Koppel - Et, si je ne me trompe pas, le ministre des affaires étrangères de Namibie vous attend.

M. Powell - Oui, il m'attend.

Mme Koppel - Je vous remercie, M. le secrétaire d'État (...)

M. Powell - Merci.

(Fin des extraits)



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