| Page principale | Dossiers Afrique | Sida | mardi 16 juillet 2002 |
La conférence de Barcelone se termine par un appel à l'actionMM. Mandela et Clinton s'engagent à promouvoir la lutte contre le sida. Charlene PorterRédactrice du « Washington File » Barcelone - Deux anciens chefs d'État, connus pour leur action militante en vue de sensibiliser l'opinion mondiale à la gravité de l'épidémie de sida, ont clôturé, le 12 juillet, la XIVe Conférence internationale sur le sida par des messages d'espoir et des appels à l'action : MM. Nelson Mandela et Bill Clinton, anciens présidents respectivement de l'Afrique du Sud et des États-Unis, se sont engagés à user de leur position unique et de leur influence pour mobiliser la lutte contre le sida et notamment collecter des fonds en faveur de campagnes de traitement, de prévention et d'éducation. « Le sida est une guerre contre l'humanité », a déclaré M. Mandela dans un discours prononcé à la cérémonie de clôture. Son intervention a rappelé celle qu'il avait faite à la XIIIe Conférence internationale, à Durban en Afrique du Sud, lorsqu'il avait déclaré qu'il emploierait toute son influence et son statut de quasi-vedette à lutter contre ce fléau. Au cours des deux années qui ont suivi cette conférence, a déclaré M. Mandela, « on nous dit que 6 millions de personnes ont péri du sida ». L'épidémie, a-t-il dit, est une guerre qui exige une mobilisation totale. C'est ainsi qu'il a invité les institutions tant publiques que privées à faire davantage pour réunir des contributions financières contre le sida et pour fournir à tous les gens, où qu'ils habitent et quel que soit leur niveau de revenu, un accès plus facile et plus large aux services de traitement et de dépistage. M. Clinton, qui copréside avec M. Mandela le Fonds fiduciaire international sur le sida (IAT), a été plus précis dans son appel au monde industriel à accroître ses contributions destinées à assurer des soins aux malades. « Chaque pays doit décider de sa part des 10 milliards de dollars et la payer, a déclaré M. Clinton qui partageait le podium avec M. Mandela lors de la cérémonie de clôture. Les 10 milliards de dollars en question correspondent au montant annuel que l'ONU estime nécessaire de consacrer à la lutte mondiale contre l'épidémie. M. Clinton a également proposé que tous les gouvernements de pays en développement qui avaient besoin d'aide pour obtenir les médicaments et les traitements nécessaires suivent l'exemple de quelques pays qui avaient négocié avec des entreprises pharmaceutiques des accords pour la distribution de médicaments à des prix réduits. M. Clinton a fait une promesse aux milliers de participants à la conférence de Barcelone : « Je ferai tout mon possible pour obtenir plus d'argent, plus d'action et plus de compréhension » en ce qui concerne cette maladie, a-t-il dit. La réunion de Barcelone est la première des conférences parrainées par la Société internationale sur le sida (IAS) à attirer plusieurs chefs d'État ou de gouvernement. Quatre chefs d'État y ont fait leur apparition, ainsi que trois anciens chefs d'État, en sus de MM. Clinton et Mandela. Réunis le 11 juillet à l'occasion d'une table ronde intitulée « Dialogue stratégique entre dirigeants mondiaux », ces chefs d'État, actuels et anciens, ont pris la parole tour à tour. Le premier orateur, M. Jorge Sampaio, président du Portugal, a fait une évaluation franche de la réaction des dirigeants du monde à l'épidémie, déclarant : « Nous avons perdu beaucoup de temps ; il faut agir immédiatement. » Reflétant le sentiment d'urgence qui paraissait animer toute la conférence, le président du Rwanda, M. Paul Kagamé, a lui aussi déclaré qu'il n'y avait plus de temps à perdre, et demandé aux pays donateurs de produire l'aide qu'ils avaient promise en faveur du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. « Le temps n'est plus aux discours », a-t-il souligné. Les milliers de spécialistes du sida qui ont participé à la conférence ont demandé aux dirigeants nationaux d'user de leur influence pour parler ouvertement de la maladie, pour promouvoir la prévention et pour mettre fin à la discrimination et à la honte qui accablent encore les séropositifs et les sidéens. M. Ali Hassan Mwinyi, ancien président de la Tanzanie, a invité les chefs d'État et de gouvernement à relever ce défi. « En tant que dirigeants, nous avons le devoir de lutter contre le déni, la stigmatisation et la discrmination. » L'ancienne première ministre canadienne, Mme Kim Campbell, a repris le même thème, exhortant les dirigeants mondiaux à centrer leur effort sur les questions de droits de l'homme que soulevait l'épidémie, et surtout à examiner des problèmes de discrimination et d'exclusion des groupes souvent relégués au second plan, tels que les femmes et les homosexuels. Les autres participants à la table ronde était le premier ministre de Saint-Christophe Denzil Douglas, le premier ministre du Mozambique Pascoal Mocumbi, et l'ancien premier ministre indien I.K. Gujral. Beaucoup des quelque 15.000 délégués ont quitté la conférence de Barcelone emportant des sentiments d'espoir et de solidarité après avoir partagé entre eux pendant une semaine des préoccupations semblables. Mais d'autres participants, quoique réconfortés par ces manifestations d'unité, rentraient chez eux où les attendaient les tristes réalités de l'épidémie. À la conférence de clôture, Shaun Mellors, membre du comité d'organisation de la conférence, a rappelé que depuis le début de la réunion, le 7 juillet, 48.000 personnes étaient mortes du sida. Militant sud-africain contre le sida, M. Mellors est séropositif.
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