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Transcription officielle - Les États-Unis dénoncent la traite des êtres humains

Transcription du discours que Mme Paula Dobriansky a prononcé le 3 juin à Helsinki


La secrétaire d'État adjointe aux affaires mondiales, Mme Paula Dobriansky, a réaffirmé la volonté des États-Unis de lutter contre la traite des êtres humains dans le monde, lors de la conférence qui s'est tenue sur ce sujet du 1er au 3 juin, à Helsinki (Finlande).

« Le gouvernement des États-Unis, a-t-elle dit, a la ferme volonté dans le monde de lutter contre toutes les formes de la traite, en faisant en sorte que les trafiquants soient poursuivis en justice rapidement et condamnés sévèrement et que les victimes bénéficient de l'aide dont elles ont besoin. »

La politique des États-Unis en la matière se fonde sur le principe selon lequel il est essentiel d'apporter un soutien aux victimes, a-t-elle expliqué en faisant état de la création d'un visa spécial qui permettait aux victimes de rester aux États-Unis après leur libération. Le ministère de la santé et des services sociaux s'occupe de procurer aux victimes un lieu de résidence, des vivres, des vêtements, des soins médicaux et les services d'un interprète.

L'an dernier, les États-Unis ont consacré quelque 55 millions de dollars au financement de programmes de lutte contre la traite dans une cinquantaine de pays, a-t-elle précisé en incitant d'autres pays à se joindre à leurs efforts.

On trouvera ci-après la transcription du discours de Mme Dobriansky.

(Début de la transcription)

L'esclavage et la servitude sont des faits réels pour des millions d'enfants à travers le monde. Il est alarmant d'observer que la traite des êtres humains, et en particulier des enfants, existe toujours et semble même prendre de l'ampleur dans le monde entier. La plupart des pays sont touchés d'une certaine façon, notamment les pays pauvres où les enfants sont transportés dans des contrées lointaines et réduits à l'esclavage pour être exploités comme travailleurs ou comme objets sexuels. Les pays riches de destination, tels que la Finlande et les États-Unis, sont aussi touchés ; on y découvre des activités criminelles tendant à mettre des enfants en esclavage sexuel ou en servitude contre leur gré. Les trafiquants exploitent les aspirations de ceux qui vivent en pauvreté et qui cherchent à améliorer leur niveau de vie.

Les conflits et le sida augmentent considérablement le nombre d'orphelins et de personnes déplacées. La guerre civile, l'instabilité politique, la famine, le sida et la stagnation économique ont pour effet d'accroître le nombre de personnes, notamment de femmes et d'enfants, qui se trouvent dans une situation désespérée. La forte hausse des ménages qui ont à leur tête un enfant peut créer un terrain propice pour les trafiquants. En Tanzanie, 11 % des enfants sont orphelins, 920.000 ont perdu leur père ou leur mère à cause du sida et 165.000 ont perdu père et mère. Selon le ministère sud-africain de la santé, l'Afrique du Sud comptait 420.000 orphelins du sida en 2001, et, d'après le Fonds Nelson Mandela de l'enfance, ce nombre pourrait atteindre 1 million en 2005.

Un nombre croissant des victimes de l'exploitation sexuelle à des fins commerciales retournent chez elles, atteintes du sida ou d'autres problèmes de santé, et de plus en plus d'enfants prostitués et d'enfants des rues contractent de nombreuses maladies. En outre, les enfants qui font l'objet de la traite sont moins souvent vaccinés, ce qui fait obstacle aux mesures des pouvoirs publics tendant à éradiquer les maladies de la petite enfance.

La traite des êtres humains est l'un des grands fléaux qui frappent nos pays. Aucun n'est à l'abri, pas même les États-Unis. Le nombre de personnes qui sont introduites aux États-Unis tous les ans dans le cadre de la traite va de 20.000 à 50.000 selon la source retenue. En outre, quelque 200.000 jeunes Américains seraient les victimes de la traite aux États-Unis mêmes. Le gouvernement des États-Unis a la ferme volonté de lutter contre toutes les formes de la traite, en faisant en sorte que les trafiquants soient poursuivis en justice rapidement et condamnés sévèrement et que les victimes bénéficient de l'aide dont elles ont besoin.

Nous sommes aussi résolus à œuvrer de concert avec les États intéressés et avec les organisations non gouvernementales spécialisées dans la lutte contre la traite. En février, nous avons organisé une conférence internationale sur la lutte contre la traite afin de rassembler plusieurs centaines des grands spécialistes venus du monde entier. Des responsables des secteurs public et privé qui jouent un rôle important dans cette lutte se sont réunis pour échanger des idées et leur expérience. La semaine dernière, nous avons diffusé une compilation des meilleures pratiques dans ce domaine et nous l'envoyons actuellement à tous les participants à la conférence. Si le gouvernement des États-Unis ne souscrit pas à toutes les idées figurant sur la liste des meilleures pratiques, cette liste comprend un certain nombre de suggestions pratiques telles que :

- mettre en place des tribunaux spécialisés pour entendre les témoignages des enfants, pour leur offrir un abri et pour les réinsérer dans la société,

