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Afrique : la collaboration entre les États-Unis et l'ONU est essentielle

Les États-Unis doivent fermement encourager le respect des droits de l'homme

Susan Ellis
Rédacteur du « Washington File »

Washington - Le 10 mai, à l'occasion d'une séance portant sur les propositions budgétaires 2002 du département d'État en matière de maintien de la paix et de contributions des États-Unis aux organisations internationales, M. Frank Wolf, député républicain représentant la Virginie, s'est déclaré vivement déçu de l'opposition du gouvernement Bush à la nomination d'un envoyé spécial pour le Soudan.

À son avis, en s'opposant à une telle nomination, « vous vous opposez (...) à une idée que soutiennent pratiquement tous les membres du Congrès, la NAACP et le groupe de parlementaires afro-américains ».

M. Wolf, qui est président de la sous-commission chargée des attributions budgétaires pour divers ministères, a évoqué la situation dans plusieurs pays d'Afrique lors de cette séance à laquelle participaient également MM. James Cunningham, représentant par intérim des États-Unis auprès de l'ONU, et David Welch, secrétaire d'État adjoint pour les organisations internationales, qui ont répondu aux questions des membres de la sous-commission.

Bien que les États-Unis n'aient pas obtenu de siège à la Commission des droits de l'homme de l'ONU, a fait remarquer M. Wolf à M. Cunninghan : « Vous et l'exécutif avez l'obligation morale et le devoir d'encourager de façon énergique le respect des droits de l'homme partout dans le monde », que ce soit au Tibet, en Chine, au Soudan, en Irak ou en Égypte. « La meilleure exportation que nous ayons, ce n'est pas seulement notre technologie, mais c'est aussi nos valeurs », a-t-il déclaré.

M. Cunningham a fait remarquer que les États-Unis avaient un ordre du jour chargé dans les mois qui viennent aux Nations unies, notamment une « très importante réunion sur le sida, en juin, qui représentera les fruits d'un énorme travail », et d'autres activités destinées à « promouvoir les valeurs et les intérêts des États-Unis ».

Rappelant qu'il s'était rendu quatre fois au Soudan au cours des dix dernières années, M. Wolf a insisté sur le bien-fondé de nommer un envoyé spécial pour cette région, indiquant qu'il connaissait plusieurs personnes qu'il serait prêt à nommer à ce poste, dont l'ancien secrétaire d'État adjoint pour les affaires africaines, M. Chester Crocker ; le fils de l'évangéliste Billy Graham, M. Franklin Graham ; et son choix personnel, l'ancien représentant des États-Unis auprès de l'ONU, M. Richard Holbrooke.

Abordant ensuite d'autres questions préoccupantes en Afrique, M. Wolf a dit à propos de la Sierra Leone qu'il y avait dans ce pays « une armée de guérilléros, bien équipés et bien installés, le Front révolutionnaire uni (RUF) qui, grâce à l'aide du président du Liberia, M. Charles Taylor, contrôle une bonne partie du pays, notamment les gisements diamantifères ». Evoquant la souffrance de la population civile, il a demandé ce que le gouvernement Bush et l'ONU envisageaient de faire pour mettre un terme à la violence.

M. Welch a mentionné les progrès enregistrés dans cette situation, notamment la tâche accomplie par les soldats nigérians, qui ont bénéficié d'une formation de la part de spécialistes américains, en vue de repousser le RUF, sans pour cela réussir à le vaincre. « Une brigade pakistanaise arrivera durant l'été, et nous espérons, comptons en fait, qu'elle renforcera encore ces progrès », a-t-il dit.

Pour ce qui est de la Sierra Leone, a dit M. Cunningham, la stratégie est « d'étouffer » le RUF. « Nous venons de définir le cadre des sanctions à l'encontre du Liberia qui entraveront les déplacements des hauts responsables et compliqueront beaucoup la vie des guérilléros. » L'embargo sur les armes imposé il y a quelques mois, a-t-il dit, « limite la capacité du président Taylor de réarmer ses forces, que les conflits frontaliers ont fortement affaiblies. » Il a précisé que les troupes gouvernementales reprenaient le terrain dans les zones précédemment détenues par le RUF.

L'objectif, a dit M. Cunningham, « est d'ôter au RUF le contrôle des régions diamantifères, de façon que le gouvernement sierra-léonais puisse en avoir la maîtrise et obliger le RUF à se désarmer et ses dirigeants à respecter le processus politique ».

M. Wolf a fait remarquer que le public américain pourrait être en faveur d'un embargo sur les diamants s'il n'était pas mis fin rapidement à ce conflit qui fait tant de mutilés et de morts parmi les civils et les enfants.

À la question de savoir quel intérêt les États-Unis avaient à appuyer les missions de maintien de la paix, posée par M. Harold Rogers, député républicain du Kentucky, M. Welch a répondu : « En ce qui concerne les importantes missions de maintien de la paix en Afrique, ces dernières sont liées à des conflits spécifiques endémiques en Afrique subsaharienne, dont l'intensité est telle que la communauté internationale s'est sentie obligée d'agir ».

L'intérêt national, pour les États-Unis, a-t-il expliqué, « est lié au maintien de la paix et de la stabilité dans ces régions », ajoutant, que bien souvent, « la mise en œuvre d'une mission de maintien de la paix par l'ONU représentait la différence entre ne rien faire du tout ou tout faire nous-mêmes ».

À propos de la République démocratique du Congo, il a déclaré que « de nombreux acteurs externes étaient impliqués, notamment des armées d'autres pays qui y déstabilisaient la situation, que les conditions, au plan humanitaire étaient pénibles dans l'ensemble du pays. Il faut faire quelque chose, ne serait-ce que protéger des vies. »



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