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Échange d'idées entre militaires américains et africains

Troisième colloque annuel du Centre africain d'études stratégiques.

Jim Fisher-Thompson
Rédacteur du « Washington File »

Washington - Le 4 février, l'ancien représentant du Nigeria auprès des Nations unies, M. Ibrahim Gambari, a ouvert le Troisième colloque annuel du Centre africain d'études stratégiques (African Center for Strategic Studies, ACSS) où quelque 120 participants militaires et civils représentant 48 pays d'Afrique se réuniront pendant dix jours et parleront de leurs notions des relations que doivent entretenir civils et militaires.

M. Gambari, qui est actuellement sous-secrétaire général de l'ONU et conseiller spécial du secrétaire général, a fait valoir que « la sécurité et la défense n'est pas le domaine exclusif des civils ou des militaires ».

« Il y a grand mérite dans l'échange d'idées qui interviendra dans le cadre de ce colloque de haut niveau, lequel encouragera une compréhension similaire des questions et une vigoureuse action commune dans des situations d'urgence », a-t-il dit.

Selon la directrice de l'ACSS, Mme Nancy Walker, ce colloque qui se tient du 4 au 15 février à l'hôtel Wardman Park, à Washington, rassemblera de hauts responsables civils et militaires ainsi que des chefs de file de la société civile qui parleront de questions diverses, notamment du contrôle démocratique des forces de sécurité, des droits de l'homme, des fondations d'une stratégie en matière de sécurité, des dépenses et des acquisitions liées à la défense.

Mme Walker a fait remarquer que la question des relations entre civils et militaires n'était pas propre à l'Afrique. « Je puis vous assurer qu'il y a des défis en matière de sécurité auxquels les États-Unis sont confrontés aujourd'hui. J'ai dû expliquer à mes enfants pourquoi il y a désormais des militaires dans nos aéroports », a-t-elle dit, ajoutant que depuis les attaques terroristes du 11 septembre, « nous observons un changement des liens entre le public et les militaires aux États-Unis, et les questions sur lesquelles nous nous penchons n'intéressent pas uniquement nos amis africains ».

M. Gambari a expliqué que la question la plus urgente, en termes de sécurité, c'était le terrorisme. « A cet égard, les événements tragiques du 11 septembre nous ont rappelé à tous que nous vivions dans un monde peu sûr. Ces actes de terrorisme ont aussi montré que la sécurité était indivisible », a-t-il fait remarquer.

Il a rappelé qu'en Afrique subsaharienne, en 1998, des attentats terroristes contre les ambassades américaines au Kenya et en Tanzanie ont tué des Américains ainsi que des centaines d'Africains et que des millions d'Africains sont confrontés à des guerres, notamment en Angola et au Soudan, qui durent depuis des décennies.

« Ces conflits ont tué des millions de personnes, détruit les habitations de millions d'autres (...) et créé des millions de personnes déplacées. En Angola, où je me trouvais en décembre, plus d'un million d'Angolais - soit un tiers de la population - sont déplacés à l'intérieur de leur pays », a-t-il expliqué.

M. Gambari a fait remarquer que si des initiatives telles que les colloques de l'ACSS peuvent aider les Africains à mieux comprendre la question des relations entre civils et militaires et celle de la bonne gestion des affaires gouvernementales, ces derniers doivent décider quelles sont leurs priorités et ne pas oublier qu'en fin de compte, ce sont eux qui doivent décider des solutions ou des remèdes qui leur conviennent.



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