| Page principale | Dossiers Afrique | Paix et sécurité | jeudi 19 août 2004 |
M. Powell explique la restructuration de l'armée des É.-U.Résumé d'une interview qu'il a accordée au conseil de rédaction du « Cincinnati Enquirer » Lors d'un entretien accordé le 16 août au conseil de rédaction du quotidien « Cincinnati Enquirer », le secrétaire d'État des États-Unis, M. Colin Powell, a défendu la décision du président Bush de restructurer les forces armées américaines. Il a également abordé la politique des États-Unis en Irak et au Soudan. M. Powell a commencé par nier que cette annonce de restructuration ait des motivations politiques. Il s'agit de rationaliser la structure de défense des États-Unis, a-t-il affirmé. Il a expliqué qu'en fait, le ministre de la défense, M. Donald Rumsfeld, était « en train de transformer l'armée afin de la rendre plus utile, créant un banc d'essai qui permettra à nos alliés de l'OTAN d'entreprendre leurs propres efforts de réforme ». « Les Alliés comprennent ce que nous faisons, et je pense qu'ils reconnaissent que ces changements sont appropriés. Ils sont tous en train de modifier leur structure de défense afin de faire face à la nouvelle donne et de s'organiser contre les vraies menaces, à savoir celles qui viennent du terrorisme. » Au sujet de l'Irak, M. Powell a déclaré qu'il ne s'attendait pas à ce que les Alliés ou d'autres partenaires des États-Unis déploient des troupes importantes. « Il vaut mieux concentrer les efforts sur la constitution rapide des forces irakiennes. » Reconnaissant la gravité de la rébellion, M. Powell a déclaré : « Il faut la mater. Je suis convaincu qu'elle sera vaincue et, franchement, il n'y a pas le choix. » Il a ensuite rappelé que les États-Unis quitteraient l'Irak si le gouvernement de ce pays le leur demandait. « Nous ne resterons pas si un gouvernement légitime nous demande de partir. » Au sujet de la crise humanitaire dans le Darfour, au Soudan, M. Powell a déclaré que le gouvernement de Khartoum « réagissait, pas aussi bien ni aussi fermement que nous le souhaitons sur le plan de la sécurité. Par contre, il a bien réagi sur le plan humanitaire, et nous allons continuer d'exercer des pressions et de calibrer ces pressions. » Il a par ailleurs rejeté l'idée d'envoyer des troupes. « Nous ne réglerons pas le problème en envoyant des troupes étrangères que ce gouvernement pourrait percevoir comme une violation de sa souveraineté. Il vaut mieux compter sur les troupes du gouvernement (soudanais). » En réponse à une question sur la politique de lutte contre le sida mise en œuvre par le gouvernement des États-Unis, M. Powell a déclaré que s'il y avait encore beaucoup à faire, « les Américains peuvent être fiers de ce que nous faisons ». Et d'expliquer : « Dès la fin de sa première année à la Maison-Blanche, le président a voulu entreprendre un effort d'urgence en plus du Fonds mondial (de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme) et de ce que nous faisons déjà pour la lutte contre le sida dans de nombreux pays (...) Il a en effet rassemblé jusqu'à 15 milliards de dollars qui serviront à apprendre aux gens à se protéger eux-mêmes, à fournir des médicaments antirétroviraux et autres qui prolongent et sauvent des vies, et à financer des programmes de lutte contre la stigmatisation des victimes du sida, de façon qu'elles puissent continuer d'être des citoyens actifs au sein de leurs sociétés. Il m'a demandé de créer un bureau spécial au sein du département d'État. Ce service est dirigé par un homme remarquable, M. Randy Tobias, et nous avons récemment annoncé les 15 premiers bénéficiaires de ce Fonds d'aide d'urgence. »
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