- établir des points de contact dans les pays d'origine, de transit et de destination afin que les pouvoirs publics et les organisations non gouvernementales sachent qui contacter en cas d'urgence,

- fournir aux victimes de la traite qui témoignent une sécurité suffisante, une aide judiciaire et sociale et le droit de résider dans le pays poursuivant. Ceux qui s'occupent des enfants savent qu'il est nécessaire de prendre des mesures particulières pour veiller à ce qu'ils ne soient pas davantage traumatisés lors de la procédure judiciaire,

- créer dans tous les pays un numéro d'urgence pour la transmission de renseignements sur la traite,

- coordonner les mesures prises par les pays donateurs afin d'éviter tout double emploi,

- établir des documents d'identité infalsifiables dès la naissance d'un enfant,

- faire appel à des groupes de travail régionaux pour s'attaquer à divers aspects de la traite. Par exemple, le groupe de travail de l'Europe du Sud-Est qui se réunit deux fois par an comprend des représentants tant du secteur public que du secteur privé.

Outre l'organisation de cette conférence et, par voie de conséquence, la facilitation des rapports entre les spécialistes de la traite du monde entier, le gouvernement Bush agit avec énergie tant aux États-Unis qu'à l'étranger en vue de mettre fin à la traite.

Nous appliquons avec vigueur la législation américaine contre ceux qui sont impliqués dans la traite des êtres humains. Le ministre de la justice a ouvert un nombre important d'enquêtes et poursuivi un nombre sans précédent de trafiquants. De 2001 à la fin de 2002, le nombre de personnes poursuivies et condamnées a plus que doublé pour passer à 36. Celles qui ont été condamnées ont fait l'objet d'une peine sévère, notamment une peine d'emprisonnement de 10 à 12 ans dans certains cas.

Nous faisons tout notre possible afin de découvrir les victimes, de les protéger et de les aider, notamment en leur accordant un visa spécial qui leur permet de rester aux États-Unis. Le premier titulaire d'un tel visa, dénommé visa T, a été un petit garçon thaïlandais âgé de 3 ans que sa mère avait vendu à un trafiquant.

À l'heure actuelle, il existe de nombreux autres cas où le ministère de la santé et des services sociaux a été chargé de s'occuper d'enfants, par exemple d'enfants honduriens, dans le cadre d'un nouveau programme relatif à la traite des mineurs, afin de leur procurer un lieu de résidence de style familial, des vivres, des vêtements, des soins médicaux et les services d'un interprète, ainsi que d'évaluer leur degré d'instruction et de les placer rapidement dans un établissement scolaire adapté dès qu'ils sont en mesure de suivre des cours.

Nous finançons des programmes dans le monde entier en vue d'aider des organisations non gouvernementales locales, des organisations internationales, la police et les autorités de pays étrangers de manière à prévenir la traite et à renforcer leurs moyens d'enquêter, d'arrêter et de poursuivre en justice les trafiquants ainsi que d'aider les victimes. L'an dernier, nous avons consacré quelque 55 millions de dollars au financement de programmes de lutte contre la traite dans une cinquantaine de pays.

Nos efforts ne font que commencer et ce que nous souhaitons, c'est accroître le nombre de poursuites judiciaires engagées et de visas délivrés. Le cadre sous-tendant notre stratégie générale de lutte contre la traite des personnes est la Loi de 2000 sur la protection des victimes de la traite des personnes. Cette loi criminalise toutes les activités liées au trafic des êtres humains (celles des personnes qui recrutent, qui transportent ou qui exploitent), fait passer la punition de 5 ans de prison à 20 ans, et prévoit une aide aux victimes dans le domaine du logement et de la fourniture de services. La loi a remanié les règles sous-tendant la lutte que mène notre gouvernement contre la traite des personnes.

À l'échelon le plus haut de notre gouvernement, la loi nous a obligés à créer sous l'égide du président le Groupe de travail interministériel sur la traite des personnes. Le groupe de travail comprend des membres du cabinet, notamment le secrétaire d'État, le ministre du travail, le ministre de la santé et des services sociaux, le ministre de la défense, le ministre de la justice et le conseiller du président pour la sécurité nationale. La loi a en outre créé au département d'État le bureau de la surveillance et de la répression de la traite des personnes, qui coordonne l'aide des États-Unis aux programmes mis en œuvre à l'étranger dans le domaine de la prévention de la traite des personnes, de la protection de ses victimes et des poursuites judiciaires des trafiquants. C'est ce bureau qui prépare également le rapport annuel sur la traite des personnes.

