| Page principale | Dossiers Afrique | Sécurité | lundi 15 avril 2002 |
Un Américain dirigera le groupe d'enquête sur l'esclavage au SoudanM. Penn Kemble est membre de l'organisation des droits de l'homme Freedom House. Jim Fisher-ThompsonRédacteur du « Washington File » Washington - Un groupe d'experts dirigé par les États-Unis et ayant pour mission d'analyser les obstacles qui freinent le règlement de la guerre civile qui ronge le Soudan depuis dix-huit ans a entamé son voyage le 8 avril, résolu à déterminer la ligne d'action susceptible « d'éliminer l'esclavage, les enlèvements et la servitude » pratiqués dans ce pays d'Afrique orientale, a déclaré M. Penn Kemble, chef de la mission. « Naturellement, le gouvernement soudanais nie que l'esclavage proprement dit existe au Soudan, tout en reconnaissant des cas d'enlèvement et de servitude », a déclaré M. Kemble lors d'un entretien accordé au Service d'information du département d'État à quelques heures seulement de son embarquement pour cette tournée de dix jours. Expert au sein de l'organisation de défense des droits de l'homme Freedom House, M. Kemble a été notamment, à une époque, directeur par intérim de l'Agence d'information des États-Unis, avant la fusion de cette dernière avec le département d'État. Le groupe de huit spécialistes qu'il dirige a été constitué conformément à un accord conclu en décembre 2001 entre les autorités soudanaises et M. John Danforth, l'envoyé spécial des États-Unis pour la paix au Soudan. L'autre Américain qui fait partie de ce groupe est M. George Moose, ancien secrétaire d'État adjoint aux affaires africaines. M. Kemble a souligné qu'il ne s'agissait cependant en aucune façon d'une mission du gouvernement des États-Unis : « M. Moose est actuellement en congé sabbatique et nous accompagne sans instructions particulières du département d'État. » Les six autres membres du groupe viennent du Royaume-Uni, d'Italie, de France et de Norvège. Selon M. Kemble, la mission consistera à dégager des « idées pratiques » quant aux mesures qu'il serait possible de prendre afin de mettre un terme à des pratiques qui entravent depuis longtemps un règlement quelconque de l'interminable guerre civile soudanaise. Le groupe enquêtera dans le nord et dans le sud du pays et devrait pourvoir présenter un rapport au secrétaire d'État, M. Colin Powell, à la fin d'une deuxième mission prévue pour la mi-mai. Comme on lui demandait s'il entendait rencontrer le chef rebelle John Garang, qui dirige l'Armée populaire de libération du Soudan (SPLA) opposée au régime du président Omar al-Bashir, M. Kemble a répondu : « Je ne sais pas si nous verrons M. John Garang (...) Ce qui nous intéresse davantage, c'est de nous rendre dans les zones où l'on dit que ces problèmes se posent et d'interroger les gens qui auraient une connaissance des faits. » M. Kemble ne connaît pas le Soudan. « Mais je suis spécialiste des droits de l'homme et nous allons étudier notamment la question de la mise en place d'un dispositif qui permette d'observer les comportements dans ce domaine et d'établir un mécanisme de responsabilisation des autorités appropriées. » « Il ne nous appartiendra pas de créer un tel dispositif, mais plutôt de conseiller les gens là-bas sur la façon de le faire. Nous avons une certaine expérience en la matière et nous pourrions leur offrir des suggestions utiles. » M. Kemble a fait observer que sur le plan des droits de l'homme, le conflit soudanais était « l'un des plus tragiques de l'Afrique. Au cours des vingt dernières années il a coûté la vie à des millions de personnes, du fait de la guerre et de la famine, et le Soudan est devenu l'un des principaux bénéficiaires de l'aide extérieure des États-Unis ». « S'il existe un moyen de résoudre certaines de ces questions et d'aider les Soudanais à instaurer une paix équitable, cette mission pourrait revêtir une grande utilité et contribuer à normaliser la situation dans ce pays et ailleurs dans la région. » Les États-Unis sont le premier donateur mondial d'aide humanitaire au Soudan, à laquelle ils ont affecté au total quelque 1,5 milliard de dollars, qui sont allés principalement aux populations du Sud, région dominée par les rebelles de la SPLA.
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