| Page principale | Dossiers Afrique | Sécurité | mardi 21 mai 2002 |
Rapport sur le terrorisme : vue d'ensemble de la situation en AfriqueTexte : Extrait du Rapport du département d'État sur le terrorisme dans le monde Le choc provoqué par les attaques du 11 septembre 2001 contre les États-Unis et le nouvel élan de coopération internationale en faveur de la lutte contre le terrorisme international ont insufflé aux dirigeants africains une « volonté renouvelée » de faire face au fléau du terrorisme international. C'est ce qu'affirme le département d'État dans son Rapport sur le terrorisme dans le monde en 2001, rendu public le 21 mai. Il ajoute toutefois que « les organisations terroristes internationales ayant des liens avec les milieux islamistes, notamment Al-Qaïda et le Hezbollah libanais, ont des agents en Afrique et continuent de profiter du climat propice que leur offre ce continent, notamment du fait de ses frontières poreuses, des conflits, du laxisme des systèmes financiers et de la facilité d'acquisition des armes, pour étendre et renforcer leurs réseaux ». Le cas du Soudan, qui est identifié dans la section du rapport sur l'Afrique comme l'un des sept États « parrains du terrorisme », est analysé dans une section à part relative à ces pays. On trouvera ci-après le texte de l'extrait du rapport relatif à l'Afrique. (Début du texte) Rapport sur le terrorisme dans le monde en 2001 Vue d'ensemble de la situation en Afrique Afrique du Sud | Angola | Djibouti | Éthiopie
Kenya | Nigeria | Ouganda | Sénégal | Somalie Dossiers : Diamants et tanzanite
Les gouvernements de l'Afrique subsaharienne ont presque tous condamné les attaques perpétrées le 11 septembre contre les États-Unis. Ces gouvernements ont promis de soutenir la lutte contre le terrorisme. Outre la coopération bilatérale avec les États-Unis et au sein de la coalition mondiale, des organisations multilatérales telles que l'Organisation de l'unité africaine et la Communauté de développement de l'Afrique australe se sont engagées à appuyer la lutte contre le terrorisme. Le choc provoqué par les attaques du 11 septembre, et le nouvel élan de coopération internationale en faveur de la lutte contre le terrorisme international, ont inspiré aux dirigeants africains une volonté renouvelée de faire face au problème du terrorisme international. La coopération renforcée de l'Afrique pourrait contribuer à contrer la menace persistante que constitue le terrorisme et son utilisation comme instrument de violence et de coercition contre des populations civiles. En Afrique, la plupart des attentats terroristes sont le résultat de tensions internes et du débordement de guerres régionales, lorsque des mouvements rebelles et des groupes d'opposition emploient des tactiques terroristes à la poursuite de leurs objectifs politiques, sociaux ou économiques. Les pays dans lesquels des insurgés ont eu recours à des méthodes terroristes et attaqué des civils sont la République démocratique du Congo, le Liberia et la Sierra Leone. Les organisations terroristes internationales ayant des liens avec les milieux islamistes, notamment Al-Qaïda et le Hezbollah libanais, ont des agents en Afrique et continuent de profiter du climat propice que leur offre ce continent, notamment du fait de ses frontières poreuses, des conflits, du laxisme des systèmes financiers et de la facilité d'acquisition des armes, pour étendre et renforcer leurs réseaux. Ces groupes prospèrent particulièrement dans les États déstructurés et ceux dont les gouvernements trop faibles sont incapables d'endiguer les terroristes et leurs partisans sur leur territoire national. De nombreux rapports parus dans la presse indiquent également que les terroristes recourent vraisemblablement au commerce illicite des diamants provenant de régions en conflit afin de blanchir de l'argent et de financer leurs opérations. Le cas du Soudan, l'un des sept États parrains du terrorisme, est traité dans la section du rapport consacrée au terrorisme d'État. Afrique du Sud - L'Afrique du Sud a exprimé sa condamnation sans réserve des attaques terroristes du 11 septembre contre les États-Unis. Les pouvoirs publics ont offert leur appui aux efforts diplomatiques dirigés par les États-Unis pour lutter contre le terrorisme. Ils ont également soutenu la résolution de l'Organisation de l'unité africaine sur la lutte antiterroriste. Des incidents de terrorisme urbain ont de nouveau eu lieu en Afrique du Sud en 2001. Angola - L'Angola a fait de grands progrès dans la lutte contre le terrorisme depuis les attaques terroristes perpétrées