| Accueil | Sida et santé | mercredi 16 février 2005 |
L'armée américaine aide les armées africaines à lutter contre le sidaLa pandémie risque de nuire aux efforts de mobilisation en vue du maintien de la paix. Par Jim Fisher-ThompsonRédacteur du Washington File Washington - Les forces armées des États-Unis ont déclaré la guerre au sida et collaborent avec plus de 40 armées dans le monde pour stopper la propagation de la maladie au sein des troupes et de leurs familles. Le 10 février, dans le cadre d'un groupe de travail créé par le Centre d'études stratégiques et internationales (CSIS) et l'International Crisis Group (ICG) sis à Bruxelles, des experts et des spécialistes médicaux de l'armée des États-Unis se sont réunis pour discuter de la question du sida dans les armées. Les participants ont commencé par souligner les progrès réalisés dans plusieurs pays d'Afrique subsaharienne. Depuis 2001, le Programme de prévention du VIH/sida du ministère de la défense (DHAPP) a consacré plus de 75 millions de dollars à la recherche sur le sida et à des programmes de prévention et de traitement dans plus de 40 pays, dont le Nigeria, le Cameroun, le Kenya, l'Ouganda et la Tanzanie. Le lendemain de la réunion, le principal vice-président de l'ICG, M. Mark Schneider, a déclaré au Congrès fédéral des États-Unis que le ministère de la défense avait réussi à ralentir la progression du sida en renforçant la prise de conscience du danger que représente la maladie et en partageant des connaissances et des ressources. Selon Kathy Ward, de l'ICG, de tels partenariats sont essentiels parce que « les officiers supérieurs de plusieurs pays africains ont admis que la maladie empêchait des unités bien entraînées de se mobiliser rapidement » pour des opérations de maintien de la paix pourtant indispensables sur le continent. Elle a ajouté que le taux d'infection au sein de certaines armées étrangères était jusqu'à cinq fois plus élevé que celui qui prévalait au sein de la population civile. L'ancien capitaine de corvette Karl Fulford, qui dirige le Centre africain d'études stratégiques à la National Defense University, a admis la complexité du problème, mais ajouté que le sida était « une question qui peut être attaquée sur plusieurs fronts ». Sur le plan positif, a-t-il déclaré au Congrès, « les armées de l'ensemble de l'Afrique ont des choses en commun » qui facilitent la coopération au niveau des programmes sanitaires. « Premièrement, les soldats font ce qu'on leur dit de faire. Donc, si les dirigeants africains - présidents, ministres de la défense et officiers généraux - disent à leur soldats que les programmes de dépistage sont importants, ils s'y soumettront et cela fera une différence. C'est précisément ce que certains pays sont en train de faire, et nous constatons déjà une différence. » La colonelle Deborah Birx, médecin et directrice du Programme de recherche sur le sida de l'armée des États-Unis, a offert un survol des efforts du programme en Afrique, soulignant sa propre expérience de lutte contre la propagation de la maladie au sein de l'armée des États-Unis. « La raison pour laquelle nous sommes un atout précieux de coopération avec d'autres armées est que, pendant 18 ans, nous avons été aux prises avec les mêmes problèmes au sein de notre propre armée. » Imaginez, a-t-elle dit, l'armée américaine, dans le milieu des années 80, confrontée à un taux croissant d'infection au sein des troupes mais ne disposant d'aucun médicament ni d'aucune réglementation. « Maintenant, nous pouvons utiliser les enseignements tirés de cette lutte et les informations que nous avons acquises sur la mise en œuvre des traitements antirétroviraux - comment les démarrer, comment les maintenir, et comment éviter la résistance aux médicaments. Et ce sont ces capacités essentielles que nous avons maintenant le privilège de transmettre à de nombreux pays africains. » Mme Birx a notamment évoqué les résultats obtenus au Kenya, où des programmes de soins et de traitements financés par le ministère américain de la défense et mis en œuvre en avril 2004 ont permis de commencer à fournir un traitement antirétroviral à 600 patients dans quatre des hôpitaux du pays. En Tanzanie, 400 séropositifs reçoivent actuellement un traitement antirétroviral, et 1.200 autres malades reçoivent des soins essentiels. À long terme, a-t-elle ajouté, le programme de recherche de l'armée porte également sur la mise au point d'un vaccin contre le sida. « Les capacités d'essai d'un vaccin contre le sida sont en train de s'étendre au Nigeria, pays où le ministère de la défense des États-Unis entretient des relations étroites avec l'armée. »
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