| Accueil | Sida et santé | mardi 9 décembre 2003 |
Sida : les partenariats des secteurs public et privé sont essentiels en AfriqueLa fin du voyage en Afrique du ministre américain de la santé et des services sociaux Par Jim Fisher-ThompsonRédacteur du « Washington File » Kampala (Ouganda) - Le 7 décembre, le ministre américain de la santé et des services sociaux, M. Tommy Thompson, paraissait presque hésitant à quitter l'Ouganda qui est devenu un pays modèle en matière de prévention et de traitement du sida. Il a pu constater au cours de son séjour dans ce pays que les partenariats entre le secteur public et le secteur privé permettaient bien de lutter contre le sida, maladie qui, a-t-il dit à de multiples reprises, risque de priver les Africains de leur avenir. M. Thompson a terminé son voyage d'étude en Afrique, le troisième depuis qu'il est entré en fonctions en 2001, par l'inauguration du centre de formation pédiatrie et sida de l'hôpital Mulago à Kampala. Ce centre, qui compte 1.500 lits, vient d'être rénové grâce à l'aide financière (250.000 dollars) du Centre d'épidémiologie des États-Unis (CDC), qui relève du ministère américain de la santé et des services sociaux. Il constitue un exemple des partenariats entre le secteur public et le secteur privé que M. Thompson a préconisés au cours de sa visite dans 4 pays africains, qui a eu lieu du 30 novembre au 7 décembre. Les laboratoires pharmaceutiques ont fait don de la plupart du matériel de laboratoire, et l'université du Wisconsin a pris à sa charge l'achat des meubles de bureau et des meubles des salles d'attente et d'examen. Les universités Johns Hopkins et Baylor ont également contribué à ce projet. Lors de l'inauguration, la fanfare de la Croix-Rouge ougandaise a interprété des chants de Noël alors que M. Thompson, le ministre ougandais de la santé, M. James Muhwezi, la directrice du CDC, Mme Julie Gerberding, et le président-directeur général des laboratoires pharmaceutiques Pfizer entraient dans le centre de formation. Le directeur de l'hôpital Mulago, le docteur Lawrence Kaggwa, a accueilli ses invités en déclarant que la rénovation de ce centre cimentait les liens de l'Ouganda avec le CDC. Après avoir indiqué que l'hôpital Mulago était le centre hospitalier universitaire le plus ancien d'Afrique orientale, le ministre ougandais de la santé a souligné que son pays était reconnaissant aux États-Unis pour l'aide qu'ils lui apportaient dans le cadre de la lutte contre le sida. La délégation des États-Unis s'est ensuite rendue dans un bâtiment proche de l'hôpital pour inaugurer les nouveaux locaux de l'association TASO (« The AIDS Support Organization). Créée par des bénévoles en 1987, cette association ougandaise a pour vocation de soulager les souffrances des victimes du sida. Ces nouveaux locaux portent le nom de la Fondation Pfizer en l'honneur des laboratoires pharmaceutiques américains qui ont contribué au financement de ce bâtiment à concurrence de 315.000 dollars. La contribution du gouvernement ougandais s'est élevée à 57.000 dollars, tandis que celles du CDC et de l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) ont atteint 185.000 dollars. Le président du conseil d'administration de la TASO, M. David Matovu, a déclaré lors de l'inauguration : « Dans les murs de ce complexe, l'espoir et la dignité vont renaître chez des milliers de personnes. » Pour sa part, le directeur général de la TASO, le docteur Alex Coutinho, a dit que ce complexe symbolisait le partenariat mondial nécessaire à la lutte contre le sida. Le président-directeur général des laboratoires Pfizer a alors inauguré officiellement le nouveau bâtiment en soulignant que sa société et lui étaient résolus à faire quelque chose d'important pour les générations futures. Avant même la fin des travaux de construction, a-t-il indiqué, les laboratoires Pfizer et leurs partenaires ougandais ont formé 150 spécialistes des maladies infectieuses originaires de 17 pays, mais surtout de l'Ouganda. Les laboratoires Pfizer ont détaché à Kampala quatre spécialistes chargés notamment d'évaluer les plantes médicinales et d'autres remèdes traditionnels, d'apprendre à des infirmiers et infirmières à administrer les médicaments antirétroviraux et à élaborer un programme de cours pour l'obtention d'une maîtrise de pharmacie. Pour l'avenir, les laboratoires Pfizer envisagent de collaborer avec des institutions médicales ougandaises et autres de manière à former chaque année une centaine de spécialistes des maladies infectieuses qui retourneront dans leur région en Ouganda ou dans d'autres pays d'Afrique subsaharienne de manière à former à leur tour des milliers de personnes pour prodiguer des soins à des millions d'autres. Quant à la nouvelle tendance qui consiste à lancer une campagne de lutte contre le sida en faisant appel aux pouvoirs publics, aux entreprises, aux organisations non gouvernementales et aux associations confessionnelles, M. Randall Tobias, que le président Bush a nommé récemment pour coordonner l'aide des États-Unis à la lutte contre le sida à l'étranger et qui accompagnait M. Thompson, en a donné un aperçu à l'occasion de la célébration en Zambie de la Journée mondiale de lutte contre cette maladie. L'un des objectifs du plan quinquennal d'aide d'urgence (15 milliards de dollars) du président Bush, a-t-il dit, est d'établir un nombre croissant de partenariats avec tous les secteur de la société. En sa qualité d'ancien président-directeur général des laboratoires pharmaceutiques Eli Lilly, M. Tobias a déclaré qu'il était très conscient de ce que le secteur privé avait à offrir : « Les nouveaux partenariats entre le secteur public et le secteur public, a-t-il dit, allient les moyens financiers, les connaissances techniques, le prestige, l'influence politique et la possibilité de transmettre un savoir-faire à des organismes tant publics que privés. Ces partenariats, a-t-il ajouté, « fourniront une base pour s'attaquer à la prochaine génération de problèmes, aux problèmes fondamentaux et durables relatifs à la manière d'accroître considérablement le nombre des membres compétents du personnel soignant, d'offrir de façon efficace des prestations aux collectivités locales, de renforcer le secteur non gouvernemental et de donner des moyens d'action aux femmes et aux séropositifs. »
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