le 11 septembre contre les États-Unis. À la fin du mois de novembre, l'Assemblée nationale a adopté une résolution demandant à l'Angola de participer aux efforts régionaux et internationaux de lutte contre le terrorisme, notamment par l'échange de renseignements, de connaissances techniques et d'informations financières, et par la coopération dans le domaine juridique. Le président dos Santos a publiquement approuvé les actions militaires des États-Unis et appuie la résolution contre le terrorisme qu'a adoptée l'Organisation de l'unité africaine. Pendant près de deux décennies, l'Angola a été ravagé par une guerre civile interminable entre l'Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola (UNITA) et les forces du gouvernement. On attribue à l'UNITA plusieurs attaques brutales contre des civils qui ont eu lieu en 2001. En août, des militants non identifiés, mais que l'on soupçonne d'être des rebelles de l'UNITA, ont tendu une embuscade à un train, tuant 256 passagers et en blessant 161 autres. Un peu plus tard durant ce même mois, un homme armé a tiré un missile sur un autobus, tuant près de 55 personnes et en blessant dix autres. On soupçonne également les rebelles de l'UNITA d'être responsables de l'attaque d'une ferme en mai : une personne a été tuée, une autre blessée, et cinquante enlevées. Durant l'année 2001, la violence de la guerre civile angolaise a débordé en Namibie. Le gouvernement angolais, agissant sur invitation des autorités namibiennes, a poursuivi des rebelles de l'UNITA en territoire namibien. Des escarmouches à la frontière ont débouché sur plusieurs attaques. En mai, les rebelles ont attaqué un village, faisant un mort et un blessé. Un peu plus tôt dans l'année, des hommes armés sont entrés dans un village et ont enlevé huit personnes qu'ils ont emmenées en Angola et tenues en otage. (Le 4 avril 2002, peu après le décès de Jonas Savimbi, les chefs de l'UNITA ont signé un accord de cessez-le-feu avec le gouvernement de l'Angola.) Djibouti - Djibouti a tout de suite accordé un soutien ferme et constant à la guerre contre le terrorisme engagée par la coalition mondiale sous la houlette des États-Unis. Djibouti accueille d'ailleurs des forces coalisées de France, d'Allemagne, du Royaume-Uni et des États-Unis. Djibouti a démantelé les réseaux financiers soupçonnés de transmettre des fonds destinés aux réseaux terroristes à pied d'œuvre sur son territoire, et a publié un décret qui engage le pays à coopérer entièrement avec les mesures financières antiterroristes prises par les États-Unis. Éthiopie - L'Éthiopie est un autre ferme partisan de la campagne contre le terrorisme. Après les attaques du 11 septembre, la réaction éthiopienne a été immédiate et énergique. Ce pays a démantelé tous les réseaux de financement du terrorisme sur son territoire. L'Éthiopie continue de coopérer en surveillant les éventuelles activités terroristes dans la région, notamment en Somalie. Kenya - Le Kenya a déjà souffert des attaques perpétrées par Al-Qaïda contre l'ambassade des États-Unis à Nairobi en août 1998. Le Kenya est demeuré un allié clé des États-Unis dans la région. Il a pris de nouvelles mesures, notamment en décrétant le gel des avoirs et autres mécanismes de surveillance financière, a offert de coopérer avec les États-Unis à la lutte contre le terrorisme, et a pris la tête de l'actuelle initiative régionale de réconciliation nationale en Somalie. Le Kenya a signé 10 des 11 conventions contre le terrorisme, ainsi que, en 1999, la Convention de l'ONU sur la répression du financement du terrorisme, la dernière en date. Nigeria - Le Nigeria a fermement appuyé les démarches antiterroristes des États-Unis dans le monde ainsi que l'intervention militaire en Afghanistan. Le Nigeria a pris l'initiative de diverses initiatives diplomatiques à l'ONU et au sein de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) dans la lutte contre le terrorisme. Le Nigeria a proposé une loi - l'Anti-Terrorism, Economic and Financial Crimes Commission Act - qui prévoit des sanctions criminelles précises contre les terroristes et leurs financiers. Le gouvernement du Nigeria est déterminé à empêcher son territoire - qui abrite l'une des plus importantes populations musulmanes de l'Afrique - de devenir une terre d'asile pour les extrémistes islamistes. Ouganda - Le président ougandais Yoweri Museveni a condamné publiquement les attentats du 11 septembre et exhorté le monde à s'unir contre le terrorisme. Deux groupes d'insurgés, la Résistance armée du Seigneur (LRA) dans le nord du pays et les Forces démocratiques