| Page principale | Dossiers Afrique | Relations É.-U.-Afrique | mardi 5 mars 2002 |
Walter Kansteiner : semaine cruciale pour le ZimbabweSes propos au Centre de la presse étrangère sur l'élection des 9 et 10 mars Charles CoreyRédacteur du « Washington File » Washington - Le Zimbabwe vit des jours « cruciaux » alors qu'approche l'élection présidentielle des 9 et 10 mars, et les États-Unis jouent le rôle d'observateur attentif « en espérant que cette consultation sera aussi libre, honnête et respectueuse des règles que possible », a affirmé le secrétaire d'État adjoint aux affaires africaines, M. Walter Kansteiner, lors de la conférence de presse qu'il a donnée le 4 mars au Centre de la presse étrangère de Washington. L'élection zimbabwéenne n'a pas manqué de venir sur le tapis lors du « mini-sommet » auquel le président Bush a convié, à la Maison-Blanche, la semaine dernière, les présidents de l'Angola, du Botswana et du Mozambique, a indiqué M. Kansteiner : « Nous avons reçu trois chefs d'État d'Afrique australe (...) Le président Bush et le secrétaire d'État les ont encouragés à suivre la situation au Zimbabwe de près et à inciter le gouvernement zimbabwéen à respecter les procédures régulières. » M. Kansteiner a fait observer que, durant ce mini-sommet, les chefs d'État avaient soulevé la question des crédits de l'Association internationale de développement (IDA). Filiale de la Banque mondiale créée en 1959, l'IDA octroie aux pays en développement les plus pauvres des crédits remboursables à taux d'intérêt nul et assortis de longs différés d'amortissement. Les fonds de l'IDA sont renouvelés par les pays membres de la Banque dans le cadre de « reconstitutions ». « La proposition du président Bush de privilégier les dons par rapport aux prêts reste une priorité pour son gouvernement, et nous avons été heureux de constater que cette idée faisait son chemin chez nos homologues tant européens qu'africains quant à la manière dont ce changement allait s'opérer », a déclaré le secrétaire d'État adjoint. Après sa déclaration liminaire, M. Kansteiner a répondu aux questions de la presse. Pour ce qui est de savoir si les problèmes du Zimbabwe tiennent à la question de la redistribution des terres, il a déclaré : « Cela ne me paraît pas être l'essentiel à l'heure présente. L'essentiel, en ce moment, a trait à la tenue d'une élection libre et honnête où la voix du peuple se fera entendre. Voilà la question clé. » Comme on lui demandait quel effet, selon lui, l'élection zimbabwéenne aurait sur les États-Unis et le G8, notamment par rapport au Nouveau Partenariat pour le développement de l'Afrique (NPDA), M. Kansteiner a déclaré qu'elle aurait sans doute un effet, ne serait-ce que parce que le NPDA était « un processus à long terme, de plusieurs années. Ce fait, nous devons le reconnaître. » En ce qui concerne la mise en œuvre du NPDA, qui a été présenté par plusieurs dirigeants africains l'an dernier, lors du sommet du G8 à Gênes, il a comparé ce plan d'action à un cheval de course qui se dirigeait vers la porte de départ. Le NPDA, a-t-il dit, n'est pas encore arrivé à la porte de départ qui sera la réunion au sommet du G8 cet été au Canada. « Toutefois, a-t-il fait remarquer, alors que le cheval se dirige vers la porte de départ, un énorme trou apparaît au milieu du paddock, et ce trou, c'est le Zimbabwe. Il va falloir manœuvrer autour de cet obstacle avant de parvenir à la porte de départ. Je pense que cela aura une influence sur la façon dont le G8 considérera le NPDA. » En réponse à une question sur la possibilité de la conclusion d'un accord de paix entre le gouvernement angolais et l'UNITA (Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola) à la suite de la mort du chef de ce mouvement de rébellion, Jonas Savimbi, M. Kansteiner a dit : « Je ne sais pas si l'UNITA va s'orienter vers une solution politique. Je l'espère beaucoup. Nous encouragerons l'UNITA à le faire, en ayant recours aux moyens indirects dont nous disposons pour entrer en contact avec elle. « Il s'agit aussi de savoir, a-t-il ajouté, si le gouvernement de Luanda permettra à l'UNITA de suivre la voie politique. Je pense que c'est là une question plus pressante. La situation sur le champ de bataille permettra-t-elle à ceux qui souhaitent au sein de l'UNITA de choisir une solution politique de le faire ? Nous avons indiqué clairement au président dos Santos et à d'autres qu'il était temps d'ouvrir cette porte et de laisser entrer l'UNITA pour qu'elle puisse participer à un dialogue politique. » Les accords de Lusaka, a-t-il précisé, doivent servir de base à tout accord de paix. « Nous ferons tout ce que nous pouvons pour encourager leur application (...) Je pense que tout le monde devra faire preuve de souplesse et prendre conscience du fait qu'il s'agit là d'une occasion exceptionnelle de ramener la paix en Angola. » À propos des prochaines élections au Congo-Brazzaville, le secrétaire d'État adjoint a déclaré : « Nous sommes désireux de voir l'application de bonnes méthodes démocratiques dans tout le continent africain, qu'il s'agisse du Zimbabwe, du Congo-Brazzaville ou d'autres pays. Nous suivons donc la situation de près et nous attendons avec grand intérêt le déroulement de ces élections. Nous l'observerons sur place. »
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