| Page principale | Dossiers Afrique | Paix et sécurité | mercredi 29 octobre 2003 |
Article - Il faut saisir l'occasion de rétablir la paix au Soudan, selon M. PowellArticle du secrétaire d'État des États-Unis L'article ci-après du secrétaire d'État des États-Unis, M. Colin Powell, a paru le 28 octobre dans le quotidien The Los Angeles Times. Il fait partie du domaine public et peut être reproduit librement. (Début de l'article) Une occasion de rétablir la paix au Soudan À l'heure actuelle, on est sur le point de parvenir à un accord qui mettra fin à la guerre civile au Soudan et à l'une des tragédies les plus grandes et les plus longues du monde sur le plan humanitaire. Peu de temps après avoir accédé à l'indépendance en 1956, le Soudan est devenu la proie d'un conflit entre son gouvernement central dominé par les Arabes du Nord et la population chrétienne et animiste du Sud. La guerre civile a fait du Soudan un synonyme de la tragédie : la tragédie de deux millions de morts et de millions d'habitants dont la guerre a gâché la vie. Les souffrances de la population ont fait du Soudan un synonyme du désespoir : le désespoir de plus de quatre millions de personnes chassées de leurs foyers, qui ont dû pour la plupart chercher refuge dans des camps misérables situés dans d'autres régions du Soudan et dans des pays limitrophes. Des dizaines d'années d'insécurité, de conflits internes et d'effusions de sang ont exacerbé l'état de famine chronique au Soudan, alors que des familles ont été séparées et déplacées de leurs terres agricoles. Au cours des dix dernières années, les États-Unis ont fourni une aide supérieure à un milliard de dollars à la population soudanaise. Et pourtant, sans la paix et le développement économique, des millions de Soudanais sont encore sous-alimentés, malades et en proie à la peur. On est cependant parvenu maintenant à un moment prometteur de l'histoire soudanaise. Les parties à ce terrible conflit sont sur le point de parvenir à un accord qui pourrait faire du Soudan un nouveau symbole de l'espoir en Afrique. Dès son entrée en fonctions, le président Bush s'est déclaré résolu à faire tout son possible pour contribuer au rétablissement de la paix au Soudan. Au cours des deux dernières années, son envoyé spécial, M. John Danforth, le secrétaire d'État adjoint, M. Walter Kansteiner, et d'autres membres de son gouvernement se sont employés avec ardeur à faire progresser les négociations entre le gouvernement soudanais et le Mouvement populaire de libération du Soudan (MPLS). Avec notre soutien et sous la direction du médiateur kényan, le général Lazaro Sumbeiywo, les deux camps ont surmonté de nombreux obstacles. L'an dernier, ils se sont mis d'accord sur un cessez-le-feu dans la région des monts Nuba dont la mise en œuvre est surveillée par des observateurs étrangers, ainsi que sur la formation d'une équipe chargée d'enquêter sur les attaques dirigées contre la population civile. En juillet 2002, ils ont signé le protocole de Machakos, qui a réglé des questions fondamentales en matière d'État, de religion et du droit à l'autodétermination du sud du pays. En octobre 2002, les deux camps ont repris l'engagement de coopérer pour permettre aux organismes d'aide humanitaire d'avoir un accès sans entrave à toutes les régions du Soudan et de cesser les hostilités. Enfin, le mois dernier, l'accord de Naivasha a réglé les questions épineuses relatives à la sécurité qui faisaient obstacle à la paix. Maintenant, après tous ces progrès, la voie est ouverte à la conclusion d'un règlement définitif et global. Elle est aussi ouverte à la fin des tourments de la population soudanaise. Pour y parvenir, les deux camps doivent conclure un accord sur le partage du pouvoir et des richesses, en particulier des recettes pétrolières. En outre, ils doivent mettre au point les derniers détails des relations entre les trois régions du Soudan et le gouvernement central. En vue de les aider à prendre ces mesures et à conclure un accord de paix avant la fin de l'année, le président Bush m'a demandé d'aller au Kenya la semaine dernière et de conférer avec les hauts responsables des deux camps, le vice-président soudanais, M. Ali Uthman Muhammad Taha, et le chef du MPLS, M. John Garang. Lors de ces entretiens, les deux hommes se sont engagés à atteindre avant la fin de l'année le but que représente le rétablissement de la paix. Chacun d'eux a déclaré que les deux camps étaient sur le point de conclure un accord sur les questions en suspens. Dès la conclusion d'un accord de paix, nous commencerons de normaliser nos relations bilatérales avec le gouvernement soudanais. De concert avec nos partenaires de la communauté internationale, nous encouragerons la reconstruction et le développement économique. En fait, nous préparons déjà une aide coordonnée des donateurs pour donner un bon départ à la paix. En outre, le Conseil de sécurité de l'Organisation des Nations unies a jeté les fondements de la surveillance de la mise en œuvre de l'accord de paix dans la déclaration que son président a diffusée il y a quelques semaines. La paix au Soudan renforcera la stabilité régionale en Afrique ainsi que notre lutte contre le terrorisme. De surcroît, le président Bush est convaincu que le rétablissement de la paix au Soudan transmettra dans le monde entier un message fort signalant qu'il est possible de régler au moyen de la négociation même les conflits les plus difficiles. Pour montrer son soutien et son attachement au rétablissement de la paix au Soudan, le président Bush a annoncé son intention d'inviter à la Maison-Blanche le président du Soudan, M. Omar Bashir, et le chef du MPLS, M. John Garang, dès qu'ils auraient conclu un accord définitif. Alors que la fête musulmane de l'Aïd al-Fitr et la fête chrétienne de Noël s'approchent, les Soudanais ont l'occasion d'envoyer un message d'espoir à l'Afrique et au monde. Ils peuvent offrir un exemple remarquable d'un Soudan démocratique, où les droits de l'homme sont respectés et où les musulmans, les chrétiens et les fidèles d'autres religions sont libres de prier dans un esprit de tolérance et de respect. Ils peuvent aussi mettre fin à des décennies de souffrance. Il n'y a pas de temps à perdre pour la population soudanaise qui est lasse de connaître l'état de guerre. Elle a maintenant l'occasion de jouir de la paix. Il convient de ne pas perdre cette occasion. M. Colin Powell est le secrétaire d'État des États-Unis. (Fin de l'article)
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