alliées dans l'ouest, ont poursuivi en 2001 leurs opérations militaires destinées à saper le gouvernement de Kampala, donnant lieu à plusieurs attentats qui ont blessé des ressortissants étrangers. En juin, trois bombes ont explosé simultanément dans des lieux publics à Kampala, tuant 1 personne et faisant 19 blessés. Des rebelles soupçonnés d'appartenir à la LRA ont monté en septembre un guet-apens contre un véhicule du Secours catholique qui a fait 5 morts et 2 blessés. Sénégal - Le Sénégal a été l'un des fers de lance de la réaction africaine aux attaques du 11 septembre, notamment par le projet de « Pacte africain contre le terrorisme » du président Abdoulaye Wade. Le président Wade a évoqué avec force cette question auprès d'un grand nombre de dirigeants du continent lors d'une conférence de deux jours tenue à Dakar en octobre 2001, et au sein de l'Organisation de l'unité africaine-Union africaine, il exhorte les pays à se joindre à la lutte. La banque centrale du Sénégal et les banques régionales établies à Dakar ont modifié leur réglementation afin de restreindre le financement du terrorisme. Le Sénégal a également créé un centre de renseignement antiterroriste régional auquel il a affecté des ressources de ses services de sécurité et de renseignement, lesquels bénéficient à leur tour d'une aide des États-Unis. Le Sénégal a l'intention de ratifier toutes les conventions restantes des Nations unies dans un proche avenir. Somalie - Pays dépourvu de gouvernement central, la Somalie représente une pépinière potentielle et un lieu d'asile possible de réseaux terroristes. La guerre civile, la rivalité des clans et la pauvreté se sont conjuguées pour faire de la Somalie un « État déstructuré » dans lequel aucun groupe n'est capable de gouverner le territoire entier, où l'application des lois est insuffisante ou inexistante, et où le secteur financier échappe à tout contrôle. Certaines factions importantes de la Somalie se sont engagées à lutter contre le terrorisme. Toutefois, un groupe autochtone, Al-Ittihad al-Islami (AIAI), s'est juré de créer un État islamique en Somalie, a perpétré des actes de terrorisme en Éthiopie et pourrait avoir certains liens avec Al-Qaïda. L'AIAI demeure actif dans plusieurs régions de Somalie. En juillet, des hommes armés ont attaqué, à Mogadiscio, un convoi du Programme alimentaire mondial, tuant six personnes en blessant plusieurs autres. En mars, des extrémistes ont attaqué une installation de Médecins sans frontières, tuant 11 personnes, en blessant 40 et prenant 9 otages. Ces otages ont par la suite été relâchés. Le besoin de coopération entre les voisins de la Somalie est évident, vu la longueur des frontières que partage ce pays avec Djibouti, l'Éthiopie et le Kenya. Ces pays ont pris, individuellement et en coopération avec les États-Unis, des mesures destinées à fermer leurs points d'entrée aux terroristes en puissance, à interdire l'utilisation de leurs réseaux bancaires pour transférer des avoirs liés au terrorisme et à favoriser la réconciliation pacifique et la stabilité à long terme qui élimineront les conditions de la « déstructuration » qui existent actuellement en Somalie. De quels autres moyens les terroristes disposent-ils Selon plusieurs rapports parus dans les médias, le réseau Al-Qaïda a réalisé des millions de dollars de recettes par des transactions sur des diamants extraits par des rebelles de Sierra Leone, utilisés soit comme monnaie d'échange soit comme monnaie de blanchiment. Les chefs du Front révolutionnaire uni (RUF) auraient vendu pour plusieurs millions de dollars de diamants au réseau terroriste Al-Qaïda dirigé par Oussama ben Laden. De même, des allégations ont été faites liant la vente de tanzanite au réseau Al-Qaïda. Selon des rapports de presse, un ancien secrétaire personnel de Ben Laden aurait gardé un carnet personnel faisant le détail de l'emploi qu'aurait fait Al-Qaïda de tanzanite ces dernières années pour financer ses opérations. Par la suite, on a accusé d'autres groupes islamiques radicaux (notamment le Hezbollah établi au Liban) de transférer des millions de dollars obtenus de la vente de diamants du Congo à leurs organisations locales. Nous continuons d'enquêter sur ces allégations. Le gouvernement américain coopère également avec les Nations unies, les pays producteurs de diamants et les pays importateurs en vue d'établir un régime de certification des diamants, pour empêcher les « diamants de la guerre » de s'introduire dans le système commercial international. (Fin du texte)
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