Le président Bush a personnellement adopté un rôle majeur dans la lutte contre le trafic de personnes en proclamant le premier décret présidentiel de sécurité nationale portant sur le sujet. En tout premier lieu, ce décret dit clairement que la lutte contre la traite des personnes est une priorité de la plus haute importance pour notre gouvernement et reconnaît qu'il existe la volonté politique aux plus hauts échelons de s'y attaquer. Il souligne qu'il est important de faire vigoureusement respecter la loi, mais aussi qu'il est nécessaire de prendre en compte les besoins des victimes. Il préconise de robustes efforts diplomatiques, une campagne de sensibilisation du public, et l'aide aux victimes. Dans le cadre de cette stratégie, nous offrons un refuge et d'autres avantages aux victimes de la traite des personnes aux États-Unis. Le président ordonne à tous les organes du gouvernement de mettre sur pied un plan stratégique et d'œuvrer de concert afin de juguler le trafic des personnes. Il mentionne aussi le fait que la prostitution est fondamentalement nuisible aux hommes, aux femmes et aux enfants.

Nous luttons énergiquement contre le trafic des personnes et nous souhaitons que davantage de pays se joignent à nous. Permettez-moi de mentionner certains des programmes novateurs de lutte contre le trafic des personnes auxquels nous accordons notre appui et les résultats que nous avons déjà constatés :

- En Albanie, nous appuyons divers programmes-chocs, notamment la « Delta Force », une unité de réaction rapide pour intercepter les trafiquants ; une unité de lutte contre le crime organisé, qui a arrêté des trafiquants d'enfants, y compris plusieurs hauts responsables ; ainsi que le bureau des affaires internes au sein de la police albanaise, qui a enquêté et arrêté des policiers coupables de complicité dans le trafic de personnes.

- En Roumanie, nous avons facilité la création de la SECI (« Southwest European Cooperative Initiative »), un projet multilatéral auquel participent les polices de quatorze pays d'Europe du sud-est. À ce jour, quatre opérations ont été menées avec succès et ont donné lieu à l'arrestation et à l'inculpation de trafiquants et au sauvetage de centaines de jeunes femmes et d'enfants qui ont pu retourner chez eux. Ces opérations reposent sur une collaboration à l'échelle régionale des forces policières et incluent la vérification de toutes les personnes qui passent les frontières, des descentes de police dans les maisons de prostitution et les bars et d'autres activités qui visent à dissoudre les réseaux de trafiquants et à délivrer les victimes. Une initiative similaire à laquelle participeraient la Géorgie, l'Ukraine, l'Ouzbékistan, la Moldavie et l'Azerbaïdjan est actuellement mise sur pied.

- Le bureau du département d'État chargé des questions liées à la population, aux réfugiés et à la migration finance un programme géré par l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) dont l'objectif est de délivrer des enfants qui ont fait l'objet d'un trafic d'êtres humains et travaillent dans des villages de pêcheurs au Ghana. L'OIM aide les pêcheurs à créer des pêcheries qu'ils peuvent exploiter de façon durable et en contre-partie ces derniers remettent les enfants à l'OIM qui les rapatrie vers leur famille.

- Le bureau du département d'État chargé de la surveillance et de la répression de la traite des personnes fournit des fonds au Centre des Nations unies pour la prévention internationale du crime pour qu'il produise, traduise et distribue un avis d'utilité publique concernant la traite et le travail des enfants.

- L'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) appuie les activités en Tanzanie d'une organisation non gouvernementale afin de mieux sensibiliser les enfants, les parents et la police à propos de la traite des personnes et d'améliorer les stratégies de lutte contre le trafic des enfants.

- Le bureau du département d'État chargé de la surveillance et de la répression de la traite des personnes a financé l'établissement près de Chiang Mai, en Thaïlande, d'un refuge à l'intention des femmes et des enfants non thaïlandais et de ceux appartenant à des tribus montagnardes qui auraient été victimes de la traite des personnes.

- Le bureau du département d'État chargé des affaires internationales liées aux stupéfiants et au respect des lois a parrainé un projet relatif à la sécurité des frontières en Albanie. Six conseillers attachés au ministère de la justice ont formé des responsables et vérifient les procédures d'entrée en vigueur dans les ports et aéroports du pays.

- Le bureau du département d'État chargé des affaires éducationnelles et culturelles finance chaque année le séjour aux États-Unis de centaines de visiteurs étrangers, notamment des responsables de gouvernements, d'organisations non gouvernementales et des services policiers, et les forment aux méthodes de lutte contre la traite des personnes.

Ce sont là certains des projets les plus novateurs que nous appuyons à l'étranger dans le domaine de la lutte contre le trafic des êtres humains.

Cette forme d'esclavage des temps modernes viole les droits fondamentaux de toute personne à connaître la vie et la liberté, et à n'être assujettie à aucune forme d'esclavage quelle qu'elle soit. Il entrave le droit d'un enfant de grandir au sein d'une famille qui le protège et de ne pas être assujetti à des sévices sexuels. Chaque année, la traite des personnes prive des milliers d'enfants de leur vie.

Je suis ici aujourd'hui pour vous garantir que mon gouvernement n'épargnera aucun effort pour juguler ce fléau des temps modernes. Et comme l'a dit le président Bush, « alors qu'elle s'efforce de mieux faire prendre conscience du problème dans notre pays et à l'étranger et de fournir aux victimes l'aide dont elles ont besoin, l'Amérique est bien décidée à faire le maximum pour éliminer toutes les formes de trafic de personnes. »

(Fin de la transcription)



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